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50 ANS DANS L’ÉVOLUTION D’UN CLUB À EDMONTON

50 ANS DANS L’ÉVOLUTION D’UN CLUB À EDMONTON
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Collaboration spéciale du Club Richelieu/Jean Patoine

Hervé Durocher

Natif de Villeneuve en Alberta, Hervé Durocher termine ses études secondaires au Collège Saint-Jean en 1962. Il obtient un baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa en 1965 et un diplôme en droit de l’Université de l’Alberta en 1968. Il exerce le droit à Edmonton depuis 1968 et y établit son cabinet d’avocats en 1973. Il plaide devant tous les tribunaux de l’Alberta ainsi qu’à la Cour suprême du Canada. Le dévouement indéfectible que Hervé Durocher voue à sa communauté remonte à 1972 alors qu’il préside à la fondation du Club Richelieu (Club Jean Patoine). Pour en savoir plus sur Hervé Durocher : bit.ly/3IQ5AR9

«Travailleurs joyeux et fiers chrétiens,
Unissons-nous avec entrain,
Aidons les enfants, qu’ils soient heureux
Et chantons le Richelieu.»

Les débuts

Ce refrain rebondissait avec enthousiasme aux quatre murs du grand salon au chalet du lac Eden, le 26 novembre 1971, lors de la remise de charte au Club Richelieu d’Edmonton. Cette soirée était l’apogée d’un travail, parfois acharné, de presque deux ans après la convocation d’un groupe d’hommes francophones par le père Jean Patoine. Secrétaire de l’ACFA, il avait à cœur l’établissement d’un club social et de services francophones à Edmonton.

Ainsi, il a contacté les responsables de la Société Richelieu International, à Ottawa. Comme il l’a souvent fait tout au long de son illustre carrière d’éminence grise de la francophonie albertaine, il a semé l’idée d’un tel groupe en terre fertile.

Après deux réunions préliminaires et avec l’aide de l’agent de développement Richelieu, Paul-Émile Bélanger, les divers avantages d’un tel club dans notre communauté ont été exposés. Les premiers membres ont alors accepté de s’affilier à l’organisme international exclusivement francophone pour créer le 167e club Richelieu et le tout premier situé dans l’Ouest canadien.

Jean Beliveau au Club Richelieu. Photo : Courtoisie

Les premiers membres

François McMahon, Louis A. Desrochers, Bernard Gagnon, Paul Doucet, Louis Aimé Arès, Raymond Tellier, André Deschenes, Lucien Maynard, Émile Gamache, Normand Ferrier LeClerc, Hervé Durocher, Roland Bonvalet, Pierre Gariepy, Jacques Bernier, Jacques Plante, Gilles Blain et Antoine Blain ont officiellement signé la demande d’adhésion le 23 avril 1970. Ce premier groupe de «travailleurs joyeux et fiers chrétiens» s’est alors engagé dans un travail de découverte et d’autodéfinition durant 18 mois avant la remise officielle de la charte mentionnée ci-haut.

Sous la direction du président fondateur, Hervé Durocher, et du comité exécutif composé de Normand Ferrier LeClerc (secrétaire) et Jacques Bernier (trésorier), le groupe a expérimenté divers formats de rencontre avant d’estimer que le bon fonctionnement du club se ferait par une rencontre chaque deux semaines lors d’un souper à l’hôtel Mayfair au centre-ville.

La seconde décision importante prise par les premiers membres a été de dédier le mandat «Services» à toute la jeunesse francophone d’Edmonton afin de lui venir en aide dans son développement linguistique et culturel. Cette décision a guidé les actions du club Richelieu/Jean Patoine pendant toute son existence.

Une anecdote intéressante

Le premier secrétaire du Club Richelieu était Normand Ferrier LeClerc, un jeune québécois employé par l’ACFA comme rédacteur du journal hebdomadaire La Survivance, aujourd’hui Le Franco.  

Malheureusement, Normand était un nationaliste québécois qui, dans un excès d’ardeur idéologique, a publié en entier le fameux manifeste de la FLQ lors de la crise d’Octobre en 1970. Cette crise a causé la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre qui rendait une telle publication, n’importe où au Canada, illégale.

Normand a été brusquement congédié par son employeur et le Club Richelieu a perdu un de ses premiers membres et un secrétaire très habile. Nous avons appris cinq ans plus tard que Normand, après son retour au Québec, avait lui-même présidé à la fondation d’un nouveau Club Richelieu à Montréal. Tout n’était pas perdu.

