le Mardi 28 mai 2024

Le soleil s’est levé sur 2022 avec de l’espoir, mais aussi une dose d’hésitation. Comment le milieu culturel entamera-t-il cette nouvelle année? Du théâtre à la danse en passant par le cinéma et les arts visuels, les artistes ont hâte de regagner les planches, mais surtout de retrouver le public franco-albertain. Tour d’horizon avec le Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA), La Girandole, cInéMAGINE   et la Cité des Rocheuses.

Des idées plein la tête

«Avant les Fêtes, nous avons pu faire trois ou quatre événements et nous avons eu une belle réponse du public et des artistes. C’est une lueur de joie que de voir la communauté se mobiliser», s’enthousiasme Fabienne Mamane-Virani, directrice artistique du CAVA depuis tout juste quatre mois. Lorsque son poste au Campus Saint-Jean est coupé, la juriste ingénieure financière de formation, désirant rester en Alberta, laisse sa passion pour la culture la guider, ce qui la mène tout droit au Centre d’arts visuels. «J’ai une petite fibre artistique», admet Fabienne qui a «grandi dans un univers culturel riche» où son père gérait un café-théâtre-cabaret en plein cœur de Paris.

Fabienne Mamane-Virani est la directrice artistique du Centre d’arts visuels de l’Alberta

Fabienne Mamane-Virani est à la direction artistique du Centre d’arts visuels de l’Alberta depuis 4 mois. Crédit : Courtoisie

Le CAVA bouillonne d’idées de projets, ayant prévu plusieurs initiatives au cours des prochains mois. Le projet jeunesse Je suis, Je rêve, Je fais, qui combine slam, graffiti et danse, devrait prendre forme au printemps prochain s’il obtient le financement nécessaire.

Puis, dans le cadre de sa programmation annuelle, le CAVA propose aux aînés une série de 10 webinaires d’introduction à la couture, à la peinture à l’acrylique et à l’aquarelle. Ce projet est réalisé en partenariat avec la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA).

Un rendez-vous à ne pas manquer

«C’est probablement sa dernière exposition», nous avertit Raphaëlle Erdman, agente de programmation au CAVA, à propos de Jerry Berthelette. Maintenant âgé de 80 ans, l’artiste métis et francophone nous offre dans Voyage le travail d’une vie, retraçant l’histoire de ses ancêtres de la Rivière-Rouge jusqu’à Edmonton. Chaque tableau est accompagné d’un artefact historique sélectionné par l’artiste. L’exposition qui rallie réalisme et symbolisme est un véritable voyage dans le temps, comme le témoigne ce triptyque racontant l’histoire des Métis et de la chasse aux bisons. Jusqu’au 21 février 2022 dans l’espace exploration du CAVA.

Dans les coulisses de La Girandole

Le trac ressenti avant d’entrer en scène est aussi palpable chez Julianna Damer avant la rentrée des élèves en classe de danse. «C’est sûr que c’est un peu stressant de s’assurer que tout le monde est en sécurité, mais nous prenons les mesures nécessaires pour que les gens soient à l’aise», nous confie la directrice générale de La Girandole. Malgré une baisse du nombre d’inscriptions, son équipe se concentre sur l’essentiel : continuer à donner des cours de danse. Le cours le plus populaire de cette session est, au plus grand plaisir de Julianna Damer, celui de gigue canadienne-française. «Les gens sont encore intéressés à danser et à vivre leur culture de cette façon», souligne-t-elle.

«Les gens sont encore intéressés à danser et à vivre leur culture de cette façon.» Julianna Damer

Pour Julianna, un des plus beaux souvenirs de 2021 est certainement la Veillée qui a eu lieu le 10 décembre dernier. Cette soirée dansante a rassemblé plus de 70 personnes à l’extérieur de La Cité francophone à Edmonton. «Ça s’est vraiment bien passé! En plus, il faisait vraiment froid, mais les gens sont venus quand même», se réjouit-elle.

La Girandole est actuellement en train de concevoir des vidéos de danse, un important projet destiné aux écoles. «On sait qu’elles utilisent des vidéos de danse sur YouTube, alors c’est important pour nous d’offrir un produit local en français.» Un grand projet qui sera lancé cette année et dont la diffusion est destinée d’abord sur le plan local, mais qui aspire à s’élargir.

Silence, on tourne

Du côté de Lethbridge, c’est le concours de courts métrages qui occupe l’équipe de cInéMAGINE. Destiné aux élèves de 7e à 12e année et aux étudiants universitaires, ce projet a lieu depuis quatre ans en partenariat avec le French Language Centre (FLC) de l’Université de Lethbridge.

Cette année, le projet a obtenu un nombre d’inscriptions record, 62 pour être exact contre 30 en 2021. «Il y a deux choix de catégorie, le premier est un thème 100% libre et le second est la création d’une publicité d’un produit fictif ou réel», explique Jérémy Lebon. Mais attention, pour le second thème, ce doit être vraiment une marque fictive. «On ne veut pas voir la nouvelle paire de chaussures Nike», blague le directeur général de l’organisme. Les participants seront jugés sur le rendu technique, mais aussi sur la créativité et l’innovation. Les projets seront diffusés sur YouTube d’ici la fin mars.

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CInéMAGINE souhaite aussi pouvoir diffuser des films en salle bientôt et établira sa programmation en fonction du contexte sanitaire actuel en utilisant la rentrée scolaire comme indicatif. Il sera tout de même possible pour les cinéphiles de visionner des longs métrages en ligne, et ce, gratuitement dès janvier.

Le théâtre francophone de retour à Calgary

«On aurait pu avoir des choses, mais on a choisi de ne pas prendre de risque», souligne Arnaud Favier, directeur général adjoint de la Cité des Rocheuses de Calgary. «On espère qu’en février tout sera mieux», ajoute-t-il. Une chose est certaine, c’est que l’engouement pour le théâtre reprend dans la métropole albertaine. En effet, 27 participants font partie de ce projet communautaire qui rassemble la diversité de Calgary et qui réunit autant d’initiés que d’amateurs.

«On aurait pu avoir des choses, mais on a choisi de ne pas prendre de risque.» Arnaud Favier

La troupe communautaire travaille actuellement sur les Exercices de style de Queneau, où une même histoire est répétée plusieurs fois, mais toujours de manières différentes. Cette œuvre a été privilégiée puisqu’elle ne requiert que deux ou trois artistes sur scène et que la présentation des textes est formée de courtes interprétations. «Si on reste bloqué, cela sera possible de capter cela, explique Arnaud Favier. L’objectif est de présenter quelque chose au courant du mois de mai.»

