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le Vendredi 26 janvier 2024 16:13 Environnement

À Edmonton, un tramway dessert désormais le quartier francophone

La station Bonnie Doon sous un blanc manteau. Photo : Aidan Macpherson
La station Bonnie Doon sous un blanc manteau. Photo : Aidan Macpherson
(IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO) - Après plusieurs années de retard, le train léger rejoint enfin le quartier francophone d’Edmonton. Depuis le 4 novembre 2023, fini les trois autobus pour quitter ou se rendre à Bonnie Doon. Le quartier se trouve au milieu des onze arrêts de la nouvelle et attendue Valley Line qui relie le centre-ville au quartier Mill Woods, dans le sud-est de la ville.
À Edmonton, un tramway dessert désormais le quartier francophone
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À la station Bonnie Doon, devant le centre commercial du même nom, un tramway passe toutes les dix minutes. Les wagons sont loin d’être remplis, mais à chaque passage, il y a toujours quelques voyageurs qui montent ou descendent. 

«Il est hyper pratique ce nouveau tramway!», s’exclame Rafik, 38 ans, accompagné de sa fille Sarah. Il est environ 15 h 45, l’heure de la sortie de l’école, quand il sort à l’arrêt de la nouvelle ligne de transport en commun. «Avant, on se déplaçait en bus et on prenait systématiquement du retard, alors pour nous, c’est une aubaine», explique ce nouvel arrivant. 

Désormais, le père de famille qui vit dans le quartier Bonnie Doon n’a plus que deux arrêts de tramway à prendre matin et soir pour déposer et récupérer sa fille à l’école située à côté de l’arrêt Strathearn. Un vrai gain de temps dans sa vie quotidienne, même si Rafik aurait «aussi aimé qu’il y ait une ligne qui aille d’est en ouest».

Sur le quai de la 84e Avenue vers Bonnie Doon. Photo : Aidan Macpherson

Lui qui se déplace uniquement en transport en commun espère voir le réseau continuer à se développer dans les prochaines années. Côté tarif, les prix sont les mêmes que pour le réseau d’autobus : gratuit pour les moins de 12 ans, 73 dollars par mois pour les étudiants, 100 dollars mensuels pour les autres passagers et 3,50 dollars pour un billet valide pendant une heure et demie. 

Mais à l’arrêt Bonnie Doon, Rafik est l’un des rares usagers francophones que l’on croise cet après-midi-là, avec Xanah, une étudiante qui se rend à l’une des associations de La Cité francophone. «J’ai pris le tramway pour essayer, par curiosité», sourit la jeune femme de 22 ans, qui est montée à bord à l’arrêt Churchill, dans le centre-ville. 

«Je suis partie du Campus Nord de l’Université, j’ai fait un transfert à Churchill et je dois dire que c’était assez efficace. Je ne sais pas si ça l’est plus qu’en autobus, mais c’est quand même moins compliqué et plus direct!» 

Xanah n’habite pas près d’un arrêt de tramway, alors elle ne se voit pas l’utiliser dans ses déplacements quotidiens sauf quand elle va à La Cité francophone ou au Campus Saint-Jean pour sa pause déjeuner. «Je l’ai pris pour aller au Spaghetti Factory du downtown, c’est assez simple depuis l’Université.» 

Vincent Tatto Mfassu est coordonnateur des services d’établissement de Francophonie Albertaine Plurielle. Photo : Justine Leblond

Une nouvelle option pour les arrivants

La nouvelle ligne de tramway Valley est aussi une nouvelle option pour celles et ceux qui fréquentent les organismes de La Cité francophone, notamment Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP). Vincent Tatto Mfassu, un des coordonnateurs des services d’établissement de l’organisme, assure que «des clients ont commencé à nous dire qu’ils ont pris ce nouveau mode de déplacement». 

Et d’après les premiers retours, le plus rapide pour ces usagers n’est pas de s’arrêter à la station Bonnie Doon, mais plutôt à celle de Strathearn, explique Vincent Tatto Mfass. «En descendant à Strathearn et en prenant le bus 501 jusqu’à La Cité francophone, ils peuvent se faire déposer à une minute à pied de la FRAP», de l’arrêt 7 Street & 95 Avenue à l’arrêt 91 Street & 86 Avenue.

Un transport plus efficace que l’autobus pour les clients de la FRAP qui sont d’une part dispersés dans la ville et de l’autre des nouveaux arrivants qui, bien souvent, n’ont pas de véhicule. «Nous sommes un organisme d’accueil, donc un bon échantillon de notre clientèle vient d’arriver, alors ça prend du temps pour qu’ils aient leur propre voiture et une majorité d’entre eux utilisent les transports publics», détaille le coordonnateur des services.

L’espoir d’une croissance économique à long terme

Il n’y a pas qu’à La Cité francophone que l’on se réjouit de cette nouvelle ligne de tramway. À quelques centaines de mètres de là, la nouvelle directrice générale de Quartier Francophone d’Edmonton, Alanna Morton, est, elle aussi, ravie. «Cela représente de nouvelles opportunités qui relient nos entreprises locales et organisations culturelles à une clientèle plus vaste, depuis ceux qui se déplacent du centre-ville jusqu’aux résidents du sud-est de la ville.» 

Celle qui attend «avec impatience les impacts positifs durables» y voit une aubaine pour les résidents du quartier, les organismes communautaires, mais aussi pour les étudiants du Campus Saint-Jean. «Le développement de notre réseau de transport nous permet de mettre en avant les offres uniques du Quartier Francophone auprès d’un public plus large, améliorant ainsi la croissance des entreprises et la vitalité de la communauté.»

Le potentiel de la ligne de tramway semble une lueur d’espoir pour redynamiser le quartier, et ce, malgré une fréquentation peut-être encore timide selon elle.

Glossaire Vitalité : Dans ce contexte, qui apporte du dynamisme au sein d’une collectivité.