Le fonctionnement et la croissance du Club Richelieu à Edmonton

Le président du Club, au moment de la remise de la charte en novembre 1971, était R. Gilles Blain, éminent neurologue de la ville. Sous sa présidence, les réunions du Club se déroulaient selon le format établi, soit :

  • Chant Richelieu
  • Bénédicité
  • Repas
  • Conférencier invité
  • Conférencier éclair (un des membres)
  • Nomination du panetier
  • Période des amendes
  • Ajournement

Voici un exemple d’une amende imposée à un membre qui se vantait d’avoir été à la pêche :

Président : Au Richelieu X «3$ d’amende pour avoir pris du poisson, mais avoir négligé de le partager avec son président».

Membre X : «3$, c’est trop. Le poisson était trop petit pour le partager».

Président : «5$ alors, s’il était si petit, tu aurais dû le remettre dans le lac», fin de la discussion.

Le but des amendes, pendant les soupers, était double. Les sommes perçues et ramassées par le «panetier» étaient déposées dans le fonds des œuvres, mais c’était surtout pour créer de l’humour et de la camaraderie dans la séance. Évidemment, le président devait toujours s’assurer que le membre visé serait fier de payer l’amende, sinon il risquait de perdre un membre.

Un événement incontournable sous la présidence de R. Gilles Blain a été le souper-bénéfice avec Jean Béliveau. Cette grande vedette de l’équipe de hockey avec les Canadiens de Montréal avait accepté de rendre visite aux membres du Club, en majorité partisans des Canadiens. Il va sans dire que sa présence (avant l’arrivée des Edmonton Oilers) a servi à assurer le succès financier de la soirée. Cela a été un premier projet d’envergure de prélèvement de fonds dans l’histoire du Club, tout en augmentant le profil et la crédibilité de celui-ci dans la communauté en général.

Comme on le verra plus tard dans ce récit, les projets de prélèvement de fonds dans les premières années du Club étaient souvent imaginés par Maurice Dallaire, un de nos premiers membres.

Le décès du père Jean Patoine

Malheureusement, au courant de l’année 1972, le père Jean Patoine, ce grand esprit motivateur et organisateur de la francophonie albertaine, nous a quittés. Peu après son décès, et sous la présidence de R. Jacques Bernier, le Club Richelieu a parrainé l’établissement du Fonds commémoratif Jean-Patoine.  

Le père Jean Patoine au travail. Photo : Courtoisie

Le Club Richelieu a alors fait une collecte de fonds dans le but d’établir des bourses d’études pour de jeunes francophones. Plusieurs années plus tard, une négociation avec le gouvernement provincial a essentiellement doublé le montant du fonds. Ensuite, les fiduciaires du fonds ont transféré le fonds à la Faculté Saint-Jean de l’Université de l’Alberta. Le Fonds Jean-Patoine accorde encore aujourd’hui des bourses d’études à de jeunes francophones du Campus Saint-Jean.

En plus de l’établissement de ce beau Fonds Jean-Patoine, R. Jacques Bernier a vu s’établir la tradition du bal annuel Richelieu durant sa présidence. Un souper-gala qui a été, pendant plus de dix ans, un des événements sociaux les plus prisés à Edmonton. Qui peut oublier la musique et le chant de Ghislain Bergeron et son équipe qui animaient ces soirées mémorables.

Le Club Richelieu et l’Association des scouts et guides francophones de l’Alberta

Ce qui a surtout marqué la présidence de R. Jacques Bernier a été le partenariat établi entre le Club Richelieu et l’Association des scouts et guides francophones de l’Alberta. 

Il faut mentionner les efforts particuliers de deux membres, soit R. père André Mercure et R. Laurent Ulliac, appuyés par Claire, l’épouse de Jacques Bernier. Ils ont œuvré longtemps au sein du mouvement scout et guide francophone. 

  1. père André Mercure a participé activement aux activités du Club Richelieu jusqu’à son départ de l’Alberta pour la Saskatchewan. R. Laurent Ulliac est mort accidentellement et tristement en 1982. Claire Bernier a écrit un livre au sujet du scoutisme francophone en Alberta et a joué un rôle très important dans la vie du Club Richelieu/Jean Patoine de 1990 à 2015, comme secrétaire. 

Il n’est pas possible de calculer les sommes qui ont été attribuées aux diverses troupes de scouts et groupes de guides francophones, ainsi qu’à leurs cadres administratifs au cours des années. Mais il est certain qu’un bon nombre de jeunes francophones qui ont fait du scoutisme et du guidisme en Alberta dans leur langue maternelle ont participé à des activités aussi simples qu’un feu de camp et aussi mémorables qu’un voyage au plan national et même international grâce aux efforts et aux contributions du Club Richelieu.

