L’amour à distance pour les ondes de Boréal FM

Écrit par : Mélodie Charest

9 avril 2021

Depuis mars dernier, le télétravail a été imposé brusquement à la plupart des travailleurs, mais pas pour tout le monde ! Alyson Roussel, directrice générale de la radio francophone de Plamondon (Boréal FM), et Ariane Corneau, animatrice à cette même station, ont embrassé ce mode de vie de télétravail, et ce, avant la pandémie. Le travail à distance pour ce couple d’amoureuses, c’est un mode de vie. 

Pour Alyson Roussel, Boréal FM est plus qu’une simple radio, c’est son « bébé ». Alors étudiante en animation et production radiophoniques au Cégep de Jonquière (Saguenay, Québec), Alyson atterrit pour la première fois à la station en 2016. « C’était un des plus beaux étés de ma vie ».

Mais l’automne se fait sentir et elle doit retourner sur les bancs d’école. Pour elle, il ne s’agit que d’un au revoir. Après avoir complété sa technique de 3 ans, Alyson démarre sa chaîne YouTube, The Highway Vagabond et explore le Canada : du Québec aux provinces maritimes, elle se rend en Alberta pour atterrir au Yukon.

Alyson Roussel, la jeune directrice générale et animatrice de la radio francophone de Plamondon Boréal FM. Crédit : Courtoisie.

Des embûches 

C’est d’ailleurs dans ce territoire qu’elle reçoit un appel à l’aide de l’Alberta. En novembre 2018, Tracy Lord, trésorière et coprésidente de Boréal FM, lui fait une proposition : devenir directrice générale de la station en plus d’être animatrice. Sans rien connaitre en gestion, Alyson accepte à 20 ans cette folle aventure.

« Il y a eu beaucoup d’embûches parce que la situation de la radio était vraiment au plus bas. Il y avait beaucoup de défis, plusieurs choses n’avaient pas été payées, on avait toujours de mauvaises surprises ». Dans un fou rire, Alyson confie que, pendant deux ans, elle qualifiait la radio de « suicidaire ».

Malgré tout, trois ans après avoir accepté le poste, soit en 2020, les améliorations qu’elle a apportées sont bien visibles. De l’amour a été injecté à la programmation, le nom et le logo ont été changés et 5 employés rémunérés ont été embauchés. Parmi son équipe, elle peut compter sur Ariane Corneau, une amie du secondaire qui est aujourd’hui sa compagne de voyage et de vie depuis deux ans.

Le grand départ

Malgré les difficultés, Alyson a su se relever et avancer. Cependant, une « grande force de la radio » quitte le bateau. Mélanie Girard, présidente de la station, quitte ses fonctions à la suite de problèmes médicaux. C’est une perte pour toute l’équipe, mais spécialement pour la directrice. Madame Girard était son « support », son absence est venue chambouler la manière dont elle envisageait la vision de son emploi à Boréal FM : « il manquait un petit quelque chose ».

Ariane Corneau qui se prépare à monter dans un avion en direction Montréal en mars 2020, lorsque la pandémie a éclaté aux quatre coins du globe. Crédit: Courtoisie.

Après réflexion, Alyson et son amoureuse prennent une grande décision : « On est venu à l’idée qu’on voulait quitter. En fait, on ne voulait pas quitter nos emplois, mais on ne voulait plus être tout le temps à Plamondon, pour une petite période de temps ». Leur soif d’aventures a été entendue par les membres du Conseil d’administration de Boréal FM. Ils trouvent une solution assez intéressante : continuer de faire leur émission radiophonique matinale (De bonheur sur le piton) et celle de début de soirée (La déroute), mais à distance.

Plamondon, de la Colombie au Québec

Le couple, qui mijote leur itinéraire depuis novembre 2019, s’envole le 2 mars 2020 pour la Colombie. Leur plan ? Travailler pour la station intensivement trois jours par semaine et voyager le reste du temps. Dès le 9 mars, les deux animatrices animent leurs deux émissions radiophoniques en direct de… leurs lits superposés d’auberges de jeunesse !

Ariane Corneau et Alyson Roussel, amoureuses et collègues, en voyage en Colombie. Crédit: Courtoisie.

La Covid-19 frappe et leur voyage prend subitement fin 19 jours après leur arrivée en Colombie. Elles doivent retourner à la maison. Mais quelle maison ? « On est rentré à Montréal. En Alberta, on n’avait plus du tout de logement ; on n’avait plus personne pour s’occuper de nous ! On ne comprenait plus la situation… Au début, on se rappelle, c’était les voyageurs qui rapportaient la Covid. On n’allait pas demander à nos ami(e)s de nous prendre ».

Les deux voyageuses en quête d’un toit se retournent vers leur région natale. Elles s’enferment dans le chalet maternel d’Alyson, dans le Bas-Saint-Laurent, et travaillent pendant trois mois. « Au départ, on n’avait pas de Wi-Fi au chalet. C’était toute une histoire, mais ça s’est bien passé ! »

Un projet de van

Malgré la colère et le stress des problèmes techniques que les animatrices ont vécu, elles ont embrassé ce mode de vie et, à entendre leurs projets, elles le garderont pour quelque temps encore. Leur prochain projet est encore plus audacieux que celui d’animer et gérer une radio de la Colombie ou du Québec.

Alyson Roussel en train de s’attaquer à son nouveau projet : une van. Sa future maison et studio de radio sur quatre roues qu’elle partagera avec sa complice, Arianne Corneau. Crédit: Courtoisie.

« Convertir une van, c’est ce que nous sommes déjà en train de faire, pour en faire une petite maison. On veut essayer de faire de la radio, plus tard, à distance, dans cette van-là. On aimerait se promener dans les villages en Alberta et ailleurs, comme la Colombie-Britannique. On a pris plaisir à faire la radio à distance, ça nous a permis de passer plus de temps avec nos familles. »

Arianne Corneau en train de s’attaquer à son nouveau projet : une van. Sa future maison et studio de radio sur quatre roues qu’elle partagera avec sa complice, Alyson Roussel. Crédit : Courtoisie.

Partager

Lire des articles sur un thème similaire

Articles similaires