le Mardi 28 mai 2024
le Dimanche 28 janvier 2024 12:35 Sports

Parents d’aréna : les sacrifices derrière le hockey

La pratique du hockey nécessite un grand engagement des parents des joueurs. Photo : Courtoisie
La pratique du hockey nécessite un grand engagement des parents des joueurs. Photo : Courtoisie
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Entraînements (très) matinaux sur la glace, tournois à l’extérieur de la ville, innombrables heures confinées dans les arénas : la pratique du hockey mineur repose en grande partie sur les épaules de parents dévoués qui sacrifient beaucoup pour que leurs enfants s’adonnent à leur passion. Pour le meilleur et pour le pire, des parents francophones témoignent comment ils naviguent à travers cet univers exigeant.
Parents d’aréna : les sacrifices derrière le hockey
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Mélanie Letendre-Workman est impliquée dans le monde du hockey mineur depuis que ses fils, maintenant adolescents, sont tous jeunes. Photo : Courtoisie

La famille Letendre-Workman connaît intimement les exigences du monde du hockey. Avec deux garçons d’âge U18, un père impliqué comme entraîneur et comme représentant dans les associations, ainsi qu’une mère toujours prête à faire du bénévolat, l’engagement est quotidien durant la saison régulière. Un dévouement qui laisse peu de temps mort pour souffler, comme le partage la mère de famille, Mélanie, «entre les parties, les entraînements, les levées de fonds, c’est pas mal tous les soirs qui sont occupés à ça».

S’il y a des moyens d’alléger la charge dans certaines familles, notamment en partageant les pratiques et les joutes entre parents lorsque les deux enfants s’adonnent au sport comme chez les Letendre-Workman, les moments de répit se font rares. Joel, en bon père de famille, se retrouve parfois même à jouer les chauffeurs avec certains joueurs de l’équipe qui ne pourraient pas se présenter au match, faute de transport. «Mon mari fait parfois la navette. Si on peut aider quelqu’un, on va aider», laisse tomber Mélanie.

Mais pour cette dernière, le sacrifice n’est que partiel; elle souhaite avant tout que ses enfants s’amusent et s’épanouissent. «C’est un choix de vie. Nous, on est une famille qui consacre énormément de temps au hockey. Mon mari est un vrai passionné.»

Alors qu’elle partage quelques anecdotes de famille (comme le fait que la plus jeune du clan a découvert l’ambiance des arénas dès sa «deuxième journée de vie»), la mère de famille souligne ironiquement que son mari et son fils aîné sont actuellement absents de la maison : l’un entraîne une équipe, l’autre joue. «Demain, ce sera le tour de mon plus jeune.» Une réalité, elle l’admet, qui n’est pas forcément pour tout le monde.

Joel Workman (à droite), Mélanie Letendre et leurs trois enfants se sont déplacés en Arizona pour un tournoi de hockey l’année dernière. Photo : Courtoisie

Des fins de semaine compromises 

En effet, si le hockey sur glace a beau être un véritable mode de vie dans certains foyers, ce ne sont pas tous les parents qui peuvent ou qui veulent s’impliquer autant que les Letendre-Workman. Avocate le jour et maman d’estrade en soirée, Caroline Magnan explique qu’elle était initialement réticente à l’idée de voir son fils pratiquer ce sport. 

«Ce n’est pas quelque chose qu’on a expressément encouragé. Après avoir vu des amis passer par là, avoir constaté les investissements en temps que ça exigeait, on se disait que ce n’était pas pour nous», explique-t-elle.

Son fils Roméo a cependant vivement insisté pour réaliser sa passion sur patins. Un désir qui a rapidement conquis ses parents. «On n’a pas pu lui refuser. Il a commencé un peu plus tard en raison de ça, vers sept ou huit ans, mais il s’est beaucoup amélioré et, surtout, il adore ça», lance la mère de famille. 

Parmi les défis rencontrés depuis le début de cette immersion dans le monde du hockey, Caroline évoque le jonglage constant entre les impératifs de la vie quotidienne et les exigences sportives. Les séances d’entraînement et les joutes n’ayant pas d’horaire fixe, chaque semaine apporte son lot de défis logistiques.

Le fils de Caroline Magnan, Roméo Sabourin, a commencé à jouer au hockey l’année dernière. Photo : Courtoisie

«On a déjà des vies bien remplies, alors c’est parfois difficile de ne pas pouvoir planifier à l’avance, surtout quand il y a trois ou quatre déplacements à l’aréna par semaine», laisse-t-elle entendre. Cette jonglerie devient encore plus complexe lorsque d’autres passions familiales, comme le violoncelle et le ballet pratiqués par sa fille, se mêlent aux horaires déjà bien chargés. 

Les fins de semaine ne sont pas épargnées par ces contraintes, entre les séances d’entraînement au petit matin et les tournois qui ont lieu dans des régions éloignées, déplacements et ajustements financiers sont à prévoir. 

«C’est quand même prenant», confie Caroline avant de souligner son admiration pour les efforts de toutes les personnes qui s’impliquent quotidiennement dans le hockey mineur pour permettre aux enfants de pratiquer ce sport.

Une opinion que partage également Mélanie. «Tu dors dans des hôtels qui sont loin d’être luxueux, tu fais de la route. Au moins les enfants s’amusent», raconte-t-elle. L’année dernière, la famille Letendre-Walkman s’est déplacée de Calgary à Saint-Paul et même en Arizona. Des voyages qui engendrent aussi des dépenses supplémentaires, s’ajoutant au fardeau financier déjà élevé des parents. 

«C’est pour ça qu’on organise des levées de fonds. Certains parents ont les moyens de signer un chèque supplémentaire, mais ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde», conclut-elle en rappelant une fois de plus que les parents bénévoles sont le véritable moteur du hockey mineur.

Glossaire – Joute : compétition sportive entre deux équipes