La loterie olympique, un coup de foudre

Le nom de R. Maurice Dallaire est survenu plus tôt dans cet historique. Il a été le quatrième président du Club. Ceux qui l’ont connu se souviendront qu’il avait toujours une idée à proposer, un rêve à réaliser, un projet en marche et, surtout, un excès d’enthousiasme. Il faut dire de lui qu’il n’y avait rien à son épreuve.

Le Club s’est lancé dans un projet de loterie d’envergure pendant sa présidence. Il s’agissait d’une loterie offrant comme prix un motorhome Pace Arrow d’une valeur de 50 000$. Nous avions dû remettre la date du tirage pour une période de six mois afin de vendre assez de billets pour couvrir les coûts. Finalement, un gagnant, non membre du Club, a été très heureux et le Club a fait un profit modeste de moins de 1000$.

Le billet de loterie tant demandé. Photo : Courtoisie

Cette dure leçon, loin de décourager notre président intrépide, l’a plutôt motivé à découvrir de meilleures façons d’augmenter la fortune du Club. Le Club s’est alors lancé dans la vente de billets pour la loterie olympique du Canada.

Grâce à R. Maurice Dallaire, avec l’aide de Léo Paul Paradis et de Jean Paul Proulx, le prélèvement de fonds pour le Club Richelieu a atteint de nouveaux sommets. Léo Paul Paradis a ouvert la porte au Club pour obtenir une licence de distributeur de billets. Une fois la licence obtenue, le Club a engagé Jean Paul Proulx comme vendeur à temps plein. Soudainement, le fonds des œuvres du Club a vu une augmentation de 100% après la première année et de 200% après les deuxième et troisième années.

L’époque de la loterie olympique n’a duré que trois ans, car la Cour suprême du Canada a décidé que le droit d’organiser des loteries au Canada appartenait exclusivement aux gouvernements provinciaux et non au gouvernement fédéral. La loterie olympique a donc été supprimée, privant le Club Richelieu de sa source principale de financement. Heureusement, ou malheureusement, dépendant du point de vue, la loterie olympique a existé juste assez longtemps pour permettre au gouvernement fédéral – libéral – d’aider le maire Jean Drapeau à rembourser les dettes monumentales des Jeux olympiques de 1976 à Montréal.

Quelques années ont passé entre le «Bonanza» de la loterie olympique et l’arrivée en scène des casinos comme moyen de financement pour les organismes de bienfaisance en Alberta.  

Le congrès social

En juin 1973, R. Hervé et Judy Durocher, R. Maurice Dallaire et R. Roland Bonvalet ont assisté au congrès social du Richelieu International à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Ils ont vécu toute une expérience à ce congrès où l’on goûtait non seulement aux homards, mais aussi à l’esprit Richelieu «en toute majesté».Tout cela, avec la chaleur acadienne, qui a laissé une profonde impression sur ces nouveaux arrivés de la Société Richelieu. Dès leur retour en Alberta, ils ont suggéré au club de trouver les moyens de devenir l’hôte d’un tel congrès social à Edmonton.

Il va sans dire que c’était un projet très ambitieux pour un jeune club. Néanmoins, les membres ont accepté le défi avec enthousiasme. Après des discussions bien menées par le «comité du congrès», le Richelieu International s’est embarqué dans le jeu et, deux ans plus tard, en septembre 1975, le rêve s’est réalisé.

Sous la présidence de Louis Aimé Arès, le Club Richelieu d’Edmonton recevait au-delà de 120 membres et épouses du Richelieu International pour un congrès de trois jours.

Les activités principales du congrès avaient comme but d’étaler à nos invités la beauté et la richesse économique et culturelle de notre partie du Canada. Il y avait donc, au programme, une visite des installations de sables bitumineux à Fort McMurray, une journée champêtre à Morinville et une soirée Klondike à l’hôtel Westin, pour clôturer le congrès. 

Pour plusieurs de nos invités, surtout les femmes, l’excursion au West Edmonton Mall était le point culminant de la visite de la ville. Les invités ont été ravis de leur expérience, surtout du thème du Klondike tel que démontré par les photos. Plusieurs de nos membres y ont formé des amitiés de longue durée.

Ce congrès a été un grand succès et partout, dans la Société Richelieu, on en a parlé pendant de nombreuses années.