La Cité des Rocheuses

«On espère qu’en février tout sera mieux», laisse entendre dans un soupir Arnaud Favier, directeur général adjoint à la Cité des Rocheuses de Calgary. Crédit : Sarah Therrien

Parmi les beaux coups de 2021, le directeur adjoint mentionne le passage du conteur Fred Pellerin et la diffusion du spectacle de Noël qui a réuni virtuellement 800 enfants albertains. Car malgré les défis et les soupirs de découragement, 2021 aura au moins permis aux artisans de la culture de s’équiper et de s’armer pour toutes les éventualités que 2022 apportera.

Alors que les montagnes et les villes s’enneigent, ressentez-vous cette envie viscérale de sortir vos décorations de Noël? Si ce n’est pas encore le cas, la chorale Les Chantamis partagera avec vous l’esprit des Fêtes lors de son concert «Noël ensemble». Du côté de Calgary, huit classes du Conseil scolaire FrancoSud présenteront leur amour de l’hiver dans le cadre d’un projet initié par le Portail de l’Immigrant Association (PIA). 

Une 55e saison pour Les Chantamis

Après un an de silence forcé, la chorale Les Chantamis renoue avec son public en offrant un concert sur le thème de Noël ensemble. «Ça nous prend des chansons joyeuses!», s’exclame Marie-Josée Ouimet, cheffe de chœur depuis 2007. «Nous avons choisi des cantiques de Noël que tout le monde connait en misant sur le traditionnel, mais aussi le gospel», précise-t-elle. Rappelons que la chorale Les Chantamis se distingue par son répertoire éclectique, allant de la musique folklorique au pop, en passant, parfois, par le classique. 

Habituellement, les choristes des Chantamis s’unissent à d’autres chorales afin de présenter un concert de Noël multigénérationnel. En raison de la pandémie, Mélodie d’Amour, une chorale composée d’aînés, ne s’est pas jointe à ce rendez-vous musical. C’est toutefois un retour marqué pour l’ensemble vocal Clé dirigé aussi par Marie-Josée Ouimet. 

Marie-Josée Ouimet est passionnée de chant choral. Elle a fondé, il y a 20 ans maintenant, l’ensemble vocal Clé et dirige la chorale Les Chantamis depuis 2007. Crédit : Courtoisie

En effet, cette année, l’ensemble vocal Clé fête son 20e anniversaire. Créé par Marie-Josée Ouimet, ce projet est le fruit d’un partenariat entre le Centre de développement musical (CDM) et le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN). Il permet aux élèves de 7e à 12e année «d’apprendre les bases qui sont nécessaires pour faire partie d’une chorale d’adultes». D’ailleurs, plusieurs anciennes choristes de Clé ont poursuivi leur parcours musical au niveau universitaire en se joignant notamment à la Chorale Saint-Jean. 

Malgré un recrutement de choristes et une rétention plus difficile pour ces deux chorales dirigées par Marie-Josée Ouimet, la Franco-Albertaine garde espoir et se réjouit de revenir tranquillement à une saison plus normale. 

Vous souhaitez assister au concert un Noël ensemble ? Il est toujours possible de vous procurer des billets au prix de 10$ en communiquant à l’adresse suivante : choralechantamis@gmail.com. Le spectacle aura lieu à la Robertson-Wesley United Church à Edmonton le samedi 4 décembre à 19h30. À noter qu’il n’y aura pas de billets en vente à la porte et qu’une preuve de vaccination ainsi que le port du masque seront exigés. Faites vite pendant qu’il en reste !

Les plus petits célèbrent l’hiver

«Nous avons ces deux ressources près de nous, pourquoi ne pas trouver un projet pour les mettre en valeur?», se questionne Céline Pétrisot, coordonnatrice du service parascolaire au Portail de l’Immigrant Association (PIA). En effet, l’organisme compte parmi son équipe deux passionnées de musique prêtes à s’impliquer. Le projet de chant choral est alors proposé au Conseil scolaire FrancoSud, un partenaire de choix pour l’organisation. «Deux écoles ont dit oui, motivées par cette nouvelle expérience», explique Céline. Il s’agit de Terres des jeunes et de l’École francophone d’Airdrie. 

Catalina Guevara Viquez Klein en répétition avec les enfants. Crédit : Courtoisie

Les plus jeunes de 1re et 2e année ont appris des comptines avec Asma Mityar, intervenante jeunesse au PIA, alors que les élèves de 3e et 4e année ont pu apprendre le chant choral avec Catalina Guevara Viquez Klein, bénévole au PIA. En tout, ce sont huit classes qui présenteront, vendredi 17 décembre, l’enregistrement de leur travail musical sous le thème de l’hiver. 

Tandis que certains élèves étaient plus réticents au projet, après quelques répétitions, «tout le monde s’exclamait en voyant les intervenantes!», souligne Céline, en riant. «On s’amuse d’abord!», précise Catalina, responsable des plus âgés. «C’est un petit projet de chansons qui permet d’apprendre des notions en musique. Je m’éclate dans ce projet», conclut-elle. 

À la rescousse de l’éducation musicale en français

Constatant un réel désert dans l’enseignement de la musique en français à Calgary, Catalina Guevara Viquez Klein a décidé d’agir par l’intermédiaire de sa Fondation Mount Parnassus. En effet, huit guitares ont été récemment données au PIA afin d’offrir des cours gratuits en français. Ainsi, dès le 4 décembre, treize élèves pourront apprendre les bases musicales en lien avec cet instrument. L’organisme souhaite également inclure des cours de piano; toutefois, le PIA est toujours à la recherche d’un piano afin de faire « vivre l’expérience sur un véritable piano et non un clavier », précise Catalina.

Grâce à Catalina Guevara Viquez Klein, la Fondation Mount Parnassus a pu offrir 8 guitares au PIA afin que celui-ci puisse offrir des cours gratuits en français aux enfants. Crédit : Courtoisie

«Il y a un manque de diversité; la francophonie n’est pas représentée. Je vois immédiatement un problème», souligne Catalina. En effet, la musicienne constate que les écoles francophones, particulièrement dans le sud de l’Alberta, sont dépourvues d’orchestres, de chorales et de groupes musicaux. Une réalité bien différente dans les établissements anglophones. C’est donc dans un esprit d’inclusion et de transmission que Catalina milite pour la représentation des francophones de toutes origines et pour l’enseignement de la musique en français.

