L’Histoire des Premières Nations, de la maternelle à l’enseignement postsecondaire

Écrit par : Chloé Liberge

23 mai 2022

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Daniel Richer présentera ses contes sur les Premières Nations dans les écoles. Crédit : Courtoisie
Ce mois-ci, Canadian Parents for French (CPF) Alberta et le Centre de ressources de la langue française accueilleront Daniel Richer et ses contes autochtones. L’occasion de rappeler l’importance de l’histoire des Premières Nations dans les écoles et les universités de l’Alberta.

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Chloé Liberge
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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L’initiatrice de ce projet : Diana Boisvert, directrice du Centre de ressources de la langue française à Grande Prairie. Alors que la mission du Centre est de proposer des services pour les écoles francophones et d’immersion situées dans le nord-ouest de l’Alberta, elle se remémore, «on cherchait vraiment des présentations faites par des autochtones, alors on a trouvé son nom, on l’a appelé et il a dit oui».

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Le nom qu’elle mentionne, c’est Daniel Richer dit Laflèche. Conteur, crieur, maître de cérémonie ou comédien depuis 40 ans, il sillonne le monde pour présenter ses histoires. Des plus jeunes aux aînés, il partage avec eux sa passion de narrateur. «Quand on raconte des légendes, tout le monde a cinq ans, car tout le monde pense avec son imaginaire, son vécu.»

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Les écoles sont ravies de l’accueillir

CPF Alberta s’est alors associé au Centre de ressources de la langue française pour aider à promouvoir ce projet. L’organisme paie également une partie des honoraires de Daniel Richer grâce aux fonds reçus de Patrimoine canadien. Ce dernier aide à financer les programmes qui mettent en avant la culture, l’histoire ou le patrimoine au Canada.

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De son côté, le Centre de ressources de la langue française aide les écoles du nord-ouest de l’Alberta en prenant en charge 50% des frais. Quant aux autres, elles devront débourser 800$ pour cette présentation.

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Les deux organismes ont alors demandé à certains conseils scolaires de la province de vérifier l’intérêt auprès de leurs écoles. Pour l’instant, une dizaine d’entre elles, francophones ou proposant des programmes d’immersion française, ont répondu présentes à l’invitation.

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Jessica Poitras, animatrice culturelle depuis septembre dernier à l’école Nouvelle Frontière de Grande Prairie, attend la venue de Daniel Richer avec impatience. «Je n’ai jamais vu la présentation, mais j’ose imaginer que cela va être super intéressant.» Elle soutient que «c’est important d’inclure l’histoire des autochtones dans nos écoles».

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L’Histoire des Premières Nations enseignée par les Premières Nations

Abénakis et Dakotas par ses racines, Daniel Richer est originaire du Québec, du Vermont et du Manitoba. Il prend plaisir à raconter son héritage tout en abordant également les pensionnats autochtones. Selon l’Encyclopédie canadienne, durant plus d’un siècle et demi, ces internats auraient séparé 150 000 enfants de leur famille pour les convertir à une autre culture, une autre croyance.

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Le conteur souhaite donc rappeler les horreurs causées dans le passé afin de ne pas les reproduire aujourd’hui. Il développe, «le racisme vient de l’ignorance. Plus on en sait, moins on peut l’ignorer et moins on est ignorant, moins on est raciste».

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Crystal Gail Fraser, Ph. D., enseigne l’histoire autochtone à l’Université d’Alberta. Crédit : Courtoisie

Crystal Gail Fraser, Ph. D., enseigne l’histoire autochtone à l’Université d’Alberta. Crédit : Courtoisie

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Une philosophie que partage également Crystal Gail Fraser, professeure adjointe à la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta. Originaire d’Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest, elle fait partie du peuple autochtone Gwich’in. Et pour cette historienne, «l’éducation, la connaissance, la revitalisation de notre propre compréhension et la philosophie sont des moyens de comprendre le monde».

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Un espoir pour les prochaines générations

À travers leurs cours et leurs présentations, tous deux espèrent que l’Histoire des Premières Nations sera entendue. Ce qui est souvent le cas. Daniel Richer est fréquemment étonné de la curiosité grandissante des plus petits. «La beauté des enfants, c’est qu’ils ont le cœur et l’esprit ouvert, alors si on les approche avec des vérités et des connaissances qui sont intéressantes, ils vont s’y intéresser», se réjouit-il.

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La professeure, quant à elle, acclame la diversité présente à la faculté. Celle qui n’a connu aucun mentor autochtone lorsqu’elle a débuté ses études se dit émue de ce changement. «Maintenant, à l’Université de l’Alberta, nous avons des dizaines d’instructeurs autochtones dans les salles de classe et c’est fantastique.»

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Un message optimiste pour le futur de l’enseignement autochtone au sein des établissements scolaires.

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Aussi appelés Wobanakis ou Wabanakis, les Abénakis sont divisés en deux groupes : ceux de l’Est et ceux de l’Ouest. Leurs territoires s’étendent du Québec jusqu’à certaines parties des États américains du Maine, New Hampshire et Vermont.
Pour en apprendre davantage : thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/abenaquis-1
Devenus en 2014 la première nation autochtone des Plaines à disposer d’un gouvernement autonome, les Dakotas sont principalement installés en Ontario et au Manitoba.
Pour en savoir plus : thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/dakotas
Les Gwich’in sont l’un des peuples autochtones vivant le plus au nord du continent. Ils font partie d’une grande famille d’autochtones connue sous le nom d’Athapascans et principalement située dans le sud-ouest et le nord-ouest de l’Amérique du Nord.
Pour plus d’information : gwichin.ca

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