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le Dimanche 12 mai 2024 11:38 Sports

Le rugby, un sport qui laisse sa marque en Alberta

Madeleine Lemay (en orange) apprécie l’aspect physique du rugby. Photo : Courtoisie
Madeleine Lemay (en orange) apprécie l’aspect physique du rugby. Photo : Courtoisie
(IJL- LE FRANCO- RÉSEAU.PRESSE) - Le rugby féminin connaît un essor fulgurant en Alberta depuis quelques années et attire un nombre croissant de joueuses vers des programmes provinciaux et universitaires. L’engouement pour ce sport de contact se fait également ressentir chez les francophones, comme Madeleine Lemay qui ambitionne de poursuivre sur une lancée prometteuse.
Le rugby, un sport qui laisse sa marque en Alberta
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À seulement seize ans, cette élève de 11e année à l’École Maurice-Lavallée peut déjà se targuer d’un palmarès impressionnant : championne provinciale avec les Strathcona Druids, capitaine de sa formation U16 en Alberta et membre d’équipes participant à des compétitions internationales… «Tout a commencé pendant l’été de ma sixième année, raconte-t-elle. Et c’est devenu plus sérieux [quelques mois plus tard], quand j’ai fait un camp au Québec avec le Collège Notre-Dame-de-Foy».

Elle se replonge avec nostalgie dans ces premiers moments de l’ovalie. «Ça a tout de suite cliqué, je suis tombée en amour», se remémore-t-elle. Le côté physique du sport, axé sur le contact, a été le premier élément qui l’a séduite. Puis, quelques mois plus tard, lors du tournoi international Los Angeles 7’s auquel elle a participé avec la MacDowell Rugby Academy, elle a aussi découvert le côté communautaire qui l’a rapidement captivée. Son talent naturel pour le sport est également un atout majeur.

Lors d’un tournoi en Floride cette saison, la contribution de la jeune sensation franco-albertaine a notamment permis à son équipe de se hisser à la cinquième place parmi les vingt-quatre formations canadiennes et américaines présentes. «C’était une belle performance», résume Madeleine. Fin 2023 et début 2024, malgré son jeune âge, Madeleine s’est déplacée du côté de l’Université de la Colombie-Britannique pour participer à un camp de recrues.

Mais alors qu’elle s’approche maintenant de la fin de son parcours secondaire, la jeune athlète demeure incertaine quant à la direction que prendra sa carrière sportive. «Je vais prendre les opportunités qui s’offrent à moi grâce à mon sport», souligne-t-elle. Sans partager d’objectifs précis, elle évoque la possibilité d’une participation en coupe du monde si elle arrive à atteindre un assez haut niveau pour se qualifier dans l’équipe nationale. Mais avant de franchir ces étapes, elle doit d’abord décider si elle souhaite poursuivre son parcours au niveau universitaire ou s’engager au sein d’une équipe provinciale.

Quelques notions du rugby à sept : 

  • Sept joueurs ou joueuses par équipe.
  • Un match se joue en deux mi-temps de sept minutes.
  • Le terrain est de la même superficie que pour le rugby à XV.
  • Un essai vaut cinq points, c’est  lorsqu’un joueur attaquant touche le sol avec le ballon de manière contrôlée dans la zone d’en-but de l’adversaire
  • Pour avancer vers la zone d’en-but,, l’équipe offensive peut utiliser la course, les passes à la main ou les bottés. 
  • Les passes doivent être effectuées sur le côté ou à l’arrière. Il est interdit de faire une passe en avant.

Chris Sandy Nesbitt est le directeur général de Rugby Alberta. Photo : Courtoisie

Plusieurs options de développement 

Le rugby en Alberta a en effet la particularité de proposer deux voies de développement distinctes aux athlètes féminines. «Tout remonte au besoin d’équité dans le sport universitaire au Canada (U Sports). On devait avoir le même nombre d’athlètes masculins et féminins et le rugby féminin est venu compenser le nombre de places occupées par le football américain», explique Chris Sandy Nesbitt, directeur général chez Rugby Alberta.

Cette organisation chapeaute les unions de rugby à travers la province et les équipes de la ligue Wolf Pack qui offrent une seconde option de développement aux athlètes qui préfèrent passer par cette voie plutôt que par  l’université pour accéder à la scène nationale. «Le rugby féminin a vraiment progressé dans ces deux parcours de développement au cours des dernières années. Nos équipes provinciales sont fortes, mais nous avons surtout trois grandes universités qui ont d’excellents programmes, à Lethbridge, Calgary et Edmonton», ajoute le directeur général. 

Au niveau national, le Canada compte également une équipe à quinze joueuses qui excelle dans l’élite. Depuis 2002, cette formation se classe systématiquement parmi les six meilleures au monde, ayant notamment décroché une deuxième place en 2014 et, plus récemment, une quatrième position en 2021. L’équipe «nourrit également des espoirs de médaille» aux Jeux olympiques de 2024.

«Je pense que ce sport est aussi populaire et qu’on se démarque autant parce qu’on accepte le fait que les femmes puissent pratiquer des sports violents et agressifs. Ce n’est pas le cas partout», analyse Chris Sandy Nesbitt. Pour rappel, il n’y a aucune différence dans les règles du rugby féminin et masculin.

Madeleine Lemay constate, elle aussi, l’engouement pour le sport de contact qui se traduit par une demande de plus en plus élevée pour les camps de sélection de niveau junior. Récemment, précise-t-elle, «une centaine de filles s’essayaient pour être dans l’équipe à mon camp [de pré-saison]». Une tendance qui devrait se poursuivre si on en croit le directeur général de Rugby Alberta. «Nous avons connu une croissance énorme dans certaines de nos petites communautés, autour de Red Deer et Lethbridge par exemple», mentionne-t-il.

Bien qu’historiquement, les joueuses de l’équipe nationale provenaient surtout de l’est du pays, estime-t-il, cette tendance sera appelée à se renverser au cours des prochaines années, avec de plus en plus d’athlètes provenant de l’Alberta. De la fin avril à la fin mai, une série Nord contre Sud aura notamment lieu dans la province afin de permettre aux athlètes âgés de moins de 23 ans, hommes et femmes, de se faire remarquer par les dirigeants de l’organisation provinciale, mais aussi par Rugby Canada. «C’est un moment très important pour le développement» de ce sport dans la province, affirme-t-il.

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