Crédit : Courtoisie

Et 5, 6, 7, 8 ! C’est le temps de regagner les studios de La Girandole pour la nouvelle saison de cours de danse qui s’amorce. «On espère vraiment pouvoir faire un spectacle en théâtre en avril», souhaite Julianna Damer, la directrice générale par intérim. Alors que les défis de la saison passée restent palpables,  La Girandole se tourne vers l’avant avec espoir et rythme. 

«Pour moi, c’est un succès de pouvoir voir les enfants s’adapter à tous les changements», lance Julianna en faisant référence à la saison mouvementée de 2019-2020. Alors que les studios ont dû fermer, l’équipe professorale a poursuivi en ligne. Elle offrait ainsi la chance aux enfants de continuer leur apprentissage. 

Les jeunes danseuses du groupe Les Alouettes s’entrainent à l’extérieur pour le spectacle annuel. Leur danse a été présentée à l’extérieur pour mettre en valeur leur costume de meneuse de claques. Crédit : Courtoisie – La Girandole

La directrice, malgré un bel optimisme reste lucide quant à la situation actuelle : «Avec les cas qui augmentent, on reste informé et on garde l’option ouverte pour la pratique des cours sur Zoom.» 

Retrouver la danse

Les plus jeunes pourront retrouver l’offre habituelle de cours. Ils pourront ainsi pratiquer la danse Canadienne française, la comédie musicale et le ballet/jazz. Pour les adultes, c’est le retour des cours de Zumba en formule hybride (en présentiel, mais aussi en virtuel), qui permet aux gens de l’extérieur d’Edmonton de s’inscrire. «J’encourage ça ! Si les gens sont à Falher ou à Saint-Paul, ils peuvent participer», s’enthousiasme la directrice. 

Olivia Leclerc enseigne à La Girandole depuis maintenant sept ans. Cette année, elle prendra en charge le cours de danse traditionnelle des 9-11 ans. «Cela fait une grande différence d’être en personne pour la gigue, qui est une danse percussive», précise-t-elle. 

Olivia Leclerc, lors de la production SaiZons (2017) de Zéphyr. Crédit : Mark Whittington

Il y aura au maximum neuf élèves dans les classes de danse, un effectif diminué qui est loin des habitudes de ceux qui les enseignent. Mais «ce n’est pas la fin du monde», rassure Julianna qui voit dans cette mesure sanitaire un bienfait pour celles et ceux qui vont y participer. Les élèves auront ainsi plus de place pour bouger et certainement un peu plus d’attention de la part de l’enseignante. 

Un effectif qui se bonifie et de nouveaux défis

Cette saison, deux nouvelles enseignantes se joignent à l’équipe, Aline Dupuis-Gervais et Rheannon Lockey. Alors que la première revient à La Girandole après plusieurs années d’absence, la seconde est une Edmontonienne ayant vécu en Ontario. C’est avec grande joie qu’elles sont accueillies par les autres membres de l’école de danse, ravis d’élargir leur équipe.  

Une jeune fille du groupe de Comédie Musicale qui chante lors de la session d’enregistrement des voix en partenariat avec le Centre de développement musicale. Crédit : Courtoisie – La Girandole.

Julianna Damer, elle, entame sa deuxième saison comme directrice de La Girandole, laissant dernière elle une année particulière, mais stimulante. «Je suis vraiment très heureuse. Tous ces défis ajoutent de l’intérêt à l’apprentissage d’un nouveau poste. 

Cela m’a poussé à penser les choses d’une nouvelle façon», explique-t-elle. La jeune femme, qui est aussi photographe, a particulièrement apprécié ce transfert au numérique. En effet, le fait de présenter la danse sous une formule virtuelle lui a permis d’exercer ses talents d’artiste visuel. 

Des nouvelles de la troupe Zéphyr

«Nous avons décidé de prendre une pause», explique Olivia Leclerc qui fait partie de Zéphyr depuis 2013. Une décision qui fait suite au manque d’oppportunité pour la troupe de monter sur scène durant la pandémie. 

Capture d’écran du spectacle annuel 2021, Rassemblés par la danse, présentant deux danseuses de Zéphyr Jr. Crédit: Courtoisie – La Girandole

Même si l’année a été difficile et qu’elle a poussé la troupe hors des projecteurs, les membres de Zéphyr prévoient un retour graduel avec notamment une participation aux festivals Deep Freeze et Canoë volant. 

Covid ou pas covid, «c’est bien d’avoir la danse ou une activité créative, autant pour les enseignants que pour les enfants», souligne Olivia en ajoutant «en ligne ou en personne, c’est bien de se retrouver et de se rassembler avec la danse».

Il est possible de s’inscrire aux cours de danse jusqu’à la fin septembre, tant qu’il y aura de la place !

Aux origines de la danse canadienne-française

La danse canadienne-française est un style traditionnel de gigue enseigné par La Girandole depuis ses débuts. En groupe, avec un partenaire ou seul, cette danse folklorique est inscrite dans l’histoire des Franco-Albertaines. En effet, depuis le XXe siècle, lors des fêtes, les familles utilisaient la danse pour célébrer une occasion spéciale. Si l’histoire vous intéresse, le document Historique des troupes de danse folklorique franco-albertaine préparé par la Société historique francophone de l’Alberta à la demande de La Girandole est pour vous. Il est disponible sur le site web de l’association.

Jonglerie, diabolo, fil de fer et échasses étaient au programme du premier camp de cirque francophone de la compagnie Green Fools. Les tout nouveaux locaux du Studio G à Calgary ont accueilli, du 23 au 27 août, 8 enfants âgés de 8 et 13 ans qui ont pu apprendre ou consolider leur technique en cirque.

IJL – Franco.Presse – Le Franco

«Nos locaux étaient prêts pour l’ouverture en mars 2021», explique avec déception Maggie Mackenzie, responsable du marketing. Malheureusement, le contexte actuel a gardé les portes des studios fermés. Des studios qui allaient devenir le premier lieu physique de la compagnie. En effet, depuis sa fondation en 1991, celle-ci avait l’habitude de se déplacer dans la province pour des ateliers ou des performances. 

Le groupe de jeunes se coordonnent pour un nouveau numéro en équilibre sur des bidons. Crédit : Sarah Therrien.

C’est en respectant les consignes sanitaires que la compagnie a pu proposer un camp de cirque, une grande satisfaction pour Maggie: «juste qu’on ait pu faire les camps d’été c’est excitant».  Anne-Marie Hivert, enseignante francophone, a relevé le défi avec enthousiasme. La formatrice a pu partager ses connaissances aux élèves inscrits en français. «Les enfants ont soit un parent francophone ou sont eux-mêmes en immersion», explique-t-elle. 