Les œuvres du Club Richelieu

Plus tôt dans cet historique, nous avons fait allusion aux liens avec le scoutisme et le guidisme francophone à Edmonton et à travers l’Alberta. Il est vrai que le Club a versé des sommes considérables aux scouts et aux guides pendant au moins trente de ses cinquante années d’existence.

Cependant, le scoutisme et le guidisme n’étaient pas les seuls bénéficiaires des efforts de prélèvement de fonds du Club Richelieu. Le Club a aidé au financement et à la construction de nombreux terrains de jeux au fur et à mesure que les garderies et les écoles francophones s’établissaient dans la région d’Edmonton. Non seulement, elles recevaient des dons financiers, mais, pendant une ou deux fins de semaine, les membres, s’étant donné le mot, se rencontraient sur le site, outils en main, pour aider à la construction. Les projets sont trop nombreux pour tous les nommer. Comme toujours, cependant, il y a une exception.

Le camp Richelieu

C’est grâce à la générosité de R. Henri Lusson, fermier et éleveur de bœufs charolais à Clyde, que le camp Richelieu (aujourd’hui nommé camp Lusson) existe.

  1. Henri Lusson a donné 80 acres de terrain au bord du lac Wakamao, à 85 km au nord d’Edmonton. Le Club Richelieu s’est engagé à y construire et à y aménager un camp d’été pour la jeunesse francophone. Le don du terrain a eu lieu en 1978. La construction et l’aménagement du camp ont débuté dans les deux années qui ont suivi et le camp Richelieu a ouvert officiellement en 1982. 

Tout cela a pris beaucoup d’énergie aux membres du Club durant la présidence d’au moins trois présidents : R. Oscar Labrie, R. Guy Richer et R. Michel Lehodey. R. Laurent Ulliac, avant sa mort imprévue, a lui aussi donné généreusement des heures et des heures en temps avec ses engins de chantier pour niveler le terrain. 

Un autre membre, R. Simon Roy, s’amusait aussi à conduire une de ces immenses machines pendant ses temps libres pour avancer la construction. Enfin, à plusieurs reprises pendant ces deux années, la plupart des membres ont contribué de leur temps, de leurs connaissances, en plus de leur argent, à la réalisation de ce projet.

Kevin Lowe, joueur de hockey à l’époque et, plus tard, gérant et président des Oilers d’Edmonton, a assisté à l’ouverture officielle du camp le 29 août 1982, invité par R. Guy Ouellette. Ce dernier est devenu le 13e président du Club Richelieu en 1984.

Les femmes sont autorisées à devenir membres

En 1986, la Société Richelieu International s’est mise à la page. Les gouverneurs ont fait un amendement à la charte pour permettre aux femmes de rejoindre les rangs du Club Richelieu en tant que membres actifs.

  1. Maryse Jobin a été la première femme à s’inscrire. Elle était accompagnée de plusieurs autres, dont R. Claire Bernier, R. Judy Durocher, R. Lorraine Audy et R. Germaine Lehodey. Les premières femmes, ainsi que toutes celles qui se sont affiliées depuis 1986, ont joué un rôle important au sein du Club. Elles assistaient aux soupers réguliers, travaillaient au déroulement des événements sociaux et aidaient lors des collectes de fonds. On peut d’ailleurs se demander si la misogynie ne régnait pas au sein du Richelieu, car, jusqu’à date, aucune femme n’est devenue présidente du Club. 

Cependant, R. Claire Bernier s’est particulièrement dévouée aux activités du Club en agissant comme secrétaire. Pendant 36 ans, et ce, jusqu’à sa mort en 2012, elle était responsable de l’administration, des finances et des archives. Claire travaillait constamment en arrière-plan et ne cherchait jamais de reconnaissance. La survie du Club est largement due à ses efforts.

La région de l’Ouest

Il est vrai que les politiques des gouvernements fédéraux en matière de langues officielles ont facilité l’expansion du Richelieu dans la région de l’Ouest canadien. C’est grâce aux octrois fédéraux que les agents de développement (Paul Émile Bélanger, Mathias Pagé) et les divers présidents internationaux ont pu se déplacer dans l’Ouest pour nous aider et nous encourager. 

Il faut se souvenir que, pendant une quinzaine d’années (1973-1985), la «région de l’Ouest» avait été formée sous l’égide de la Société Richelieu. À cette période, des clubs ont vu le jour à Saskatoon, Winnipeg, Prince Albert, Regina et Maillardville. En dépit de nos efforts en Alberta, nous n’avons jamais réussi à établir de clubs à Calgary, Fort McMurray ou Grande Prairie.

