le Mardi 21 mai 2024
le Vendredi 30 juin 2023 8:00 Publireportage

À Brooks, le Mois de l’histoire des Noirs a toute sa raison d’être

L’équipe de soccer de l'École Le Ruisseau. Photo : Courtoisie
L’équipe de soccer de l'École Le Ruisseau. Photo : Courtoisie
Cette année, les festivités pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs 2023 se sont déroulés entre le 1er avril et le 30 juin. Trois mois qui ont permis à l’Association francophone de Brooks et à son directeur, Sa Eva Katusevanako, d’offrir de nombreux évènements et de sensibiliser la communauté au passé, mais aussi à l’avenir.
À Brooks, le Mois de l’histoire des Noirs a toute sa raison d’être
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(De gauche à droite) Sa Eva Katusevanako, Priscilla Kasongo, David Patrick et Désire Kiana. Photo : Courtoisie

Parmi les nombreuses activités proposées, le tournoi de soccer, organisé durant six semaines, a tenu toutes ses promesses. Aux allures de Coupe du monde, celui-ci a su réunir la diversité des nombreuses communautés immigrantes de Brooks qui s’en sont donné à cœur joie autour du ballon rond. 

Finalement, c’est l’équipe francophone de l’École Le Ruisseau qui a gagné la finale, le 27 mai dernier, face à l’équipe d’Afrique de l’Est (Somalie). Hugues Sonna Toukem, l’organisateur du tournoi, s’est félicité du succès que cet évènement a connu à la suite, notamment, de «la grande participation des citoyens de Brooks». Il remercie d’ailleurs «l’assiduité de tous les joueurs qui ont fait vibrer la ville» avec leurs dribles, leurs passements de jambes et leurs tirs au but. Sans sourciller, il l’assure : «Je suis prêt à recommencer!» 

Le Mois de l’histoire des Noirs, un moment pédagogique

Cette année, il était important pour l’Association francophone de Brooks d’ajouter un volet éducatif pour les jeunes et les moins jeunes qui profitaient des festivités. Les participants ont ainsi pu se déplacer à la Maison des jeunes afin afin d’assister à une présentation sur les personnalités noires qui ont marqué l’histoire du Canada, mais aussi celle du monde. Et ce n’est pas tout.

Victor Moke Ngala est reconnu pour son dévouement à la communauté, et met un point d’honneur à sensibiliser les nouveaux arrivant aux problématiques liées au racisme. Photo : Courtoisie

Une cinquantaine de jeunes, accompagnés de leurs parents, ont découvert le Parc des dinosaures et plus encore puisqu’ils ont pu aller à la rencontre de John Ware en visitant sa cabane. Ce cowboy noir du milieu du 19e siècle a été respecté par un grand nombre de ses pairs malgré le racisme et la discrimination. Il reste «légendaire dans l’histoire de l’Alberta pour sa force, ses techniques expérimentées en agriculture et ses habiletés en équitation».

Un gala de la reconnaissance pour libérer la parole

Ils étaient nombreux à être venus pour ce moment solennel. Un moment à la fois festif, mais aussi instructif grâce à la présence de Victor Moke Ngala, enseignant et expert des questions liées au racisme. Lors de sa présentation, il a «expliqué ce qu’est le racisme et donné des pistes de solution pour le combattre».

Devant une salle composée en grande partie de nouveaux arrivants qui «travaillent sans cesse», M. Moke Ngala a profité de ce moment de pause et de partage pour envoyer un message fort aux membres de la communauté. «Il est important qu’ils se rendent compte du racisme systémique existant dans notre société et notamment dans le domaine professionnel» pour pouvoir se donner les moyens de ne pas en souffrir et d’y faire face.

Il a insisté sur le besoin d’acquérir un bon niveau d’éducation pour, à l’avenir, avoir les compétences nécessaires afin d’atteindre des postes hiérarchiques souvent inatteignables. Il regrette d’ailleurs ce système qu’il décrit comme «bloqué à un certain niveau qui ne nous [les Noirs] permet pas d’aller plus haut».

Il prévient aussi, «notre communauté à des devoirs, mais aussi des droits quand elle arrive au Canada». Il insiste sur le fait que les Noirs doivent, s’ils sont victimes de racisme et d’injustice, en parler. Il prône la libération de la parole, une bonne intégration dans la communauté et l’excellence académique comme vecteur de solution contre le racisme. Un discours qui a tenu l’auditoire en haleine et suscité beaucoup d’intérêt et d’espoir.

Place à la musique 

Finalement, le gala de la reconnaissance a accueilli les artistes franco-albertains 2Moods et Renelle qui ont interprété En vol et Crazy, mais aussi des classiques de leur propre répertoire musical comme Réalité et J’aime. Ils ont enflammé la salle et offert une prestation artistique de grande qualité. Toutes et tous ont pu fredonner en chœur ces airs aujourd’hui bien connus de la francophonie albertaine. 

Et même si la route d’Edmonton a été longue, Renelle n’a pu cacher son enthousiasme, appréciant «cette belle rencontre avec la communauté francophone de Brooks» issue principalement de pays africains. Elle insiste sur l’accueil chaleureux que les deux artistes ont reçu, «tout le monde a été très sympathique». Elle espère d’ailleurs retrouver ce magnifique public très bientôt.

Pour 2Moods, c’était un retour à Brooks, dans une communauté francophone qu’il aime beaucoup. Le public le lui a d’ailleurs bien rendu puisqu’ils ont été nombreux, à la fin de sa prestation, à venir le saluer, mais aussi se procurer des t-shirts et des casquettes à l’effigie de l’artiste. Tout sourire, il évoque «une bénédiction de la part des jeunes adultes et de leurs parents» qui sont toujours présents pour lui. Comme Renelle, 2Moods est très heureux d’avoir participé à cet évènement si important pour la communauté francophone de Brooks et souligne la belle collaboration qui est née de ce travail en commun. Finalement, «il reviendra lui aussi, c’est certain» pour célébrer le Mois de l’histoire des Noirs.