Alors que le salaire minimum est à 15 $ de l’heure en Alberta, le plus bas au Canada selon le site du gouvernement canadien en lien avec le salaire minimum, le loyer moyen, lui, d’un appartement albertain contenant deux chambres se classe en 4e position sur l’échelle canadienne après la Colombie-Britannique, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse d’après Statistique Canada et la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).
Concrètement, cela revient à un loyer moyen de 1 600 $ à Edmonton contre 1 900 $ dans la ville du Stampede.
Bien que la SCHL ait prédit en janvier dernier que le marché locatif « continuera de se détendre » à la suite de la finition de certains chantiers visant la construction de nouveaux appartements tant à Calgary qu’à Edmonton, le coût des loyers demeure une question encore importante chez les étudiants, les jeunes travailleurs ou encore les familles immigrantes en Alberta.
Sur le terrain
Quand on se compare, on se console selon l’expression consacrée. Si les loyers en Alberta n’atteignent pas ceux de Vancouver à 3 100 $ pour un logement avec deux chambres, cela veut-il dire qu’un étudiant ou une jeune travailleuse ont tout de même les moyens de se payer un appartement à 1 600 $ ? Pour Alphonse Ndem Ahola, le directeur général de la Francophonie canadienne plurielle (FRAP), la réponse est on ne peut plus claire, c’est non. « Ils sont forcés de louer en groupe de trois ou quatre pour payer leur loyer. »
Toujours selon la SCHL, les nouveaux locataires paient souvent plus cher leur loyer que les anciens locataires. Comme il n’y a pas en Alberta un tribunal administratif du logement (TAL) comme c’est le cas, par exemple, au Québec, pour les nouveaux arrivants, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. C’est quelque chose que la FRAP a pu vérifier.
Non seulement c’est plus cher, mais ils sont l’objet d’abus et d’escroquerie dans la mesure où ils ne connaissent pas toujours leurs droits. Quand ils passent par nous, nous traduisons les contrats de baux pour eux et nous nous assurons qu’ils ont les loyers les plus abordables
La question des loyers chers est à ce point préoccupante pour la FRAP que l’organisme a réussi à négocier « des loyers relativement bas » avec une liste de bailleurs. « S’il y a litige avec les bailleurs, nous faisons la médiation et parfois nous contactons un avocat pour le nouvel arrivant. »
Un bachelor à 1 600 $
Si la question des loyers n’a pas nécessairement fait l’objet d’activités particulières au sein de la Francophonie Jeunesse de l’Alberta (FJA), sa directrice, Julianna Damer, met Le Franco en contact avec l’un des membres de son CA, Félix Gagnon, qui est aux prises avec un problème de logement.
Étudiant et membre du CA de la FJA, Félix Gagnon est freiné dans son élan pour trouver un appartement en raison du coût élevé des loyers.
Le jeune homme de 21 ans habite chez ses parents. Il en est à sa troisième année universitaire à l’Université de l’Alberta. Si le fait de rester chez ses parents lui convenait pour les deux premières années de son Bac, depuis un an, il aimerait bien voler de ses propres ailes. Il cherche donc un appartement, type garçonnière, avec une seule chambre. « Mais le prix est entre 1 000 et 1 600 $. » Il raconte que son frère, qui est un peu plus vieux que lui, a fait face aux mêmes problèmes. Jeune travailleur souhaitant poursuivre des études, Félix raconte que son frère doit mettre les bouchées doubles pour travailler et étudier en même temps.
Quant à Félix, il espère bien trouver son appartement avant la fin de son Bac. D’ici là, il pourra toujours espérer que ce que prévoit la SCHL se réalisera dans la deuxième moitié de l’année, à savoir que « les loyers moyens devraient augmenter à un rythme modéré au cours de la période de prévision, surtout ceux des logements de 2 chambres. (…) Les propriétaires-bailleurs, qui devront composer avec une concurrence accrue, continueront d’être nombreux à offrir des incitatifs à la location à court terme. »
Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour appuyer la transcription des entrevues. Le journaliste a vérifié l’exactitude des propos.
