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le Lundi 26 février 2024 15:27 Sports

Ce Franco-Albertain, étoile montante du patinage de descente extrême

Stefan Vajsabel est un des plus jeunes compétiteurs sur la scène mondiale du patinage de descente extrême. Photo : Courtoisie
Stefan Vajsabel est un des plus jeunes compétiteurs sur la scène mondiale du patinage de descente extrême. Photo : Courtoisie
À seize ans à peine, Stefan Vajsabel refuse de suivre les sentiers bien tracés de l’adolescence. Déjà, son nom résonne sur la scène mondiale du patinage de descente extrême, lui qui enchaîne les performances impressionnantes d’un bout à l’autre de la planète. Il se dévoile ici avec audace, dans toute sa témérité et sa passion.
Ce Franco-Albertain, étoile montante du patinage de descente extrême
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L’adolescent a participé à sa première compétition l’année dernière, au Québec. Photo : Courtoisie

Les athlètes qui dévalent la piste glacée à plus de cinquante kilomètres à l’heure, les virages, les sauts, les bosses, la forte dénivellation… Tout cela a instantanément captivé Stefan lorsqu’il a assisté, en tant que spectateur, à sa première course de patinage de descente à Edmonton, en 2015. «Je suis tombé en amour avec le sport», relate l’adolescent.

À cette époque, l’idée de s’entraîner et de pratiquer activement cette discipline ne lui avait toutefois pas encore traversé l’esprit puisqu’à sept ans, il était «bien trop jeune» pour nourrir un tel rêve. Mais les heures passées à jouer au hockey et à s’aventurer en patins à roues alignées au planchodrome ont lentement façonné ses compétences jusqu’à ce qu’il donne vie à sa passion en 2020 en construisant sa première mini-piste de descente dans sa cour arrière. «Ça a été ça, la vraie première étape», souligne-t-il.

La «deuxième étape», elle, a pris forme grâce aux vidéos de ses séances d’entraînement partagées sur Instagram qui lui ont permis de se faire remarquer par le président de la Fédération canadienne de Ice Cross. Quelques mois plus tard, ce dernier lui ouvrait les portes d’une compétition, au Québec, habituellement réservée aux patineurs de seize ans et plus. «Ils ont fait une exception pour que je puisse [concourir] à quinze ans», explique Stefan.

Lors de cette première course, celui qui étudie en dixième année à l’école Maurice-Lavallée a décroché, contre toute attente, la cinquième place. Un moment qu’il décrit aujourd’hui comme charnière puisque c’est ce qui lui a fait prendre conscience de son véritable potentiel et de sa capacité à «se démarquer dans cette discipline». «J’ai commencé à me dire que je pourrais peut-être gagner», affirme l’adolescent.

Entre patience et persévérance

Les éléments qui ont contribué à cette rapide ascension dans le monde du patinage de descente extrême sont nombreux, mais rien n’est laissé au hasard. Pour Stefan, la réussite est avant tout une question de persévérance et de travail acharné. «Quand j’ai commencé à m’entraîner au skatepark, j’étais très mauvais et quand j’ai patiné sur ma piste maison pour la première fois, j’étais vraiment mauvais aussi», relativise-t-il. 

Ces débuts difficiles lui ont toutefois permis de forger son caractère. Tenace et discipliné, l’adolescent a su développer ses compétences au fil des entraînements. «Je me suis beaucoup, beaucoup entraîné. Beaucoup. Ça prend beaucoup de discipline et de motivation, mais j’adore le sport, alors ce n’est pas trop difficile de me motiver.»

L’été 2024 pourrait bien être un moment pivot pour ce jeune athlète. S’il a jusqu’ici mené son entraînement de manière autonome, il compte maintenant se faire accompagner par un entraîneur, afin de travailler certaines aptitudes particulières, notamment au niveau musculaire. 

Il faut dire que les compétiteurs du circuit mondial junior de patinage de descente extrême sont habituellement âgés de 19 à 21 ans, ce qui ajoute une couche de difficultés supplémentaires à l’adolescent. «Ils sont plus vieux et plus forts. La force, c’est ce que je dois améliorer parce que je sais que j’ai déjà une bonne agilité», renchérit Stefan.

Le patinage de descente extrême est pratiqué sur une piste glacée où les compétiteurs doivent affronter des virages serrés, des sauts et des bosses. Photo : Courtoisie

Soutenir un rêve, l’effort d’une équipe

Pour accéder aux compétitions, l’athlète avoue s’appuyer sur un système de soutien qui se déploie en silence. Son école, par exemple, lui offre la flexibilité nécessaire pour passer ses examens en avance et suivre ses cours en ligne lorsqu’il est à l’étranger. Sur le plan financier, son entourage contribue également de manière importante.

«Plusieurs amis de la famille donnent cinq dollars ici et là. Et j’ai travaillé fort à la patinoire, avec mon père, pour amasser de l’argent. J’ai organisé des levées de fonds… Ça demande définitivement de l’organisation», explique-t-il. 

Avec les succès qu’il enregistre actuellement, Stefan espère attirer des commanditaires plus formels cet été. En janvier, il a décroché la médaille d’argent à Innsbruck, en Autriche, la 5e place (catégorie junior) ainsi une 29e position (catégorie sénior), parmi les meneurs lors du Ice Cross SAM qui a eu lieu à Sainte-Angèle-de-Mérici le 16 et 17 février dernier. Une piste réputée pour sa technicité qui correspondait parfaitement à son style de descente malgré des résultats mitigés. «Il y a beaucoup de bosses, beaucoup de sauts», dit-il. 

Son rêve ultime est bien sûr de devenir champion du monde. Un objectif avec lequel il flirte de manière de plus en plus concrète à mesure qu’il progresse dans sa carrière. 

«À date, je suis vraiment impressionné par moi-même. Si je pouvais faire le top cinq dès cette année, je serais très heureux. Surtout que c’est seulement ma deuxième saison», conclut l’adolescent.