Alors que l’an dernier, 15 congressistes de l’Alberta s’étaient déplacés pour la 92e édition, cette année, c’est 2 personnes de plus qui ont fait le voyage jusque dans la capitale de la Mauricie.
Sur les 7 000 congressistes accueillis au cours de la semaine, provenant principalement du Québec, il y a également eu, sur place, une cinquantaine de pays de la francophonie scientifique. Quant aux Franco-Canadiens, selon les chiffres obtenus auprès de l’Acfas, ils ont été 320 congressistes à participer, ce qui représente 6 % de l’ensemble des participants.
Renforcer la francophonie canadienne
La directrice générale de l’Acfas, Sophie Montreuil, assure que les communautés francophones en situation minoritaire occupent une place importante dans la mission de l’organisme scientifique.
On apprécie quand il y a une représentation des francophonies minoritaires. Évidemment, on aimerait ça que ça soit un petit peu plus élevé. Mais on travaille là-dessus, à différents égards
L’Acfas rappelle d’ailleurs qu’elle possède six sections régionales à travers le Canada, dont une en Alberta. Grâce à un financement de Patrimoine canadien, l’organisation a pu soutenir cette année la participation de représentants de chacune de ses sections régionales au congrès. « C’est pas facile pour les chercheurs qui sont en francophonie minoritaire, même pour les étudiants, de faire de la recherche en français », souligne Mme Montreuil. « Ce sont des conditions qui sont très, très différentes de celles qui existent dans les universités québécoises. »
L’Acfas intensifie également ses démarches auprès du gouvernement fédéral afin de mieux soutenir la recherche en français hors du Québec.
Depuis plusieurs années, je dirais qu’on a intensifié notre action pour soutenir les chercheurs francophones qui sont à l’extérieur du Québec
Une présence remarquée
L’ACFA a profité de ce grand rendez-vous scientifique pour faire entendre les réalités des communautés francophones de l’Ouest canadien et pour mettre en valeur ses travaux en matière de recherche et de santé en français.
Pour sa directrice, Isabelle Laurin, la participation de l’ACFA à ce congrès représente bien plus qu’une simple présence institutionnelle. « C’est tellement fondamental pour nos communautés », affirme-t-elle en parlant du récent rapport sur la recherche en français au Canada, au cœur d’un des panels auxquels elle a participé.
Le congrès a permis à l’ACFA de présenter deux interventions importantes. La première portait sur un vaste rapport national consacré à la recherche en français. Isabelle Laurin y représentait le milieu associatif afin de partager la perspective des organismes communautaires francophones sur les besoins en recherche et sur l’importance de produire des données en français. Selon elle, celles-ci sont devenues essentielles pour orienter les interventions et les revendications de l’ACFA auprès des gouvernements.
Tous nos mémoires, tout ce qu’on fournit au gouvernement, comment on réfléchit, nos programmations, tout ça, on l’appuie sur les données probantes
La réception du public a d’ailleurs dépassé les attentes des organisateurs. Alors que tout le campus fourmillait de diverses conférences ou panels se déroulant en même temps, le colloque consacré au rapport a attiré entre 40 et 50 personnes, au point où des chaises supplémentaires ont dû être ajoutées dans la salle. « C’est inspirant de voir la mobilisation autour de ce rapport-là », souligne Isabelle Laurin.
L’ACFA a aussi présenté ses travaux en santé en français réalisés en partenariat avec Réseau Santé Alberta. C’est d’ailleurs dans un couloir universitaire, devant des tableaux hautement explicatifs, que Mme Laurin a résumé au Franco la teneur de cette vaste étude dont l’objectif est de mieux comprendre les besoins en soins de santé des communautés francophones de l’Alberta. Des consultations ont déjà été organisées dans plusieurs régions de la province auprès de groupes variés, notamment des femmes, des aînés, des immigrants et des membres de la communauté LGBTQIA2S+.
Ces recherches pourraient avoir des retombées importantes pour l’ACFA et pour les communautés francophones de la province. Grâce aux données recueillies, l’organisme souhaite ainsi influencer les politiques publiques et renforcer les services de santé en français en Alberta.
L’ACFA affirme déjà observer des résultats concrets. Des projets pilotes ont vu le jour, dont une clinique mobile francophone pouvant se déplacer dans certaines communautés. L’organisme espère également obtenir de nouveaux financements afin de poursuivre ses travaux dans les prochaines années.
Un congrès pour affirmer sa francophonie
Isabelle Laurin en est convaincue, le Congrès de l’Acfas constitue aussi une occasion unique de rappeler que la recherche en français ne doit pas se limiter au Québec ou à l’Est du pays. « Dans l’Ouest aussi, on a besoin d’appui », insiste-t-elle.
Alors, osons la question à la directrice de l’Acfas. Y aurait-il possibilité de voir un jour le congrès de l’Acfas se tenir en Alberta, notamment au Campus Saint-Jean ? Sophie Montreuil confirme que l’idée intéresse l’organisation. « C’est quelque chose qu’on aimerait beaucoup », dit-elle, rappelant qu’elle a récemment rencontré les dirigeants du campus lors d’une visite en Alberta.
Toutefois, accueillir un évènement réunissant 7 000 personnes représente un défi logistique majeur. « Ça prend beaucoup de locaux », rappelle-t-elle, en soulignant également les importantes exigences technologiques liées au mode hybride du congrès.
Même si un congrès en Alberta ne semble pas envisageable à court terme, l’Acfas entend poursuivre sa présence active auprès des communautés scientifiques francophones, partout au Canada, grâce à ses colloques régionaux et ses activités de rayonnement.
Lexique:
Acfas : Fondée en 1923, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences joue un rôle majeur dans le faire valoir des communautés scientifiques francophones. En 2001, l’organisme change de nom pour l’Association francophone pour le savoir. Depuis 2019, c’est seulement l’acronyme qui est utilisé.
Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour appuyer la transcription des entrevues. Le journaliste a vérifié l’exactitude des propos.