le Samedi 24 février 2024
Elle est arrivée dans ma vie bien avant que je n’arrive moi-même. Elle est arrivée avant que mes parents ne commencent leur famille et que leurs parents ne débutent la leur. Elle est arrivée en bateau directement d’Europe pour s’installer confortablement dans la maison de mes ancêtres et a réussi à y rester depuis toutes ces générations. Ma francophonie, inspirante et colorée, fait maintenant ses racines sur le sol albertain.
Originaire de la ville de Québec, ce n’est qu’à mon arrivée en Alberta, il y a maintenant près de 18 ans, que j’ai pris pleine conscience de la chance d’être bilingue. J’avais déjà cet atout précieux en arrivant, ce qui a facilité ma recherche d’emploi. Depuis, j’ai toujours occupé des postes bilingues. Le français a toujours été un atout dans mon parcours.

 

«Originaire de la ville de Québec, ce n’est qu’à mon arrivée en Alberta, il y a maintenant près de 18 ans, que j’ai pris pleine conscience de la chance d’être bilingue.»

 

Je me suis rapidement cherché des repères culturels et les ai trouvés au sein des Francos de la Bow, maintenant ACFA régionale de Canmore-Banff. Je me suis impliquée afin de partager avec ce merveilleux groupe de francophones nos nombreux intérêts communs comme la musique, la gastronomie et le plein air.

Au fil des années, mon implication a transcendé les limites de mon territoire et je compte plus de 10 années de bénévolat en tant que membre du conseil d’administration de nombreux organismes provinciaux d’importance. Encore une fois, mon expertise et mon amour de la francophonie me permettent de m’impliquer et de participer activement à son épanouissement.
Comme artiste, j’ai le bonheur et le privilège de «performer» partout dans cette belle et grande francophonie. J’y suis arrivée non seulement grâce à ma persévérance et à mon talent, mais aussi, indéniablement, grâce à ma francophonie.
Isabelle Cliche

Isabelle Cliche

Elle est tissée serrée cette communauté francophone et malgré la grande distance qui nous sépare, nous sommes vraiment très similaires. Nos écoles bourdonnent d’élèves curieux et dégourdis. Parmi nos professeurs, certains viennent d’arriver tandis que d’autres sont ici depuis longtemps et certains y sont même nés. Et cette même énumération est valide pour les parents et tous les autres membres de notre communauté francophone, tous territoires confondus.
J’aime penser que je contribue vraiment à ma francophonie par mon implication sociale, mais également grâce à mon art, mes formations et mes conférences dans les écoles ainsi que lors de mes spectacles dans les communautés. Je me vois en quelque sorte comme un pont entre le scolaire et le communautaire. Un pont qui élimine la distance entre les petits et les grands, entre les élèves et les enseignants, entre le scolaire et le communautaire, de Moncton à Vancouver.
Quel privilège que d’avoir le mois de mars pour célébrer notre belle culture francophone. Profitez-en pour découvrir de nouveaux artistes d’ici et d’ailleurs. Partagez vos coups de cœur avec votre famille, vos amis et votre réseau. Dites «Bonjour belle fleur!» à tout le monde, aujourd’hui.
Semez votre amour de notre belle langue et souriez. J’aimerais vous lancer un défi francoFUN pour les jours à venir. Racontez des blagues et RIEZ en français! Parce que le rire est une belle façon de répandre le bonheur d’être francophone.

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Quand j’étais petite et que j’habitais toujours la ville de Québec, mon père me lançait à chaque année sur un ton très joyeux : «C’est le printemps, les érables coulent!» Il n’avait pas besoin d’en dire plus, je comprenais rapidement que notre voyage annuel chez mon oncle Fernand serait pour le week-end prochain et j’en étais ravie. C’était la tradition d’aller visiter sa famille à Sainte-Marie de Beauce dans la région de Chaudière-Appalaches. Un trajet de deux heures nous attendait afin d’atteindre notre destination ultime : la cabane à sucre de mon oncle Fernand.

Elle était faite de bardeau de métal avec un toit rouge et on y voyait toujours de la vapeur sortir de la grande cheminée, signe que le temps des sucres était vraiment commencé. Pour nous accueillir, ma tante Rosalis sortait en courant dans le chemin de terre menant à la cabane. Elle était spéciale «matante», car elle devinait tout le temps la journée précise où on allait venir les visiter.

À chaque fois elle me disait qu’elle s’était réveillée avec cette idée-là que la grande visite de Québec viendrait aujourd’hui et qu’il fallait absolument bouillir du bon sirop pour eux autres. Elle avait un bel accent aussi sucré que leur fameux sirop… «Mononcle» Fernand aussi avait tout qu’un accent, je t’en passe un papier! En plus, il disait des expressions que je n’avais jamais entendues, alors je ne comprenais pas toujours ce qu’il m’expliquait et ça les faisait beaucoup rire.

« «Mononcle» Fernand aussi avait tout qu’un accent, je t’en passe un papier !»

Derrière la cabane nous attendait Noirot, un beau grand cheval qui était plus qu’heureux de nous aider à ramasser l’eau d’érable. Il traînait sur un attelage un immense baril qui nous permettait de partir très longtemps. Il y avait en tout 5 000 érables sur l’érablière et à chaque année, mon oncle et ses garçons partaient entailler les arbres afin de pouvoir collecter la délicieuse eau sucrée. Il y avait des arbres et des chaudières de métal à perte de vue. En raquettes afin de ne pas s’enfoncer dans la neige, nous allions d’un arbre à l’autre pour finalement verser le tout dans le gros baril. Après des heures de marche et quelques centaines de litres de sève dans notre baril, il était temps de retourner à la cabane se sucrer le bec.

