le Jeudi 18 avril 2024
le Mardi 13 février 2024 16:28 Sports

Au galop, l’hiver ne freine pas la passion

L'équitation se pratique à chaque saison. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
L'équitation se pratique à chaque saison. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - L’arrivée des premiers flocons est loin de faire obstacle aux activités des centres équestres de l’Alberta qui demeurent souvent ouverts à l’année. La saison froide nécessite toutefois quelques ajustements afin que chevaux et cavaliers bravent les tempêtes en toute sécurité.
Au galop, l’hiver ne freine pas la passion
00:00 00:00

Sophie Couture est propriétaire du centre équestre Matter’s Equine. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

Le vent siffle et la neige craque sous les pieds en ce matin glacial de janvier. Dans le champ, où la verdure est recouverte de son tapis hivernal, les chevaux broutent paisiblement. Telle une oasis dans ce paysage se dresse Matter’s Equine, un centre équestre western géré sous l’égide de Ward Stables, niché au cœur du comté de Rocky View. Sa propriétaire, Sophie Couture, y consacre tout son temps depuis le printemps 2023. 

«Je dis souvent que je suis victime de mon succès», explique-t-elle d’entrée de jeu, le sourire aux lèvres. Ancienne travailleuse de la construction, elle raconte avoir dû démissionner lorsque les demandes d’inscription ont explosé à l’écurie en avril dernier. Une situation qui la réjouit particulièrement, elle qui a toujours aspiré à faire de sa passion un métier. 

«Je fais de l’équitation depuis que j’ai cinq ans, j’ai commencé à coacher à 15 ans pour des écuries au Québec. J’ai toujours voulu faire ça de ma vie, mais je ne pensais pas que c’était possible avant de m’établir ici», laisse-t-elle tomber.

Manteaux et bottes d’hiver sont nécessaires pour ces jeunes cavaliers qui bravent l’hiver. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

Braver l’hiver à cheval

Depuis ce grand saut, la demande bat son plein, et ce, même durant les mois les plus froids de l’année. Contrairement à la croyance populaire, Sophie explique d’ailleurs que la pratique de l’équitation en hiver est «tout à fait possible en Alberta» à condition de quelques ajustements. 

Par exemple, l’entraîneuse accueille ses élèves dans un manège intérieur plutôt qu’à l’extérieur. Ces installations ne sont pas chauffées, mais offrent une certaine protection contre le vent et la neige, précise-t-elle.

«On est protégés des intempéries, ce qui est bien, puis l’arène est illuminée en soirée. Et on a quand même une écurie chauffée avec une toilette», dit-elle.

Pour affronter le froid, les cavaliers doivent, quant à eux, revêtir leurs vêtements d’hiver, une divergence assez notable par rapport à l’équipement habituel de l’équitation western. «Ce n’est pas l’accoutrement le plus approprié et ce n’est pas très cowboy, mais on veut que les élèves soient confortables, c’est ça l’important», relate Sophie en riant.

Une contrainte additionnelle, ajoute-t-elle, réside dans le fait que les chevaux ne peuvent s’entraîner lorsque le mercure dégringole en dessous de moins 15 degrés Celsius. Bien que ces bêtes soient résistantes à des températures extrêmes, elles peuvent «prendre froid et tomber malades après avoir transpiré lors d’un entraînement».

Et s’ils ne sont pas à l’entraînement, les chevaux de Sophie peuvent tolérer des températures de moins 40 degrés Celsius. «Ils se réchauffent à travers le foin, leur système digestif d’herbivore transforme cette fibre en chaleur. Plus ils mangent, plus ils pourront se garder au chaud. En général, on ne leur met pas de couverture, sauf s’il y a beaucoup de vent, comme c’est le cas aujourd’hui, parce qu’ils produisent leur propre chaleur», décrit l’entrepreneure.

Pendant l’hiver, l’entraînement a lieu dans le manège couvert. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

Contraintes et séances reportées

En marge des vagues de grand froid, comme celle qui s’est abattue au cours des deux premières semaines de janvier, plusieurs séances d’entraînement sont donc susceptibles d’être reportées, et ce, au plus grand regret de certains passionnés. «C’est une question de sécurité quand on annule, mais c’est certain que les élèves sont déçus», mentionne Sophie. 

Parmi ceux qui avaient «bien hâte» de reprendre l’entraînement à la mi-janvier, Isabelle Groenwold et ses trois enfants, tous les quatre suivant des cours au centre équestre depuis quelques mois. «On s’ennuie quand les leçons sont annulées. Les enfants en parlent souvent à la maison», confie la mère de famille.

Malgré les annulations, cette francophone confie avoir été agréablement surprise de constater à quel point l’équitation d’hiver est accessible tout au long de l’année. «J’aurais jamais pensé que c’était une activité que l’on peut facilement continuer après octobre, mais c’est super facile et possible, surtout ici avec l’arène intérieure», mentionne Isabelle.

Un sport thérapeutique

En plus d’être une activité disponible à l’année, la pratique de l’équitation présente des bienfaits thérapeutiques remarquables, confie Isabelle. Selon elle, l’expérience à cheval est particulièrement bénéfique pour ses deux fils atteints d’autisme qui ont réalisé des progrès remarquables grâce au temps passé à l’écurie.

«Ça aide à calmer leur système nerveux. Mon plus vieux, Maxwell, a aussi un trouble développemental de la coordination, alors ça lui permet d’améliorer son tonus musculaire. On voit de meilleurs résultats que la physiothérapie», illustre-t-elle. 

La mère de famille attribue ces résultats en partie au travail de Sophie, soulignant la patience constante de l’entraîneuse, même dans les moments où ses fils peuvent être turbulents ou faire des crises.

Bien que dernière à rejoindre l’aventure en septembre, Isabelle voit également plusieurs effets positifs depuis qu’elle a intégré le programme équestre. «Je m’imaginais pas qu’une femme de presque 40 ans pouvait commencer juste comme ça, comme débutante. Mais ça me fait le plus grand bien. J’en ferais quatre fois par semaine si je pouvais», partage-t-elle.

Sophie renchérit en rappelant que l’équitation est accessible à tous, peu importe l’âge ou le niveau de connaissances. «Les chevaux, ce n’est pas juste pour les jeunes. Il y a beaucoup de femmes de 40 ans et plus qui prennent confiance en elles et s’accomplissent à travers l’équitation. C’est vraiment beau», conclut-elle.