Anne-Marie Hivert était l’enseignante du camp de cirque francophone. Crédit : Sarah Therrien

Une passion qui se transmet

«J’adore le cirque !» Ce ne fut donc pas une décision difficile pour Sylvie d’inscrire ses enfants Julie et Tom. La maman a d’ailleurs enseigné il y a quelques années à Tom la jonglerie, une activité qu’il a eu l’occasion de perfectionner lors du camp. Julie, pour sa part, est particulièrement douée pour l’équilibre sur ballon. Elle est parvenue à faire jusqu’à cinq tours de la salle de cours sur son ballon mauve. 

Il y a quelques années, Tom a appris la jonglerie de sa maman Sylvie. Crédit : Sarah Therrien

Les jeunes artistes circassiens apprennent vite, ça s’observe. Tom, très à l’aise sur les échasses les plus hautes disponibles ce vendredi, en avait fait pour la première fois le lundi précédent. Les enfants se lancent avec courage dans l’apprentissage de nouvelles habiletés avec Anne-Marie toujours prête à les aider. 

Les enfants se lancent avec courage dans l’apprentissage de nouvelles habiletés, avec Anne-Marie toujours prête pour les aider. Crédit : Sarah Therrien.

Julie et Tom ont tellement apprécié leur expérience que leur maman Sylvie les a inscrits à un camp aérien de six semaines à l’automne, en anglais cette fois. Mais puisque la demande est au rendez-vous, l’équipe de Green Fools évalue la possibilité d’offrir d’autres camps en français prochainement.

Julie est particulièrement douée pour l’équilibre sur ballon. Elle est parvenue à faire jusqu’à cinq tours de la salle de cours sur son ballon mauve. Crédit : Sarah Therrien

L’appel du cirque

«J’ai commencé à 7 ans et je suivais des cours tous les samedis», se rappelle Anne-Marie Hivert dont la spécialité est le tissu aérien : un enchaînement de figures acrobatiques en lévitation avec deux bandes de tissus accrochées au plafond. 

Julie et son camarade se déchaussent de leurs échasses. Crédit : Sarah Therrien.

Grâce à son parcours multidisciplinaire, Anne-Marie est en mesure d’enseigner «un peu de tout au niveau débutant». Cela lui plaît particulièrement, car «c’est dans l’esprit du cirque de toucher à tout». C’est d’ailleurs pour enseigner le cirque que l’artiste a déménagé à Calgary, il y a trois ans. Un changement positif, car les différents besoins de Green Fools lui offrent la possibilité d’enseigner et de performer, lorsque la situation le permet. 

Olivia s’adonne au jonglage avec des foulards. Crédit : Sarah Therrien

Pour Pascal Butt-Vallières aussi, les premiers pas au cirque remonte à l’enfance : «j’ai commencé à 6 ans avec Green Fools dans un camp et j’ai continué chaque été», précise-t-il. L’artiste dont la spécialité est le fil de fer et la jonglerie fait partie de la compagnie de Green Fools depuis environ 12 ans. 

Pascal Butt-Vallières l’explique, «j’ai commencé à 6 ans avec Green Fools dans un camp et j’ai continué chaque été». Crédit : Courtoisie

C’est notamment l’aspect familial et convivial qui plaît à Pascal. Il souligne que «tout le monde se connaît dans la compagnie et chaque fois que tu y retournes tu peux parler et échanger. Ce n’est pas juste une compagnie, mais une famille».

La carrière de Pascal et d’Anne-Marie a débuté, sans le savoir, lorsqu’ils n’étaient que des enfants. Aujourd’hui, alors qu’ils n’en sont qu’à leurs premiers pas dans ce monde féérique, les 8 élèves entament peut-être, eux aussi, une longue carrière artistique. «Les activités du cirque donnent le courage d’essayer de nouvelles choses» partage Pascal. Il est d’ailleurs persuadé que le camp aura des bienfaits dans plusieurs sphères de la vie des enfants. 

Selon le Rapport sur les prix alimentaires canadiens, le coût de tous les produits alimentaires pourrait augmenter jusqu’à 5 % en 2021. Un phénomène qui n’a pas rendu l’épicerie éphémère, le Marché solidaire, indifférente. L’équipe du Centre d’accueil francophone et ses partenaires ont répondu au cri du cœur des plus vulnérables. 

IJL – Franco.Presse -Le Franco

Un soleil radieux brillait sur la Cité de Rocheuses de Calgary pour le premier Marché solidaire organisé pour la rentrée. Les bénévoles en ont ainsi profité pour jumeler deux programmes offerts par les organismes francophones. 

Alejandra Aracena, coordinatrice au Centre d’accueil francophone de la Cité des Rocheuses. Crédit : Sarah Therrien.

C’est donc le 28 août dernier qu’en plus des fruits et des légumes, des sacs à dos remplis de fournitures scolaires ont été offerts aux personnes dans le besoin. Les efforts du Centre d’accueil francophone et de ses partenaires le Centre d’appui familial, le Réseau santé albertain, le conseil scolaire Francosud et de la Paroisse Saint-Famille ont permis de rejoindre 75 familles et 151 enfants venus de toute l’agglomération.

Alors qu’il est attendu que les conséquences COVID-19 continu d’avoir un impact sur le prix des aliments, les organismes francophones responsables du Marché solidaire se retroussent les maches pour y remédier. Crédit : Sarah Therrien

«La rentrée scolaire c’est toujours difficile pour les parents avec de difficultés économiques»,  souligne Alejandra Aracena, coordinatrice du Marché Solidaire. «On a jumelé le marché avec un autre programme qu’on a tous les ans, la distribution de sac à dos avec des fournitures scolaires, en partenariat avec Stephan’s backpack society qui nous fournis les sacs, et nous on les distribue aux familles», poursuit-elle.

«On a jumelé le marché avec un autre programme qu’on a tous les ans, la distribution de sac à dos avec des fournitures scolaires, en partenariat avec Stephan’s backpack society», explique Alejandra. Crédit : Sarah Therrien

Grâce aux dons recueillis lors du Marché solidaire de septembre 2020, l’équipe a pu acheter des paniers de fruits et légumes à l’organisme Fresh Root, qui offre ces denrées à faible coût. En raison de la situation sanitaire, les inscrits ne peuvent pas choisir les aliments à emporter. 

