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le Vendredi 17 mars 2023 10:00 Saint-Paul

L’éducation financière, ça s’apprend!

Cécilia Bernier étudie les sciences biologiques et la psychologie au Campus Saint-Jean. Crédit : Courtoisie
Cécilia Bernier étudie les sciences biologiques et la psychologie au Campus Saint-Jean. Crédit : Courtoisie
L’éducation financière, ça s’apprend!
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L’entrée à l’université peut être une période de grand stress dans la vie des jeunes adultes qui doivent souvent quitter le nid familial et prendre en charge des frais de scolarité élevés. Le cours Carrière et vie, qui est offert obligatoirement dans les écoles secondaires albertaines, cherche justement à préparer les élèves à faire le saut dans le monde des adultes.

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

Cécilia Bernier est une étudiante de troisième année au baccalauréat en sciences biologiques et en psychologie au Campus Saint-Jean. Comme la majorité de ses collègues de classe, elle a fait ses premières armes en «gestion de budget» au secondaire, en 10e année plus exactement, lors du cours de Carrière et vie

«Je me souviens que dans un des cours, il y avait une simulation comme si on partait en appartement. J’avais demandé à mes parents de m’aider à faire une liste de mes dépenses : le loyer, l’électricité, l’épicerie, mes loisirs, etc.», témoigne celle qui a étudié à l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys, à Calgary. 

Cet apprentissage se montre aujourd’hui fort utile pour Cécilia qui dit faire «très attention à son argent».

«Ça coûte cher l’université, surtout quand on habite en résidence [étudiante], raconte-t-elle en riant. Quand je vois mes factures, j’ai encore plus envie de me forcer dans mes cours», ajoute l’étudiante.

Sauf que malgré la bonne volonté et la planification financière serrée de Cécilia, elle ne serait pas en mesure de couvrir toutes ses dépenses sans l’aide financière de ses parents. «Je travaille l’été et un peu pendant l’année scolaire, mais je [ne] fais pas assez d’argent pour tout payer», mentionne-t-elle.

Grâce au soutien financier de ses parents, Cécilia n’a donc pas eu besoin d’emprunter de l’argent pour payer ses frais de scolarité, ce qu’elle considère comme un «cadeau très précieux». «Ça m’enlève un gros poids, affirme l’étudiante. Je m’inquiète moins d’un point de vue financier et je peux me concentrer à 100% sur l’école.» 

Cette chance, précise-t-elle, n’est pas la norme parmi les étudiants qu’elle côtoie. «Certains de mes amis doivent s’arranger par eux-mêmes et prendre des prêts étudiants, ce qui ajoute une dose de stress à leur quotidien», dit Cécilia. 

Lors du cours Carrière et vie, la jeune universitaire avait aussi appris à effectuer des demandes de bourses, une compétence qu’elle continue de chérir année après année. 

Responsabiliser les élèves

Lise Gratton, la directrice de l’école du Sommet située à Saint-Paul, garde d’excellents souvenirs du cours Carrière et vie qu’elle a enseigné pendant près d’une décennie. Selon elle, le contenu du cours permet aux enseignants d’outiller leurs élèves à prendre de bonnes décisions financières, une nécessité pour être apte à naviguer «dans le monde dans lequel on vit». 

Son hypothèse semble tenir la route si on en croit une récente étude d’Ipsos, menée pour le compte des Comptables professionnels agréés (CPA) du Canada, qui révélait que les jeunes de 18 à 34 ans étaient les plus à risque d’être touchés par les escroqueries bancaires et en ligne. Soixante-trois pour cent des jeunes disent avoir été victimes d’au moins un type de fraude financière au cours de leur vie.

L’éducation et la vulgarisation financière demeurent les moyens les plus efficaces pour prévenir ce genre de faux pas. En ce sens, le cours Carrière et vie est bénéfique puisqu’il ratisse large et cherche justement à développer le «jugement critique des élèves», à leur faire comprendre la «valeur de l’argent».

«Parce qu’on ne peut pas acheter notre épicerie avec notre beau sourire», rappelle la directrice sur un ton enjoué.

Le but est donc d’aider les jeunes à prendre des décisions éclairées, affirme la directrice. «Plus on leur donne de l’information sur l’importance de maintenir une bonne santé financière, plus ils pourront prendre de bonnes décisions à travers leur cheminement universitaire et dans leur vie personnelle», conclut-elle.

Lise Gratton a enseigné le cours Carrière et vie pendant une décennie avant d’être nommée directrice de l’école du Sommet. Crédit : Capture d’écran – École du Sommet