L’Heure du choix d’Université pour les jeunes

Écrit par : Gabrielle Beaupré

7 mars 2022

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  • De gauche à droite : Simon Gauthier. Crédit : Marc Bélanger / Rouge et Or; Laurissa Brousseau. Crédit : Courtoisie; Paul Cournoyer. Crédit : Stéphane Lavoie; Océanne Kahanyshyn-Fontaine.
De gauche à droite : Simon Gauthier. Crédit : Marc Bélanger / Rouge et Or; Laurissa Brousseau. Crédit : Courtoisie; Paul Cournoyer. Crédit : Stéphane Lavoie; Océane Kahanyshyn-Fontaine. Crédit : Courtoisie

Alors que le Campus Saint-Jean propose neuf programmes de 1er cycle et un nombre limité de places, plusieurs étudiants se tournent vers d’autres établissements d’enseignement pour entreprendre leurs études postsecondaires. Certains déménagent ailleurs au Canada pour continuer d’étudier en français, alors que d’autres s’inscrivent dans des universités anglophones pour rester en Alberta. 

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau.Presse – Le Franco 

La Franco-Albertaine Caroline Magnan, professeure de common law en français dans plusieurs facultés de droit de l’Ouest canadien, souligne que les études universitaires en français sont essentielles pour les francophones et les francophiles.

«Elles peuvent les aider à cimenter leur identité et leur appartenance communautaire dans les milieux minoritaires.» Elles assurent aussi à la communauté une relève en français pour différents domaines tels que l’éducation et la santé.

Caroline Magnan, professeure de Common Law dans plusieurs université de l'Ouest.

Caroline Magnan. «Il faut s’assurer qu’en Alberta, les jeunes puissent avoir accès à la même gamme de cours qu’en anglais.» Crédit : Courtoisie

Toutefois, elle est d’avis que la réalité de sous-financement des établissements postsecondaires ne permet pas de proposer la même panoplie de programmes offerts en anglais ou dans d’autres universités canadiennes.

S’établir ailleurs, un choix parfois difficile

Le Calgarien Simon Gauthier, désormais étudiant au baccalauréat en génie physique à l’Université Laval à Québec, mentionne qu’il a trouvé difficile de faire un tel choix. «J’étais déchiré entre partir et étudier en français ou aller à l’Université de Calgary parce que mes amis et ma blonde restaient à Calgary».

Bien qu’il soit membre de l’équipe de ski de fond du Rouge et Or, l’élite sportive de l’Université Laval, il indique, avec une certaine nostalgie : «J’adore l’offre de plein air et d’aventures des Rocheuses.»

C’est l’obtention de la bourse Schulich Leader de l’Université Laval qui lui a fait choisir la ville de Québec pour y poursuivre ses études. Mais même s’il se trouve à l’est du pays, il reste impliqué dans la francophonie albertaine. Il est d’ailleurs le président de la prochaine édition du Parlement Jeunesse de l’Alberta qui aura lieu du 28 avril au 1er mai 2022.

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Quant à Laurissa Brousseau, une Franco-Albertaine originaire de Canmore, elle est inscrite au programme d’études internationales et langues modernes à l’Université d’Ottawa. Ce baccalauréat était son seul et unique choix. «Il me parlait vraiment et je voulais continuer à étudier en français.» Néanmoins, s’il avait été offert dans une université albertaine, elle  serait restée dans la province pour être près de ses proches.

D’ailleurs, après l’obtention de leur baccalauréat, les deux étudiants aimeraient revenir vivre en Alberta, mais ils laissent la porte ouverte à toute autre occasion. Toutefois, lorsque des étudiants quittent la province pour leurs études, Caroline Magnan confirme qu’il se peut fort bien qu’ils ne reviennent pas.

Elle souligne qu’il ne faut néanmoins pas sous-estimer l’importance des liens familiaux. «J’ai moi-même étudié au Québec et en Ontario et je suis revenue m’installer en Alberta.» Son mari et elle ont voulu se rapprocher de leurs familles et plusieurs possibilités d’emplois s’offraient à eux.

Étudier dans le système anglophone 

Pour les jeunes qui poursuivent leurs études en anglais, «ils doivent faire une place au français dans leur vie pour le garder présent», souligne Mireille Péloquin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA). Elle insiste sur la place et le rôle de leur engagement dans la francophonie ainsi que sur les relations qu’ils peuvent bâtir avec leurs amis et leurs proches. Ils joueront, selon elle, un grand rôle dans la préservation de la langue française.

Mireille Péloquin. Directrice FPFA

Mireille Péloquin indique que dans les milieux minoritaires, c’est difficile de faire une place au français. Crédit : Gabrielle Beaupré

De 2011 à 2017, Paul Cournoyer, musicien et coordonnateur de projets au Centre de développement musical (CDM), a étudié à l’Université MacEwan, à Edmonton, pour obtenir un baccalauréat en musique contemporaine avec une majeure en composition. Ce choix de programme répondait à ses besoins pour sa carrière musicale.

Pendant ce cursus, il a continué d’être actif dans le secteur de la musique francophone. Il a participé à Polyfonik, au Chant’Ouest et au Festival international de la chanson de Granby. Il  explique en partie son choix ainsi : «Pour moi, la culture francophone ne se définit pas seulement à la porte de l’école. Elle peut être présente dans différentes sphères de ma vie».

«Pour moi, la culture francophone ne se définit pas seulement à la porte de l’école. Elle peut être présente dans différentes sphères de ma vie». Paul Cournoyer

Du côté d’Océane Fontaine, elle entamera des études autochtones à l’Université de l’Alberta en septembre prochain. Toutefois, certains cours seront offerts dans la langue de Molière au Campus Saint-Jean. Pour elle, cela représente une belle occasion d’aller «apprendre en français».

Parallèlement, elle continuera à s’impliquer dans la communauté francophone et à s’exprimer en français avec son entourage et ses proches. «Avec mon père, j’ai toujours parlé français.»

Mireille Péloquin, pour conclure, alerte et évoque que si les étudiants ne portent pas attention à leur francophonie pendant leurs études universitaires en anglais, «c’est la pente glissante!» Ces jeunes risquent alors de vivre une certaine insécurité linguistique.

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