Céline Bossé, agente pour Réseau santé albertain, s’ennuie de la formule «marché» où chacun pouvait choisir ce qu’il souhaitait emporter. Crédit : Sarah Therrien

La formule de marché est donc mise de côté au profit du panier, ce que déplore Céline Bossé, diététiste et membre du Réseau santé albertain. «Avec le panier, on ne sait pas s’ils savent comment cuisiner ces aliments», souligne-t-elle en ajouter que cette formule demande plus de travail, car il faut faire des emballages individuels.

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Une nouvelle clientèle

«La pandémie a aidé certaines familles qui avaient un salaire moindre que le 2 000$ que [le gouvernement] donnait par mois. Par contre, d’autres familles qui gagnaient beaucoup plus se sont retrouvées sans emploi», explique Alejandra Aracena. 

Le jeune Mamoun a accompagné sa maman Meriam, conseillère au Centre d’accueil francophone pour la journée. Assigné à la table de fruits et de légumes, il a pu aider avec joie Céline Bossé pour la distribution des sacs. Crédit : Sarah Therrien

En effet, au mois de juillet, le taux de chômage de l’Alberta se situait en quatrième position au pays. Comme l’observe l’équipe, c’est une nouvelle clientèle qui requiert les services du marché solidaire. Marie-Ève fait partie de ces nouvelles personnes qui profitent de ce moment de générosité. Maman d’un garçon qui entrera en quatrième année est ravie du contenu des sacs. Est-ce que cela sera utile ? «C’est sûr que oui», s’exclame-t-elle sans hésiter. Elle s’est d’ailleurs déjà inscrite pour le Marché solidaire de Noël.

Damien du Centre d’appui familial était chargé d’inscrire les familles pour le prochain Marché solidaire à noël. Crédit : Sarah Therrien

Pour Hélène aussi, il s’agit de sa première visite au marché. Elle a entendu parler de l’événement par son garçon qui fréquente l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys. «Mes enfants aiment lire», souligne-t-elle en voyant les bacs de livres à donner fournis par la bibliothèque du Centre d’appui familial. 

Hélène est ravie de pouvoir choisir parmi ses livres gratuits car ses enfants raffolent la lecture. Crédit : Sarah Therrien

Quatre bougies à souffler en décembre

Comment le marché solidaire a-t-il démarré ? «C’est vraiment une belle histoire», répond Alejandra, la coordinatrice du Marché Solidaire, en riant. Elle qui a grandi au Québec a connu «les Magasins-Partage». Un regroupement de 721 magasins qui aident au développement de la sécurité alimentaire sur l’île de Montréal. 

Grâce aux dons recueillis lors du Marché solidaire de septembre 2020, l’équipe a pu acheté des paniers de fruits et légumes de l’organisme Fresh Root, qui offre ces denrées à faible coût. Crédit : Sarah Therrien

Alors lorsqu’elle arrive en Alberta, «j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de ce genre d’organisme. J’ai pris toutes les informations et on l’a adapté aux besoins de notre communauté». C’est ainsi que cela a commencé! 

Au mois de juillet, le taux de chômage de l’Alberta se situait en quatrième position au pays. Comme l’observe l’équipe, c’est une nouvelle clientèle qui requiert les services du Marché. Crédit : Sarah Therrien

Alors qu’il est attendu que les conséquences COVID-19 continuent d’avoir un impact sur le prix des aliments, les organismes francophones de Calgary se retroussent les manches pour y remédier. «Le marché solidaire c’est pour servir la communauté francophone», conclut Alejandra Aracena.

Pour plus d’informations :

Le Rapport sur les prix alimentaires canadiens 

La Cité de Rocheuses de Calgary 

Le Marché solidaire 

La cohorte entièrement féminine de Polyfonik a fait rayonner une fois de plus le talent franco-albertain. Malgré les restrictions qui ont empêché un vaste public, le concours musical fut diffusé en ligne le 23 juillet. «Une année record par le nombre d’inscriptions», mentionne Paul Cournoyer, coordonnateur au Centre de développement musical (CDM). Quatre d’entre-elles ont été retenues.

La musique pour changer des vies

«Quand je chante, je ne veux pas que les gens disent «Belle voix!», je veux pouvoir passer un message de paix et d’amour», explique Priscila Bieni, gagnante du concours.  Elle décrit son style musical comme ayant «beaucoup de couleurs, avec un message qui touche le cœur». Un message qui a d’ailleurs changé depuis un an ce qui coïncide avec sa conversion dans la foi «le style n’a pas changé, mais surtout les paroles et le but en tant que chanteuse», précise-t-elle.

La gagnante de Polyfonik 2021, Priscila Bieni décrit son style musical comme ayant «beaucoup de couleurs, avec un message qui touche le cœur». Crédit : Julianna Damer

La gagnante de l’édition 2021 de Polyfonik a particulièrement apprécié le parcours d’apprentissage, mais souligne que «ce n’est pas évident de faire un atelier d’écriture en ligne». 

Crédit : Julianna Damer

Des projets pour la prochaine année? «Lancer mon premier album et tout représenter ce que je suis dans cet album», conclut Priscila. 

Performeuse habituée

Amélie Préville connaît bien la scène musicale albertaine notamment grâce à ses participations au Galala, La chicane et à la Fête Franco. «Je suis dans la musique depuis pas mal toute ma vie, ma mère donnait des cours de musique chez nous», explique-t-elle. La jeune musicienne reçoit le Prix du public avec honneur, « c’est valorisant de voir que le public apprécie mon art. »

Amélie Préville remporte le Prix du public lors de Polyfonik 2021. Crédit : Julianna Damer

Polyfonik fut un défi d’adaptation pour Amélie, particulièrement «s’adapter à faire un show pour la caméra», alors qu’elle est habituée à recevoir l’énergie du public. 

Crédit : Julianna Damer

Mais qu’en est-il de son prochain projet ? «Mon premier single va sortir assez vite. Wild flowers est une collaboration avec Sympa César qui sera disponible sur toutes les plateformes», déclare-t-elle avec enthousiasme. 

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Après Isabelle la Wonderful, voici Isa Cliche

Isabelle Cliche en est à sa deuxième participation à Polyfonik. «Cette année, la principale différence est qu’on ne s’est pas rencontré. Le spectacle à la fin fut la première expérience auditive des autres participantes», précise-t-elle. «Gagner Polyfonik pour moi ça ne change pas grand-chose, mais gagner la meilleure chanson c’est le plus important», confie Isabelle qui a remporté le Prix Ronald Tremblay pour sa chanson J’ai besoin d’air.

