le Vendredi 17 mai 2024
le Samedi 23 septembre 2023 15:00 Cochrane

Une rentrée pluvieuse pour les jeunes francophones de Cochrane

L’École Notre-Dame des Vallées, à Cochrane, accueille 227 élèves de la maternelle à la douzième année. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
L’École Notre-Dame des Vallées, à Cochrane, accueille 227 élèves de la maternelle à la douzième année. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
(IJL-RÉSEAU.PRESS-LE FRANCO) - C’est sous une pluie battante que les 227 élèves de l’École Notre-Dame des Vallées, à Cochrane, se sont réunis pour leur première journée de classe, le 31 août dernier. Malgré le temps morose, une frénésie palpable flottait dans l'air humide. Pour beaucoup de jeunes, cette journée de retrouvailles était très attendue. Elle marquait également un moment de transition pour la communauté scolaire francophone de la région qui accueille, encore une fois cette année, plusieurs nouveaux visages parmi ses rangs.
Une rentrée pluvieuse pour les jeunes francophones de Cochrane
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Les élèves ont été accueillis sous une pluie battante lors de la journée de la rentrée scolaire. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

«J’aimerais qu’on souhaite la bienvenue chaleureusement à tous nos nouveaux élèves. Levez votre main pour qu’on puisse bien vous repérer», lance la directrice de l’école, Adèle Scott, à gorge déployée, pour surmonter le clapotis de la pluie qui s’intensifie à l’extérieur. Plusieurs bras, certains affirmés et d’autres plus timides, se hissent en réponse à son appel.

Depuis cinq ans, le recrutement se passe à merveille pour l’école francophone de Cochrane qui accueille maintenant des élèves de la maternelle à la douzième année. Pour cette rentrée, pas moins de trente-deux nouvelles familles se sont ajoutées à cette communauté déjà foisonnante. 

«Ça suit une tendance que je remarque depuis quelques années. De plus en plus de familles francophones déménagent en Alberta. Des gens venus de l’est du pays en majorité, du Québec et de l’Ontario. Notre école à nous attire beaucoup de familles qui veulent acheter une maison à proximité des montagnes, sans payer trop cher», ajoute la directrice d’école d’origine fransaskoise.

Annie Guimond, qui a déménagé de la région de Rimouski, au Québec, il y a à peine quelques mois, s’inscrit dans cette mouvance vers les Rocheuses. «On a fait un voyage ici l’année dernière et, avant même qu’on soit de retour, toutes [nos possessions] étaient en vente. On a eu un gros coup de cœur», raconte-t-elle.

La mère de famille ajoute que ses deux enfants sont «très fébriles à l’idée de rencontrer des jeunes de leur âge en Alberta puisqu’ils n’ont pas encore eu l’occasion de tisser des liens d’amitié avec «des gens d’ici». Émyl et Agathe hochent la tête en signe d’approbation. 

«Je commence le secondaire, alors, de toute façon, j’aurais dû changer d’école et me faire de nouveaux amis au Québec. Ça va être la même chose ici. J’ai vraiment hâte», appuie l’aîné qui entame la septième année. Sa jeune sœur, moins enthousiaste, se dit plus nerveuse à l’idée de devoir reconstruire un réseau social dans l’Ouest canadien. «C’est triste de perdre mes amis. Mais je vais m’habituer et ça va bien se passer», raconte la jeune fille avec sagesse.

Trente-deux nouvelles familles se sont ajoutées à la communauté scolaire cette année à l’École Notre-Dame des Vallées. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

Une école en pleine expansion

Depuis sa création en 2003, l’École Notre-Dame des Vallées a connu une croissance phénoménale. Au départ, l’établissement du Conseil scolaire FrancoSud louait trois petits locaux à l’hôtel de ville. Ce n’est que onze ans plus tard, en 2014, que l’école a finalement obtenu sa propre infrastructure permanente. Et aujourd’hui, cette école est «pleine à craquer» en raison de l’afflux constant de nouvelles familles, explique Adèle Scott. «On a dépassé la capacité maximale. On a déjà une classe modulaire et on vient de recevoir l’approbation pour une deuxième», explique-t-elle. 

Pour faire face à cet enjeu, la directrice d’école aimerait éventuellement qu’une nouvelle école soit construite pour accueillir les élèves de la septième à la douzième année. «On va faire une demande avec le Conseil [scolaire FrancoSud] pour avoir une nouvelle infrastructure, mais je ne sais pas où on va se situer sur la liste de priorités du gouvernement. Si on n’avait aucune contrainte, moi, je construirais une école secondaire sur le terrain à l’ouest de l’école actuelle», explique-t-elle. 

Mais pas question, toutefois, de laisser la croissance de la population scolaire altérer l’atmosphère communautaire qu’a bâtie l’administration au fil des années, précise la directrice d’école. Selon elle, c’est précisément cette atmosphère qui permet d’intégrer aussi efficacement les nouveaux élèves dès leur arrivée à l’école. «Je suis un peu biaisée, mais on a vraiment développé un sentiment d’engagement chez nos élèves. Ils sont gentils, ouverts, respectueux et toujours prêts à prendre les nouveaux sous leur aile», conclut-elle.