Chaque été, depuis plus de 30 ans, le Collège Saint-Charles-Garnier (CSCG), institution privée réputée dans la cité de Champlain, accueille plusieurs centaines de jeunes adolescents anglophones, mais également hispanophones, venus principalement du Canada, du Mexique, mais également notamment de la Colombie ou des États-Unis.
Ces jeunes prennent la route ou l’avion pour vivre une immersion en français au Québec grâce notamment au programme Explore, financé par Patrimoine canadien et administré par le Conseil des ministres canadiens de l’Éducation. Pour plusieurs d’entre eux, c’est la première occasion de pratiquer le français dans un milieu majoritairement francophone, loin des réalités linguistiques de leur province ou pays d’origine.
Que ce soit à Ste-Anne-de-la-Pocatière, à Trois-Rivières ou à Chicoutimi, pendant 5 semaines, grâce au programme Explore, des ados, âgés majoritairement entre 16 et 18 ans, suivent des cours de langue, des ateliers pratiques et des activités socioculturelles, comme le Festival d’été de Québec. En ce qui concerne le programme offert par le CSCG, celui-ci a lieu dans divers pavillons du campus de l’Université Laval pendant tout le mois de juillet.
Les bourses provenant du programme Explore permettent de couvrir les frais liés notamment à l’hébergement et à la nourriture. Le transport est à la charge des participants.
Selon des chiffres obtenus auprès de Maude-Émilie Têtu, conseillère aux cours privés et en entreprise, au sein du collège québécois, 15 ados de l’Alberta sont venus cet été parfaire leur français. « Le nombre d’élèves albertains est semblable aux autres étés », constate Mme Têtu, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour d’autres provinces, comme Terre-Neuve-et-Labrador. Au total, 360 élèves ont été accueillis par le Collège Saint-Charles-Garnier.
Apprendre à son rythme
Le journaliste du Franco, qui a eu la chance de côtoyer bon nombre d’élèves au cours de leur séjour en terrain universitaire québécois, a pu rencontrer deux élèves de la cohorte 2026 du CSCG : Agnes Magona et Irene Ji. Toutes deux sont d’Edmonton. Si la première est au niveau débutant en français, la seconde est considérée comme avancée. Toutes les deux ont été ravies de leur séjour à Québec. Et à l’image de leurs collègues imprégnés de curiosité et de créativité quand il s’agit de démontrer leur savoir-faire francophile, leur discours est éloquent.
Agnes Magona, photographiée lors du gala marquant la fin du séjour des élèves accueillis par le Collège Saint-Charles-Garnier, en était à cette première expérience immersive en sol québécois.
Agnes Magona, qui commencera sa 12e année à l’école Austin O’Brien, qui n’est pas une école d’immersion, tenait à répondre en français aux questions du Franco. Pour elle, il est important d’apprendre le français « particulièrement au Canada et pas juste pour parler en français avec mes amis et ma famille, mais aussi avec d’autres personnes. Le français est une belle langue ! C’est un peu difficile à apprendre, mais je suis contente d’avoir parlé ici avec tout le monde. » Elle pense aussi à l’avenir. Comme elle souhaite devenir chirurgienne cardiologue, Agnes considère que c’est primordial de pouvoir s’adresser en français à ses patients. Une future candidate que le Réseau Santé Alberta devrait avoir à l’œil !
Certes, il y a des efforts à faire dans ce type de camp linguistique. Agnes Magona est la première à reconnaître que, parfois, à la cafétéria de l’université, elle manquait de mots pour commander une collation. Et si elle a aussi trouvé que les Québécois parlent vite, elle n’en reste pas moins fière de sa persévérance dans la langue de Molière.
À la rencontre de l’autre
En septembre prochain, Irene Ji commencera son baccalauréat en physiologie à l’Université de l’Alberta. Elle a terminé en juin dernier son cours secondaire à Old Scona Academic. Elle est convaincue que son passage à Québec lui a permis d’améliorer son français, « et je compte continuer à utiliser cette langue dans ma vie. » Irene prend conscience que sa connaissance du français l’éveille « à de nouveaux livres, de la musique et d’autres aspects de la culture francophone. »
Elle qui souhaite poursuivre également des études en français à l’université, elle est d’avis que le français lui permettra de voyager vers de nouvelles régions francophones.
Quelque peu craintive au départ de se retrouver dans une ville où elle ne connaissait personne, Irene reconnaît que tout le monde a été accueillant à son égard. « J’ai rapidement rencontré des gens avec qui je suis devenue amie. Grâce à eux, je me suis sentie chez moi très vite », avoue-t-elle.
Elle a également bien l’intention de se mettre à la lecture du Franco (!), histoire de « continuer à améliorer mon français tout en restant informée de l’actualité et de la culture francophones. »
Un dernier conseil aux plus jeunes de la part de celle qui a fêté ses 18 ans à Québec ?
Je leur dirais que c’est tout à fait normal d’avoir un peu peur de partir pendant un mois dans une ville où l’on ne connaît personne. J’avais les mêmes inquiétudes avant de partir. Mais, honnêtement, ce programme a été l’un des plus beaux mois de ma vie. J’y ai rencontré des personnes extraordinaires, j’ai vécu des expériences inoubliables et j’ai énormément progressé en français. Si vous êtes prêts à sortir de votre zone de confort, à rencontrer de nouvelles personnes et à profiter pleinement de l’expérience, vous allez en retirer énormément. Apprendre le français dans un contexte d’immersion est beaucoup plus vivant et motivant qu’en salle de classe.
En fait, Irene semble n’avoir qu’un seul regret : « C’est que le programme s’est terminé beaucoup trop vite. Un mois semble long avant d’arriver, mais une fois sur place, le temps passe incroyablement vite. »
Lexique
La cité de Champlain : métonymie signifiant la ville de Québec, fondée en 1608 par Samuel de Champlain.
Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour appuyer la transcription des entrevues. Le journaliste a vérifié l’exactitude des propos.