Isabelle Cliche a remporté le Prix Ronald Tremblay pour sa chanson J’ai besoin d’air.
Crédit : Julianna Damer

Isa Cliche décrit son style musical comme étant rock, folk pop, mais elle ne se limite pas ! «C’est pas parce que je ne l’ai pas fait que je ne le ferais pas », lance-t-elle en riant. Son plus grand rêve ? «Faire des shows de variétés en Europe», dit-elle sans hésiter. 

Crédit : Julianna Damer

Un processus psychologique d’abord et musical ensuite

«C’était la première fois que je chantais devant des personnes» souligne Émilie Ringuette. Celle-ci baigne en effet dans la musique «depuis toujours», d’abord dans l’instrumental au piano et plus récemment au chant. Polyfonik fut pour elle une chance unique de pouvoir travailler sa voix avec des coachs, comme Marie-Josée Ouimet. 

«C’était la première fois que je chantais devant des personnes», souligne Émilie Ringuette.
Crédit : Dawn Wickhorst

«Une fois arrivé [au spectacle] le stress montait, montait, montait», mais Émilie ajoute qu’une fois sa mère et son copain repérés dans l’assistance, elle put se détendre. «C’est comme si je chantais juste pour eux !» Des projets pour la prochaine année ? «Je veux continuer à écrire des chansons et continuer à travailler celles que j’ai déjà écrites. J’aimerais être capable de m’accompagner au piano et au ukulélé». 

Crédit : Dawn Wickhorst

Le vent dans les voiles pour le CDM

L’agenda du Centre de développement musical sera bien rempli pour les mois à venir. La Chicane albertaine proposera un album de compilations regroupant les performances des 9 jeunes artistes sélectionnés d’un peu partout dans la province.  Le Galala reviendra sous forme hybride, mélangeant captation et spectacle. Les jeunes et moins jeunes sont invité à s’inscrire dès la mi-septembre. À la fin août, le CDM ainsi que 8 des 10 artistes iront présenter l’album Hivernation au Festival d’été francophone de Vancouver. 

Plus de détails seront à venir !

Depuis près de 50 ans, les campeurs francophones et francophiles du Parc Beauchemin se réunissent à la fin du printemps. Le camping de 48 emplacements, administré par la Société franco-canadienne de Calgary (SFCC), est situé à l’ouest de Millarville. Le 24 juillet dernier, la fête de Noël était célébrée… mais en français bien sûr. 

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Après un voyage en voiture d’environ 50 minutes de Calgary, les gratte-ciel laissent tranquillement place aux plaines garnies de balles de foin. Le chuchotement de la rivière Three point creek fait rapidement oublier le brouhaha des automobiles. La route de terre qui mène au Parc Beauchemin est une promesse de tranquillité, un chemin qui mène à un village francophone méconnu. 

La distribution des cadeaux, un moment très attendu par les enfants au camping. Crédit : Sarah Therrien.

Noël en juillet est une tradition québécoise célébrée dans les campings. Le Parc Beauchemin ne fait pas exception. En cette journée chaude du 24 juillet, les résidents ont sorti leur décoration et leur musique de Noël. Le clou du spectacle est l’arrivée du père Noël, synonyme de distribution de cadeaux pour les enfants. À l’intérieur de la salle communautaire, la bonne humeur est contagieuse lorsque les campeurs de tous âges se réunissent autour du sapin décoré. 

Guy et sa femme Cherry à l’emplacement 12, continuent d’aménager leurs installations, année après année. Crédit : Sarah Therrien.

Esprit de communauté francophone préservé

Le camping partage la mission de la Société franco-canadienne (SFCC). «Il est là pour favoriser la culture francophone et encourager les gens à parler français», souligne Stella Bergeron, présidente de la SFCC depuis juillet 2020. «C’est une bonne façon pour les enfants d’apprendre un autre vocabulaire que celui qu’ils apprennent à l’école», poursuit-elle. Tous les campeurs sont liés certes par leur amour du plein air, mais aussi par celui de la langue française. 

Stella Bergeron est la présidente de la Société franco-canadienne de Calgary (SFCC) depuis juillet 2020. Crédit : Sarah Therrien

Gilles, un ancien résident du Parc venu rendre visite à sa fille, est nostalgique. «On a vraiment eu du bon temps ici », lance-t-il. Il se rappelle les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste de l’époque où le soir, «vers 10-11h, on commençait les partys parce que les enfants étaient couchés». 

Au Parc depuis 20 ans, Guy et sa femme Cherry ont relié leur roulotte à une rallonge, doublant ainsi la superficie habitable. Crédit : Sarah Therrien

La présidente de la SFCC, elle-même campeuse au Parc, met en lumière l’esprit de communauté. Elle souligne l’importance de créer «des liens avec des francophones, surtout quand tu es loin de ta famille». Cet esprit de fraternité est palpable et continue de s’alimenter avec le rajeunissement des campeurs. «À une époque, la moyenne d’âge était de 74 ans», mentionne Stella. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes familles décident de s’installer au Parc Beauchemin pour l’été. 

2013, une année gravée dans les mémoires

Derrière l’atmosphère festive de cette journée de Noël, le souvenir des inondations de 2013 n’est pas très loin. Certains ont tout perdu lorsque le courant de la rivière Three point creek a emporté fosses septiques, roulottes et mobiliers. Stella Bergeron précise que le Parc se situe sur une zone inondable, et qu’en 2005 un pareil scénario s’était produit au camping.  

La rivière Three point creek serpente derrière le camping. Crédit : Sarah Therrien

Malgré les embûches, les résidents estivaux demeurent attachés à ce lieu. Comme Doycle, qui habite l’emplacement numéro 6 depuis 20 ans, mais qui a dû attendre 6 ans pour avoir ce lot tant désiré. Il faut savoir qu’une fois dans le parc, il est possible de se mettre sur une liste d’attente pour changer d’emplacement. 

Un deuxième chez-soi 

L’objectif est «d’éviter les rangées d’oignons», précise Stella. Le Parc Beauchemin se disperse sur 16 âcres, laissant aux campeurs le loisir d’aménager leur petit lopin de terre à leur guise. C’est exactement ce qu’a fait Guy et sa femme Cherry à l’emplacement numéro 12. Au Parc depuis 20 ans, le couple a relié leur roulotte à une rallonge, doublant ainsi la superficie habitable. 

À l’emplacement 6, Docyle possède une cour arrière à faire des jaloux : hamac, balançoire, mais la campeuse nous prévient qu’elle n’a «pas fini de nettoyer».