Dès qu’on mettait les pieds à l’intérieur, on pouvait sentir le bon sirop qui bouillait déjà depuis des heures, bien avant qu’on arrive. La sève devait tout d’abord être filtrée, car il pouvait y avoir des indésirables comme des feuilles, des morceaux de bois et même des mouches mortes (Ouach!) Après être passée au fin tamis deux fois plutôt qu’une, l’eau d’érable devait être bouillie pendant des heures afin de caraméliser et devenir du vrai sirop d’érable. Dans la cuisine, ma tante Rosalis avait préparé des fèves au lard, des saucisses et des œufs dans le sirop d’érable… Quel régal!

«Dès qu’on mettait les pieds à l’intérieur, on pouvait sentir le bon sirop qui bouillait déjà depuis des heures.»

La journée ne pouvait être parfaite sans quelques bâtons de tire d’érable et mon oncle Fernand le savait. Il était le meilleur pour choisir le bon moment pour sortir sa sublime concoction. Dorée, sucrée et DÉLICIEUSE comme dans mes rêves… à chaque année, quand le printemps arrive et que les érables du Québec se mettent à couler jusque chez-nous en Alberta, je sais que c’est le temps d’un bon Party sucré!

Bon temps des sucres, tout le monde!

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IsaCliche est une artiste multidisciplinaire établie en Alberta depuis près de 20 ans. Une grande habituée du circuit jeunesse dans les écoles de tout l’Ouest canadien, IsaCliche nous fait découvrir maintenant un autre côté de sa personnalité colorée.

Dans quelques semaines à peine, il sera temps de sortir les pelles, les tuques et les mitaines afin de profiter des joies de l’hiver en famille. Encore une fois cette année, nous avons changé les pneus de la voiture juste avant de changer l’heure. Comme le veut la tradition, nous avons débuté la popote pour le temps des fêtes à la vue du premier petit flocon de neige. 

IsaCliche la Wonderful de Noël est fin prête pour les fêtes de fin d’année. Crédit : Courtoisie

Chaque famille a son classique de Noël : les beignes, les tartes et les pâtés, les sandwichs avec ou sans croûte, la fameuse tourtière aux mille et une variantes, les biscuits, les carrés et les crumbles, le sucre à la crème, la bûche de Noël… Chez moi, quand j’étais petite, c’était le moment parfait pour créer des moments mémorables avec ma mère, entre autres. 

Je me souviens combien j’aimais l’aider à cuisiner pour le buffet du réveillon. Pendant des fins de semaine complètes, on bardassait dans la cuisine, rayant un à un tous les items sur la longue liste de maman. C’est en faisant des tartes au sucre et de la crème fouettée avec ma mère que j’ai appris l’importance des traditions.

Pour que tout fonctionne comme prévu, chaque membre de la famille avait des tâches bien précises à effectuer. Chaque année, mon père avait comme première tâche de trouver le plus beau, le plus grand sapin de toute la ville. Il était toujours magnifiquement décoré avec des lumières multicolores et des boules scintillantes. Avec un grand souci du détail, mon père nous assignait tâche après tâche jusqu’à ce que toutes les décorations soient installées dans l’arbre. Cela prenait littéralement des heures à compléter. 

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Je me souviens d’une année en particulier où ma petite cousine avait voulu attraper une décoration en montant délicatement sur la pointe des pieds… pied qu’elle avait malheureusement perdu, entrainant dans sa chute le sapin illuminé et les centaines de boules maintenant plus éclatantes que scintillantes. Dire que cet incident a causé un petit moment malaisant dans notre soirée serait probablement juste et approprié. Malgré tout, mon père a continué de faire briller un sapin dans notre maison chaque année.

Pour moi, la plus belle des traditions, c’est le réveillon de Noël. Cette soirée tant attendue où toute la famille se réunit sous le même toit pour faire la fête. Pendant que les jeunes jouent à la cachette, les adultes sortent les cartes pour un tournoi improvisé dans la cuisine ou se préparent à danser et jouer au karaoké dans le salon. Vers minuit, ma mère sort le traditionnel buffet du réveillon et tout le monde se délect des petits plats que nous avons cuisinés ensemble. 

Après cet interlude gastronomique, la parenté est prête à reprendre les festivités. Et ça va continuer jusqu’aux petites heures du matin. Pendant toute la veillée, la famille va s’amuser, danser et rire aux éclats. 

Cette année, peut-être plus consciemment, je vais m’assurer de rendre honneur à toutes ces traditions familiales. J’ai finalement obtenu la liste complète du buffet de Noël de ma mère et je commence officiellement la popote avec mes enfants!

C’est tout en humour, en chanson et en magie qu’Isabelle la Wonderful vous fera vivre les fêtes cette année. Elle nous présente en collaboration avec Pierre Sabourin un spectacle virtuel pour le bonheur des jeunes et moins jeunes qui souhaitent célébrer en grand! Les deux acolytes vous proposent des nouveautés musicales, de la magie des fêtes ainsi que la joie de vivre contagieuse d’Isabelle la Wonderful et Pierre Noël! Info@AmazingSmileMakers.com