Compte tenu des distances à franchir, le montant des octrois disponibles ne suffisait qu’à payer les frais d’un ou deux voyages interclubs par année par gouverneur régional.

Les gouverneurs régionaux ont été les suivants :

  1. Hervé Durocher – Edmonton (1975-1977)
  2. Louis Aimé Arès – Edmonton (1977-1979)
  3. Mathieu Gaudet – Saskatoon (1979 -1981)
  4. Philip LeQuere – Winnipeg (1981-1983)

Les activités au niveau régional ont cessé quelque temps dans les années 1983-1984 et il n’existe aucune documentation évoquant l’existence d’un gouverneur régional après cette période. 

Graduellement, les contacts avec le bureau central du Richelieu International ont diminué et, en 1987, le Club Richelieu d’Edmonton n’a plus payé sa cotisation à l’organisme international. Nous avons continué à opérer comme un club social et un club de services sous le nom Richelieu jusqu’en 2001.

Finalement, à la suite d’une brève discussion avec l’administration de la Société Richelieu International, les membres du Club Richelieu d’Edmonton ont décidé de se dissocier de la société mère et de changer son nom. La discussion au sein du Club à Edmonton n’a pas été longue. Un membre a proposé le nom de «Jean Patoine», un autre a appuyé la proposition et le vote en faveur a été unanime. 

Une autre étape dans l’évolution du Club a été franchie.

L’époque du Club Jean Patoine

Cette partie de l’histoire du Club Jean Patoine évolue toujours. Elle est donc en quelque sens plus difficile à raconter.

On est en 2001, c’est l’époque des casinos. Le Club n’a plus d’autres petits projets de collecte de fonds que ceux-ci. Ces occasions nous sont accordées à peu près tous les 18 mois. Nous n’avions donc besoin de membres bénévoles qu’à ce moment-là. L’assistance aux réunions diminue. Les soupers réguliers bimensuels deviennent mensuels et, graduellement, on cesse de se rencontrer régulièrement, en optant plutôt pour des rencontres au trois ou quatre mois par an. Ces rencontres ont toujours du succès, surtout quand elles sont organisées autour d’un événement spécial, comme le barbecue au chalet Bernier, la randonnée sur le bateau River Queen, la croisière sur le lac Sylvan, le jeu de quilles ou les partys de Noël.

Croisière à Sylvan Lake. Photo : Courtoisie

Financièrement, le Club Jean Patoine a eu plus de succès que ne l’avait jamais eu le Richelieu. En moyenne, après 2001, les fonds provenant des casinos se chiffraient entre 30 000 $ et 50 000 $ par année. 

Néanmoins, l’esprit de camaraderie qui avait joué un rôle si important dans la vie du Club diminuait. Il devenait plus difficile de recruter de nouveaux membres et ceux existants sont vieillissants. Ces changements démographiques affectent l’administration et le fonctionnement du Club Jean Patoine. 

Jacques Bernier est redevenu président du Club en 1992 et il a occupé ce poste jusqu’en 1999. Hervé Durocher a été réélu président en 2000 et a servi jusqu’en 2012. Ken Shields s’est porté candidat à la présidence en 2013 et occupe encore le poste aujourd’hui. 

En regardant le déroulement du Club Jean Patoine pendant la dernière décennie, on pourrait constater que l’existence du Club est due largement à la conviction de notre président Ken Shields. Sa persévérance et sa fidélité ont surmonté tous les obstacles. Est-ce qu’on peut conclure que les avantages d’un club de services francophones à Edmonton sont plus évidents à notre président francophile qu’à un bon nombre de francophones?

Aujourd’hui

Le Club Jean Patoine a continué dans ce nouveau siècle à appuyer de nombreux projets auprès de la jeunesse francophone :

  • Dans les écoles
  • Auprès de jeunes individus à la poursuite de perfectionnement personnel
  • Au niveau universitaire
  • Au niveau du scoutisme et du guidisme
  • Au niveau des voyages d’échange
  • En établissant un fonds dirigé vers la jeunesse à La Fondation franco-albertaine
  • En accordant des bourses de leadership.

Cette année, nous célébrons les 50 premières années d’existence du Club Jean Patoine à Edmonton. Le recrutement de nouveaux membres demeure le plus grand défi. Les prochaines 50 années d’existence du Club Jean Patoine appartiendront à celles et ceux qui choisiront de les vivre en paix et en fraternité au service de la jeunesse francophone.