Fière, mais humble, Docyle possède une cour arrière à faire des jaloux : hamac, balançoire, mais la campeuse nous prévient qu’elle n’a «pas fini de nettoyer». Car il ne faut pas se leurrer, entretenir son emplacement demande beaucoup de travail physique tout au long de l’été et aussi à l’ouverture et à la fermeture de la saison de camping. Un travail que Doycle assure elle-même, «elle travaille comme un petit jeune de 17 ans», s’exclame Stella, avec admiration. 

Mario et sa femme Tracy de l’emplacement 7 sont une des familles pionnières du Parc Beauchemin. Crédit : Sarah Therrien.

Un peu d’histoire

En 1972, le docteur Léon-Omer Beauchemin donne à la Société franco-canadienne de Calgary les terres sur lesquelles se trouve actuellement le camping. L’homme était un véritable pilier de la francophonie à Calgary, notamment par son implication comme président de l’AFCA et à la paroisse Saint-Famille qu’il a cofondée. Léon-Omer Beauchemin était également le médecin du Père Lacombe jusqu’à sa mort. En plus du camping qui porte son nom, le docteur laisse un héritage impressionnant à la francophonie albertaine. 

Le 12 juin dernier, L’UniThéâtre présentait une première traduction de Métis Mutt. Un texte écrit au début des années 2000 par le natif de Rivière-la-Paix, Sheldon Elter. Cette pièce autobiographique parcourt la quête identitaire d’un jeune homme métis déchiré entre deux cultures. Interprétée par Colin Wolf, la lecture publique ouvre la porte au théâtre autochtone et l’importance de la langue dans le sentiment d’appartenance à une culture.

IJL-Franco.Presse-Le Franco

«Je voulais quand même faire un statement qu’il faut continuer à diversifier notre théâtre. Je ne pense pas que ça devrait se passer seulement pendant le mois de juin, c’est toute l’année», souligne Vincent Forcier, directeur artistique de L’UniThéâtre à Edmonton. Car, même si le mois de juin est marqué par la célébration nationale de l’histoire autochtone, il souligne que L’UniThéâtre n’a pas besoin de prétexte pour faire rayonner le théâtre de cette communauté. 

En tant qu’homme métis, Sheldon Elter nous fait part dans Métis Mutt de la lutte qui l’a déchiré entre deux cultures, lui qui partage des origines mohawks, cris et canadienne-française. Crédit : Ryan Parker

C’est aussi sa façon d’ouvrir la porte aux jeunes artistes autochtones qui ne trouvent pas où aller pour écrire une pièce et se faire produire. «J’essaie d’ouvrir la porte en prenant des pièces que je connais déjà, qui ont déjà eu du succès en anglais [puis] les traduire. J’aimerais vraiment [] aider à développer des pièces autochtones, mais aussi des pièces diverses de toutes les cultures», poursuit Vincent Forcier.

Une lutte dichotomique

En tant qu’homme métis, Sheldon Elter nous fait part dans Métis Mutt de la lutte qui l’a déchiré entre deux cultures, lui qui partage des origines mohawks, cris et canadienne-française. L’homme de théâtre qui est aussi humoriste, expose sans pudeur sa quête identitaire, de son enfance à l’âge adulte, où il a pu «venir à bout de [son] propre racisme intériorisé.»

Colin Wolf, directeur artistique du Gwaandak Theater au Yukon, a fait la lecture en français de la pièce Métis Mutt le 12 juin dernier. Crédit : Courtoisie L’UniThéâtre

Un travail très personnel que Colin Wolf, directeur artistique du Gwaandak Theater, a pu mettre en voix, lui-même métis aux origines francophones. Une performance qui comporte plusieurs défis notamment puisqu’un seul acteur assure l’interprétation. 

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Retrouver son français

«C’est très difficile pour moi de m’être fait voler toutes mes langues, pas seulement le cri, mais aussi le français», partage Sheldon Elter en introduction à la lecture. «Je pense que les francophones comprennent aussi bien que les autochtones, que les langues sont importantes», enchaîne-t-il. La traduction de sa pièce en français est pour lui un honneur immense puisque c’est une façon de se reconnecter à son héritage francophone.

La traduction du texte fut pour Josée Thibeault un honneur, mais aussi un défi et une source de questionnements en amont du processus de traduction. «Est-ce que j’ai le droit, moi Josée Thibeault, francophone d’origine québécoise, de traduire le texte d’un albertain métis ?» Ces interrogations se sont estompées très vite, «on s’est rapidement dit qu’il faut enlever tous ces doutes, et j’ai essayé de le faire avec le plus d’ouverture et d’humilité possible». 

Puisque le texte est écrit dans un langage familier, Métis Mutt se veut proche de son public, permettant ainsi de se reconnaître dans le personnage principal, peu importe notre origine culturelle. Josée Thibeault a d’ailleurs apporté une attention particulière à la standardisation du français afin de permettre aux francophones de tous horizons de comprendre les références.  

Tout comme Sheldon Elter, Colin Wolf partage cette reconnaissance de pouvoir s’immerger à nouveau dans le français par le théâtre.

Il nous fait danser, chanter et taper du pied avec ses mélodies, mais bientôt vous pourrez faire tout cela en français. Le musicien country Jake Mathews retourne à ses racines francophones avec la composition de quelques chansons dans la langue de Molière dont la sortie est prévue pour la fin de l’été.

À son arrivée en Alberta il y a 20 ans, Jake Mathews a de la difficulté à repérer la communauté francophone, «c’est de là que j’ai décidé de commencer ma carrière de musique country en anglais», précise-t-il. 

Depuis environ 3 ans, le chanteur songe sérieusement à faire de la musique en français. «Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique en anglais en Alberta», mais son désir de renouer avec ses racines est très fort. «J’ai contacté un de mes amis qui est aussi un artiste francophone, Chuck Labelle, et puis on a commencé à écrire des chansons ensemble.»

L’appel de la musique

«J’ai toujours chanté», se souvient Jake Mathews qui vient d’une famille nombreuse. «Mon père était le cinquième de vingt!» C’est par le désir de chanter avec ses oncles et tantes que le musicien développe une passion pour la musique country. «J’ai toujours aimé le style country, les chansons et l’histoire dans la musique.» Parmi les artistes qui l’ont le plus influencé se trouve le Texan Georges Strait, aussi connu sous le nom de «king du country».

