le Samedi 22 juin 2024
le Samedi 8 juin 2024 12:44 Rivière-la-Paix, Saint-Isidore, Fahler / Girouxville

L’horticulture dans la région de Rivière-la-Paix

Les supertunias, une variété de fleurs tombantes qui prospèrent en Alberta. Photo : Justine Dubrûle
Les supertunias, une variété de fleurs tombantes qui prospèrent en Alberta. Photo : Justine Dubrûle
Avec l’arrivée imminente de la saison estivale, c’est avec impatience que les amateurs d’horticulture se déplacent aux quatre coins de la région à la recherche des meilleurs arrangements floraux pour décorer leurs cours.
L’horticulture dans la région de Rivière-la-Paix
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Cette chronique est une synthèse du troisième épisode de Jasettes de Jardinage, émission diffusée le deuxième jeudi de chaque mois sur les ondes de Nord-Ouest FM et en balado sur nordouestfm.ca.

Mai annonce toujours deux weekends importants pour les jardiniers et les serres : celui de la fête des Mères et celui de la fête de la Reine. C’est justement à ce moment de l’année que les serres vendent la plus importante partie de leur inventaire. 

Étant désormais du passé, je vous propose de tourner le regard vers deux serres locales situées dans la grande région de Rivière-la-Paix et de découvrir un volet important du paysage floral albertain. 

Être mordus de pétunias, ça s’explique 

Tous les étés, je vois les rues de nos petits villages, les cours et les fermes des alentours décorées de gros paniers de fleurs. Mais, par-dessus tout, je vois des pétunias. Naturellement, cela me fait penser à l’amour qu’avait ma grand-mère pour son jardin et la confiance qu’elle avait en ces fleurs à la corolle de couleur vive. 

Allison Gardner, propriétaire de la serre Fern’s Greenhouse au sud-ouest de Jean-Côté, et Christie Pollack, propriétaire de Christie’s Gardens and Greenhouses au sud-est de High Prairie, témoignent toutes les deux de la popularité de ces fleurs et, notamment, des supertunias, une variété caractérisée par sa résilience. 

Selon Pollack, qui a étudié l’horticulture en Allemagne, en Hollande, aux États-Unis et au Canada, nous habitons le climat idéal pour assurer l’épanouissement des pétunias. Il n’existe aucun autre endroit au monde où les pétunias prospèrent si bien. Nous savons que nos longues journées ensoleillées et nos nuits fraîches rallongent le temps de floraison des champs de colza dans notre coin du pays, mais ces longues heures de soleil et ces nuits fraîches rallongent aussi le temps de floraison des pétunias. 

Nous avons beau trouver nos hivers long et sombre, mais réjouissez-vous du fait que le climat du Nord-Ouest albertain est l’un des meilleurs pour assurer une longue période de floraison estivale, surtout pour les pétunias

Nord-Ouest FM est la radio communautaire de la grande région de Rivière-la-Paix. Sa mission est d’être la voie et le reflet des gens de ce vaste coin du pays. Cherchant à faire parler sa communauté, Nord-Ouest FM célèbre toutes les formes de la langue française et ouvre ses portes à tous les accents. La collaboration lui tient à cœur, non seulement avec les gens de sa région, mais aussi avec les entreprises locales et, bien sûr, les organismes francophones de partout en Alberta.

Des fleurs pour notre climat

Les supertunias, qui se vendent maintenant dans nos serres locales, peuvent atteindre jusqu’à trois pieds de longueur tombante. Cette variété est devenue de plus en plus forte à travers les années et peut désormais survivre une journée sans pluie ni arrosage. Elle n’a également plus besoin d’autant d’entretien, c’est-à-dire que vous pouvez laisser les fleurs fanées sur la plante, sans réduire son niveau de production de nouveaux bourgeons. Les supertunias produisent des fleurs jusqu’à la fin de la saison donc, jusqu’à la première gelée.  

Si vous avez de la difficulté à maintenir les plus petites fleurs qui accompagnent les plus grosses dans vos arrangements floraux, comme l’alysson maritime, Pollack vous propose de vous fier plutôt à la famille des pétunias, encore cette fois. Les pétunias hybride itsy sont presque identiques aux pétunias que l’on connait sauf qu’elles sont beaucoup plus petites. 

Ainsi, vous pouvez réaliser l’effet «tapis de fleurs» dans vos paniers suspendus ou posés sur le sol avec une variété plus forte de petites fleurs qui fleurissent toute la saison. Toutefois, elles ont besoin d’un peu plus d’attention que les supertunias, comme un arrosage régulier et la disposition des pétales fanés. 

En principe, Gardner et Pollack vous conseillent de choisir des fleurs qui prospèrent dans notre climat. Ce principe leur sert de guide lorsqu’elles sélectionnent les fleurs qu’elles vendent dans leurs serres. De plus, elles imposent un certain niveau de stress à leurs plantes afin que ces dernières atteignent un meilleur taux de résistance à des conditions environnementales moins idéales. 

Ainsi, les fleurs que vous trouverez à la serre seront fortes et prêtes à affronter toutes sortes de circonstances imprévisibles, que ce soit une saison plus fraîche, une journée sans arrosage ni pluie ou une journée venteuse. 

Même si les pétunias sont à l’apogée du paysage floral albertain, vous n’êtes aucunement obligé de vous limiter à cette variété de fleurs. Il est possible et préférable de complexifier nos paniers et nos jardins de fleurs, surtout pour les pollinisateurs qui, eux, préfèrent différentes sources de nectar tout au long de la saison. 

Ce ne sont pas que les fleurs qui attirent les abeilles et les papillons, mais aussi les plantes de vos jardins comme les courgettes, les pommes de terre, les haricots, les buissons de Saskatoon, les pommiers et bien d’autres. 

Dans la prochaine chronique de Jasettes de Jardinage, nous explorerons justement l’importance de bien choisir les plantes de son jardin afin de promouvoir la santé et l’avenir de nos insectes pollinisateurs. 

Justine Dubrûle est chroniqueuse à Nord-Ouest FM. Elle détient un baccalauréat en anglais de l’Université de Lethbridge et une maîtrise en études françaises de l’Université de Waterloo. Après plusieurs emplois d’été à la radio communautaire, elle s’est décidée à y revenir afin d’explorer plus en profondeur ses capacités rédactionnelles dans le but, un jour, d’aborder les thèmes du retour, du paysage, de la néo-régionalité et de l’identité francophone en tant qu’auteure.