Pourra-t-on voter en français aux élections fédérales?

Écrit par : Gabrielle Beaupré

14 septembre 2021

250 000 personnes sont engagées à travers le pays par Élections Canada. Crédit : Unsplash

Avant de déposer votre bulletin de vote dans l’urne, quelqu’un vous aura parlé en français. C’est du moins l’engagement d’Élections Canada qui pédale fort en ce moment pour organiser le scrutin du 20 septembre. L’organisme a bon espoir de respecter ses obligations linguistiques cette année, malgré quelques ratés à la dernière élection et son défi récurrent à recruter de la main-d’œuvre bilingue. 

Un service proactif en français sera offert dans les bureaux de vote à l’ensemble du pays, assure Marie-France Kenny, la conseillère régionale en relations médias d’Élection Canada.  

Dès votre arrivée au bureau de scrutin, Élections Canada se fera un devoir de respecter l’offre active bilingue. Autrement dit, vous allez être salué en anglais ainsi qu’en français. De plus, toutes les affiches que vous allez croiser sur votre passage seront écrites dans les deux langues officielles. 

Lorsque vous allez rencontrer le préposé au scrutin, vous devez lui spécifier que vous parlez en français et que vous voulez recevoir les instructions en français. 

Si aucun employé bilingue n’est présent, Marie-France Kenny explique qu’il y aura une solution :  «On va appeler à un numéro pour vous. Un fonctionnaire fédéral va vous répondre en français.» Au téléphone, il va vous expliquer la même démarche à suivre qu’il vous communiquerait en présentiel.  

Si le téléphone n’est pas disponible, Marie-France Kenny indique que le personnel va vous remettre un carton d’instruction. Celui-ci va vous permettre d’avoir «toute l’information dont vous avez besoin» pour bien comprendre la procédure de vote.

Andréanne Laporte, gestionnaire et Affaires publiques du Commissariat aux langues officielles, souligne que vous avez «le droit de recevoir des services dans la langue officielle de votre choix à chaque étape du processus de vote». Cela s’applique à tous les moyens de votation, c’est-à-dire par anticipation, par la poste ou en personne le jour du scrutin. 

Le défi du recrutement

Chaque élection fédérale, Élections Canada est toujours confronté au même défi en Alberta. Celui de «recruter de la main-d’œuvre bilingue pour travailler pendant les élections». 

Marie-France Kenny explique que les personnes qui s’expriment dans les deux langues officielles du pays sont très prisées dans les provinces majoritairement anglophones et que, souvent, elles sont indisponibles lors de la période électorale. 

Elle précise néanmoins que Élections Canada fait son possible afin de recruter des francophones et francophiles. Par exemple, en Alberta, un agent de recrutement travaille en collaboration notamment avec Accès-emploi pour pourvoir ces postes temporaires. On engage des citoyens canadiens de 16 ans et plus. 

Sensibilisé aux droits linguistiques

Avant le début de l’emploi, tous les futurs préposés au scrutin reçoivent une formation de trois heures durant laquelle la question des droits linguistiques est abordée. «Ce volet explique le droit des citoyens de voter dans la langue officielle de leur choix et indique comment s’acquitter des obligations à cet égard», relate Mme Kenny.  

Elle affirme que les préposés au scrutin anglophone sont sensibilisés aux droits linguistiques des francophones habitant dans les provinces où le français est la langue minoritaire. 

«On s’assure ainsi qu’on offre une forme ou une autre de service en français aux électeurs, c’est-à-dire soit en personne ou par téléphone ou par écrit», déclare Marie-France Kenny.

Portrait de Marie-France Kenny

Marie-France Kenny est conseillère régionale en relations médias pour Élection Canada. Crédit : Courtoisie

Les ratés de la dernière élection

À la suite des élections fédérales de 2019, cinq plaintes provenant de l’Alberta ont été déposées au Commissariat aux langues officielles en raison de l’absence du service en français offert dans les bureaux de scrutin. 

Le Commissariat a traité rapidement trois d’entre elles et les deux autres font toujours l’objet d’une enquête formelle. «Le secret des enquêtes nous empêche de les commenter», justifie Andréanne Laporte. 

La rédaction a pu s’entretenir avec l’un de ces plaignants. Il se remémore notamment qu’aucun employé ne l’a salué dans les deux langues officielles et qu’aucune alternative en français ne lui a été proposée lorsqu’il a demandé à être servi dans sa langue maternelle.  

Pour avoir plus d’informations sur les élections fédérales de 2021 : https://elections.ca/accueil.aspx

Si vous voulez témoigner de votre expérience prochaine concernant le service en français offert dans les bureaux de votes, n’hésitez pas à écrire à [email protected]

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