Pour durer en musique, il faut constamment se réinventer et après deux décennies de carrière, Jake Mathews en sait quelque chose. Crédit : Courtoisie

Originaire de Val-Caron, petite ville au nord de Sudbury en Ontario, l’artiste est scolarisé en français jusqu’à sa première année d’université où il sera diplômé d’un BAC en science. Avant de débuter sa carrière de musicien, il décroche un emploi dans le domaine minier: «je faisais des tests donc j’étais souvent dehors dans le nord de l’Ontario, pendant l’hiver, à -35». Jake se rend alors compte que ce n’est pas ce qu’il veut faire de sa vie. 

Il met donc, avec un ami, le cap sur l’Ouest, d’abord pour visiter, mais de fil en aiguille pour rester et commencer sa carrière: «j’ai tellement aimé ça que j’ai décidé de rester un peu plus longtemps», raconte-t-il. De là, il rencontre le monde local de la musique country.

Le choix de Jake

La prochaine fois que vous emprunterez les routes albertaines, Jake Mathews vous conseille de mettre à la radio ses chansons Beer Necessities et Road on the radio.

Originaire de Val-Caron, près de Sudbury, en Ontario, Jake Mathews fut scolarisé en français jusqu’à sa première année d’université. Crédit : Courtoisie

Le secret de la co-écriture

«La première chanson que j’ai lancée à la radio, c’était en mars 2001, [] elle s’est rendue jusqu’au top 20 du Country music chart du Canada», se souvient l’auteur-compositeur-interprète, «c’est à ce moment que je me suis dit «oh bin! Peut-être que j’ai une bonne chance de faire ça comme carrière «», ajoute-t-il en riant. 

Habitué à la co-écriture, Jake Matthews a tout de même composé la plupart de ses chansons. Il fait d’ailleurs de nombreux aller-retours Calgary-Nashville afin d’écrire de la musique pour d’autres artistes. La co-écriture demeure un processus créatif qu’il apprécie, car elle favorise l’échange d’idées. Toutefois, cela comporte aussi des défis: «il ne faut pas qu’il y ait de murs [entre les deux compositeurs]. Il faut être complètement ouvert. Sans ça, je ne pense pas que tu puisses écrire une bonne chanson». L’interconnexion entre les deux auteurs est donc primordiale à l’écriture d’une chanson. 

Jake Mathews a tout de même composé la plupart de ses chansons. Il fait d’ailleurs de nombreux aller-retours Calgary-Nashville afin d’écrire de la musique pour d’autres artistes. Crédit : Courtoisie

Mais comment savoir qu’une chanson est prête ou terminée? Jake met en garde de ne pas trop travailler ce qui est à la base une bonne idée, car souvent, le premier élan créateur est le bon, et le danger est de perdre cette essence. 

Pour durer en musique, il faut constamment se réinventer et après deux décennies de carrière, Jake Mathews en sait quelque chose. Au fil du temps, il a adapté son style en incorporant des éléments à la fois du country traditionnel et de la musique contemporaine. Il mentionne également l’importance de penser et planifier sa carrière comme un business. «J’ai commencé lentement, mais j’avais toujours un plan de «comment» je voulais lancer ma carrière» souligne-t-il.

Vous pouvez écouter la musique de Jake Mathews sur Spotify, iTunes, YouTube ou en visitant son site web : www.jakemathews.com

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Une seule journée dans l’année pour souligner l’importance des pères n’est certainement pas suffisante. Mais pourquoi ne pas utiliser ce prétexte pour rendre hommage à notre papa, qu’il soit rusé, improvisé ou pas comme les autres. Le Franco vous propose de voyager à travers plusieurs dimensions de la paternité avec cette sélection de longs métrages.

Père rusé

Désespéré de revoir ses fils unis, Léo (Philippe Noiret) à l’âge de 70 ans tente l’ultime mensonge : il fait croire qu’il est atteint d’une maladie grave. De ce fait, ses trois fils ne peuvent refuser de l’accompagner au Québec pendant une semaine. Mais tout ne se déroulera pas comme prévu… Cette comédie franco-québécoise sortie en 2003 témoigne, même avec un ton léger, de l’importance de savourer et de saisir chaque moment avec son père. 

Père improvisé

Samuel, interprété par Omar Sy (Lupin, Intouchables), n’avait aucune idée qu’il était père jusqu’au jour où une ancienne flamme lui présente sa fille. Éternel adolescent, il se voit confier, malgré lui, la responsabilité de la petite Gloria. L’homme devra donc changer radicalement son mode de vie et apprendre à être papa. Un père imparfait et non conventionnel certes, mais qui aime inconditionnellement sa fille. Une comédie qui vous fera assurément rire. 

Père pas comme les autres

Robert (Jean-Pierre Gos), un vieil homme qui aime chanter, ne souhaite pas mourir à l’hôpital. Il décide donc de prendre la fuite par le balcon de sa chambre qu’il partage avec un sosie de Roger Federer. Son fils, inquiet et consterné, finit par le retrouver et l’accompagne lors d’une randonnée en montagne. Ils passeront deux jours ensemble à se reconnecter l’un à l’autre dans le magnifique paysage du Valais en Suisse

Père biologique

Ce long métrage du réalisateur Ken Scott (Les doigts croches) propose cette histoire à dormir debout. David Wozniak (Patrick Huard) découvre que ses dons de sperme, qui lui ont rapporté près de 25 000 $ à l’époque, sont aussi à l’origine de 533 naissances. 152 de ces enfants nés d’inséminations artificielles tentent de retrouver leur père biologique, connu sous le pseudonyme de « Starbuck ». Le personnage de David, de nature plutôt irresponsable, décide alors d’entrer en contact avec certains de ses enfants sans dévoiler sa réelle identité. Il jongle alors entre le rôle de père, d’ami et d’ange gardien. 

Père passionné

Unie par la passion de la viticulture, mais séparée par un passé de malentendus, une fratrie se retrouve après 10 ans pour pleurer la mort de leur père. Jean, Juliette et Jérémie doivent se mettre d’accord : vendre ou ne pas vendre le domaine familial, riche en vignes, mais aussi en souvenirs. Père distant, beau-père, nouveau père, ce film réussit avec nuances et subtilités à explorer plusieurs déclinaisons de la paternité. À prévoir lors de votre visionnement, une bonne bouteille de vin à consommer avec modération. 

Père-fils 

Mathieu, interprété par Pierre Delalongchamps, a grandi en France avec sa mère et son beau-père. Dans la trentaine, il reçoit un appel qui changera sa vie : son père biologique Jean vient de mourir. Il décide alors de se rendre au Québec pour assister à ses funérailles et tenter de découvrir qui était cet homme. Secrets, mensonges et rencontres, ce film vous captera par sa sensibilité et par ses acteurs.