le Dimanche 16 août 2026
le Dimanche 16 août 2026 7:00 Francophonie

La 37e fête franco : des synergies générationnelles pour renouer avec l’essentiel

 Les festivaliers dansent avec Ivan Touko, un artiste multidisciplinaire, entrepreneur et organisateur communautaire basé à Edmonton. —  Crédit : Le Franco
Les festivaliers dansent avec Ivan Touko, un artiste multidisciplinaire, entrepreneur et organisateur communautaire basé à Edmonton.
Crédit : Le Franco

Au cœur des majestueuses Rocheuses, la 37e Fête franco-albertaine a rassemblé du 2 au 5 juillet près de 650 participants au David Thompson Resort. Marquée par une déconnexion numérique salvatrice, cette édition s'est distinguée par une forte et remarquable implication conjointe des ainés et de la jeunesse, célébrant avec brio la vitalité et l'avenir d'une communauté portée vers l'unité.

La 37e fête franco : des synergies générationnelles pour renouer avec l’essentiel
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Aperçu de la belle nature du David Thompson Resort, site d’accueil de la fête franco-albertaine.

Crédit : Le Franco

Loin du tumulte des grands centres urbains et des écrans connectés, le David Thompson Resort s’est transformé, début juillet, en un vibrant carrefour d’identités. Entre les mélodies des groupes Trécarré et les Berta Boys célébrant la diversité de l’Ouest canadien et l’énergie contagieuse d’une relève initiée au métier de reporter, cette 37e Fête franco-albertaine a fait le pari réussi de l’authenticité. En réunissant entre 600 et 650 festivaliers, l’évènement a rappelé que la vitalité franco-albertaine puise aussi bien dans ses racines rurales que dans l’élan de sa modernité.

Un carrefour d’échanges intergénérationnel et de déconnexion

Loin des activités cloisonnées traditionnelles et des grands centres urbains, le site s’est transformé en un espace de liberté où les festivaliers de tous âges ont pu tisser des liens spontanés. La quasi-absence de réseau cellulaire a paradoxalement stimulé les interactions sociales, échanges conviviaux, favorisant les soirées autour du feu et les rencontres fortuites entre anciens et nouveaux arrivants, comme le souligne le coordinateur de l’évènement, M. Romain Wojcieszek : 

On n’a que très peu de connexions informatiques qui permettent du coup aux gens de créer des réseaux publics et sociaux. […] On retourne à l’essentiel un petit peu à la fête franco-albertaine.

— M. Romain Wojcieszek

Hedil Elmabrouk, responsable de l’animation et du leadeurship à la JFA. Pour elle, l’évènement offre « la liberté de se promener un peu partout et de rencontrer d’autres personnes de différents âges qui ont les mêmes intérêts ».

Crédit : Eve Bolduc et Olivia Marois, journalistes d’un jour

Cette liberté de mouvement a permis de briser les barrières générationnelles. Pour Hédil Elmabrouk, responsable de l’animation et du leadeurship, et Néhémie Mouafo, adjointe en communication de la Jeunesse franco-albertaine (JFA), l’évènement offre « la liberté de se promener un peu partout » et permet « à des gens de rencontrer d’autres personnes de différents âges qui ont les mêmes intérêts ». 

L’introduction de nouvelles activités dynamiques, telles que le laser tag, a su captiver un large public allant des plus jeunes aux adultes, tandis que les prestations musicales, à l’image du groupe Trécarré et de leur hymne à la diversité, ont rappelé l’importance de la mémoire collective dans l’Ouest canadien. 

La jeunesse à l’avant-scène, l’engagement bénévole

La relève n’a pas seulement participé : elle s’est approprié l’évènement. Douze jeunes âgés de 6 à 14 ans ont participé à un atelier d’initiation au journalisme animé par Mme Emilie Langley, directrice du Franco. Confectionnant eux-mêmes des accessoires journalistiques, micros en carton et fiche de presse, ils ont mené leurs premières entrevues lors de cet évènement. 

Jeunes à l’atelier Journaliste d’un jour tenu par le Franco 

 

Crédit : Le Franco

Eve Bolduc et Olivia Marois, des reporters en herbe, ont aidé à recueillir la perspective de jeunes festivaliers, comme Zoé Lavoie pour qui la francophonie albertaine signifie « avoir une communauté francophone dans un environnement anglophone ». Ses congénères Geneviève L’Heureux et Félix-Olivier y décèlent « une culture précieuse, un sentiment d’appartenance à une communauté qui partage une langue et une histoire ».

Ces échanges ont mis en lumière une vision partagée de la francophonie : celle d’une communauté précieuse et d’un espace d’appartenance bien vivant au milieu d’un environnement anglophone.

L’esprit de rassemblement et la joie ont été portés par l’engagement des équipes et des bénévoles. Stéphane Tremblay, coordonnateur de la gestion du site, affirme que son moteur à cette fête était « de voir les gens s’amuser ! ». Sentiment partagé par Gunj Zorigt, directrice adjointe et coordinatrice d’évènements spéciaux à l’ACFA, qui ajoute : « Il faut venir avec le sourire parce qu’on est rassemblés avec la francophonie et ça, c’est important ! » 

La présence encourageante de la relève a été appréciée à sa juste valeur et le record d’affluence du camping battu.

Entrevue d’une journaliste d’un jour, avec du matériel de sa création.

 

Crédit : Le Franco

Entrevue d’une journaliste d’un jour, avec du matériel de sa création.

Crédit : Le Franco

Félix-Olivier, un jeune festivalier heureux de participer à la fête.

Crédit : Eve Bolduc et Olivia Marois, journalistes d’un jour

 La mascotte de la fête, le conseil d’administration et collaborateur de l’édition 2026 de la fête du franco.

Crédit : Le Franco

Les défis logistiques d’un « beau problème »

Le succès de l’affluence a entrainé des contraintes logistiques, notamment la rapidité avec laquelle les sites de camping ont affiché complet. Si l’enregistrement à l’arrivée a été salué pour sa fluidité, l’organisation devra ajuster dans le futur la gestion des places pour les activités et élargir les options de transport ou d’hébergement via des partenariats externes avec les hôtels de la région de Nordegg.

En consolidant les ponts entre les racines rurales de la province et l’apport des nouvelles vagues d’immigration, cette 37e édition confirme que la vitalité franco-albertaine sait se réinventer tout en préservant son esprit de famille.

Des festivaliers, lors de la fabrication du savon.

Crédit : Le Franco

Ambiance festive du concert du samedi soir orchestrée par le groupe Trécarré et des artistes intervenants.

Crédit : Le Franco

La mascotte de la fête, le conseil d’administration et collaborateur de l’édition 2026 de la fête du franco.

Crédit : Le Franco

A partir de la gauche, Stéphane Tremblay, président et gestionnaire du site de la Fête franco-albertaine, et M. Rémi Vincent, vice-président. « Mon moteur, c’est de voir les gens s’amuser ! », dira le premier.

Crédit : Le Franco

 Peinture du site de la fête par la festivalière Jennifer Ottaway.

Crédit : Jennifer Ottaway.

Lexique

Intergénérationnel : Qui concerne ou met en relation plusieurs générations différentes au sein d’une même société ou d’un même groupe.

Synergie : Action combinée et simultanée de plusieurs éléments, organes ou personnes pour produire un effet supérieur à la somme des actions individuelles de chacun.