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Manger sainement sans se ruiner

Manger sainement sans se ruiner
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Alors que le prix des fruits et des légumes a grimpé en flèche en Alberta en 2022, les consommateurs sont à la recherche d’alternatives abordables pour se nourrir sainement. La solution pourrait bien se trouver à portée de main, quelque part dans leur voisinage… Les jardins communautaires permettent en effet de cultiver des légumes et des tubercules frais pour une fraction du prix. Une solution qui reste encore méconnue.

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

«Il y a de belles façons de réduire le coût de son épicerie en cultivant son propre jardin, surtout lorsqu’on s’informe et qu’on s’y prend bien», affirme la directrice générale du Calgary Horticultural Society, Natasha Guillot. Son organisme cherche à démocratiser l’accès au jardinage pour aider les citoyens de Calgary et des Prairies à faire pousser leurs propres récoltes, et ce, malgré les conditions météorologiques difficiles que l’on connaît. «On parle d’épisodes de grêle, de sécheresse, de pluie abondante, de chinook*, etc. Bref, ça prend beaucoup d’éducation pour jardiner ici, surtout si on vient de l’est du pays», avance la Québécoise d’origine.

Natasha Guillot est la directrice générale du Calgary Horticultural Society. Photo : Capture d’écran – Natasha Guillot, LinkedIn

«Je ne sais pas s’il va y avoir un regain d’intérêt avec l’inflation alimentaire. Et surtout, je me demande encore si la génération Y et la génération Z vont finir par se convertir.». Natasha Guillot.

Bien que les jeunes commencent peu à peu à réaliser les avantages financiers du jardinage communautaire, elle souligne que l’engouement pour cette activité est surtout présent chez les personnes plus âgées. Et même là, l’intérêt semble s’être stabilisé après «le boom» de l’année de pandémie. «Je ne sais pas s’il va y avoir un regain d’intérêt avec l’inflation alimentaire. Et surtout, je me demande encore si la génération Y et la génération Z vont finir par se convertir. Pour le moment, on voit un léger intérêt, mais c’est loin d’être significatif», explique Natasha.

Elle estime que certains jeunes semblent être découragés par le «supposé» niveau d’effort qu’exige le jardinage. Cependant, elle rappelle que les jardins communautaires sont «beaucoup plus accessibles que ce que l’on pourrait penser» et que son organisme fournit de l’aide aux débutants. «Alors, faites au moins le tour de votre quartier, ne serait-ce que pour vous informer sur ce qui s’y trouve. C’est à peu près certain que vous trouverez un jardin», dit-elle en précisant que plus de 150 jardins publics sillonnent Calgary. 

Pour les personnes qui ne pourraient ou qui ne voudraient pas se déplacer, Natasha signale également que rien ne les empêche de cultiver chez eux. «Je pense que le plus gros mythe à défaire, c’est qu’on a absolument besoin d’avoir une cour pour jardiner. On peut cultiver de la laitue, des radis et des plants de tomates dans un petit pot sur notre balcon ou même dans une fenêtre bien éclairée de notre maison», ajoute-t-elle.

«Il y a toujours eu de l’insécurité alimentaire, mais ce phénomène s’est exacerbé dans les douze derniers mois en Alberta.». Andrea Blonsky.

Du jardinage à Cochrane

Andrea Blonsky, présidente de la Cochrane Community Gardens Society (CCGS), considère, elle aussi, que la population aurait avantage à se tourner vers des méthodes alternatives d’approvisionnement, telles que le jardinage communautaire, pour faire face à l’augmentation actuelle des prix des aliments. «Il y a toujours eu de l’insécurité alimentaire, mais ce phénomène s’est exacerbé dans les douze derniers mois en Alberta», note-t-elle. Le prix des légumes frais a notamment augmenté de 8,3% en 2022 selon l’Indice du prix à la consommation. 

Tout comme la société d’horticulture de Calgary, la CCGS cherche à universaliser l’accès au jardinage en offrant des espaces locatifs à faible prix à ses utilisateurs. «Il en coûte autour de 30$ par année pour avoir accès à une grande boîte», affirme Andrea. Il suffit ensuite d’acheter des semences biologiques pour quelques dollars pour avoir des légumes à longueur d’année. «En déboursant 3$, je suis capable de cumuler des carottes pour l’année entière. Il suffit de trouver des méthodes de conservation pour les légumes», explique la présidente. 

La CCGS détient 90 boîtes de jardinage situées à divers endroits de la ville. Photo : Courtoisie

Andrea ignore si davantage de résidents de Cochrane et des alentours se tourneront vers les jardins communautaires pour contrer l’inflation, mais elle se dit prête à tout pour accommoder le plus de gens possible. «Habituellement, nos 90 boîtes se remplissent assez rapidement, mais si la demande augmente, on en construira quelques-unes en plus. On va s’arranger pour que tout le monde soit desservi», soutient-elle.

«C’est merveilleux de voir les jardiniers expérimentés offrir de l’aide aux petits.». Andrea Blonsky.

Il convient de noter que la CCGS s’efforce également d’intéresser les plus jeunes au jardinage en organisant des activités à la bibliothèque municipale de Cochrane et en permettant aux élèves de l’école primaire Glenbow de faire pousser des légumes dans quinze boîtes qui leur sont réservées. Ces initiatives ont pour objectif d’encourager la communauté à tisser des liens, mais aussi d’accroître les contacts intergénérationnels entre les résidents de la ville. «C’est merveilleux de voir les jardiniers expérimentés offrir de l’aide aux petits», conclut Andrea.

 

Glossaire – Chinook* : vent chaud et sec qui souffle par rafales

Il y a toujours eu de l’insécurité alimentaire, mais ce phénomène s’est exacerbé dans les douze derniers mois en Alberta.». Andrea Blonsky.