Après des recherches approfondies menées dans les Smoking Hills (collines fumantes en français), situées à l’extrême nord des Territoires du Nord-Ouest, de nombreuses similitudes avec Mars ont été constatées dans cet environnement.
Composées de falaises et de petits lacs, cette région est un endroit unique en son genre, entre autres, par la présence de mudstones (pierre de boue). Ces roches composées d’argile ou de boue brûlent naturellement et laissent échapper une fumée distinctive. À cause de cette combustion, des vapeurs d’acide sulfurique chimiques et corrosives apparaissent.
Au contact de la roche avec l’eau, l’étang devient acide. Pourtant, les recherches entamées par Ressources naturelles Canada indiquent que ce site n’a pas toujours été ainsi. Il y a plusieurs siècles, c’était un milieu marin sain à pH neutre et plein de vie.
Les surprises ne s’arrêtent pas là. Les scientifiques ont également découvert des couches riches en jarosite, une espèce minérale brun-jaunâtre qui se forme naturellement par oxydation des sulfures de fer. Manuel Bringué, un des co-auteurs de l’article, la définit comme «un minéral qui est relativement rare sur Terre et, en général, pas très stable».
Cet érudit poursuit, «jusqu’à maintenant, la présence de jarosite sur Mars nous faisait croire que les environnements aquatiques étaient probablement trop acides et pas très propices à l’évolution de la vie». Une opinion qui risque d’évoluer puisque dans les Smokings Hills, ce minéral s’est formé dans des conditions marines normales.
De la vie oui, mais bactérienne!
Attention, Manuel Bringué le rappelle, «quand on parle de la vie sur Mars, on parle de la vie très primitive, c’est-à-dire les premiers organismes qu’on peut qualifier de vivants». Oubliez donc les extraterrestres verts à grosses têtes et pensez plutôt à une multitude de bactéries.
Rappelons que sur notre planète, il a fallu attendre près de trois milliards d’années avant l’apparition des mammifères. Une précision que souhaite apporter Daniele Luigi Pinti, professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal. «Selon moi et la majorité des spécialistes, si on trouve des formes de vie, elles seront bactériennes. Mars n’a pas eu l’occasion de développer des formes plus complexes», souligne-t-il.
Daniele Luigi Pinti développe cette réflexion, «la surface de la planète a été balayée par le vent solaire, donc toute forme de vie qui pouvait être présente a été détruite». Ce dernier, produit par le Soleil, est composé de particules électriquement chargées principalement d’électrons, de protons et de noyaux d’hélium.
Un champ magnétique présent autour de la planète bleue nous protège de ce vent solaire en agissant comme un bouclier. Si ce n’était pas le cas, les particules générées pourraient avoir des conséquences désastreuses sur l’être humain. En effet, celle-ci sont capables de traverser l’enveloppe corporelle, de briser l’ADN et de causer des maladies mortelles. Et si aujourd’hui, la surface de Mars est totalement calcifiée, c’est qu’elle était, elle aussi, protégée par un champs magnétique qui a mystérieusement disparu, il y a plusieurs milliards d’années.
Ainsi, s’il existe une forme d’existence, cela ne peut être que dans les fractures internes, dans la roche au niveau de la croûte martienne. Il justifie, «sur Terre, on a des bactéries qui peuvent vivre dans des fractures jusqu’à des kilomètres de profondeur et dans des conditions extrêmes».
Sommes-nous des extraterrestres?
Daniele Luigi Pinti, le directeur du Geotop, centre de recherche sur la géoscience au Québec, ne ferme pas totalement l’idée d’une potentielle vie ailleurs dans l’univers. «Aujourd’hui, on sait qu’il y a plein de planètes similaires, alors rien n’exclut que certaines puissent abriter de la vie, mais après est-ce qu’ils sont capables de venir nous visiter avec une capsule spatiale, ça, c’est plus une croyance qu’autre chose», s’amuse le professeur.
Pourtant, François Bourbeau, ufologue, aime émettre cette hypothèse, «il n’est pas impossible que nous, terriens, soyons d’anciens habitants de Mars». Ce spécialiste des ovnis (objets volants non identifiés) nous livre son analogie en s’appuyant sur le feu de camp. Dès que le bois s’enflamme, une chaleur intense en émane. Puis, le feu diminue et nous nous en approchons pour profiter de sa douce température.
Ce Québécois évoque donc la possibilité que nos racines ne soient pas celles que l’on croit. «Au fur et à mesure que le soleil s’est contracté et a diminué dans sa puissance de rayonnement sur Mars, la civilisation l’a quitté pour s’installer sur Terre». Une hypothèse qui lui semble plausible puisque la Terre est plus près du soleil que la planète rouge.
Il suppose que cette délocalisation aurait eu lieu grâce à la présence de l’atmosphère et de l’eau, tous deux capables de soutenir la vie. «Et peut-être qu’un jour, lorsque la vie ne sera plus possible sur notre planète, on terminera notre voyage sur Vénus, en s’approchant du feu», envisage cet ufologue.
Pourtant, bien que cette découverte ne démontre pas une forme de vie humaine à l’extérieur du globe, elle représente une énorme avancée scientifique. Manuel Bringué garde espoir de trouver des traces de vie antérieure sur l’habitat martien. «C’est une mécanique de formation de la jarosite qui est complètement différente de ce qu’on avait observé à présent, alors c’est très prometteur», se réjouit-il.