L’opéra à la portée de tous

Écrit par : Sarah Therrien

4 juin 2021

Les enfants du Lycée Louis Pasteur en pleine période de création avec le librettiste David Sklar. Crédit: Courtoisie

Alors qu’un opéra unit toutes les formes d’arts en une seule œuvre, est-il possible d’unir toute une école autour d’un seul projet de ce type ? Le Lycée Louis Pasteur nous prouve que oui. Depuis septembre, les élèves, l’équipe professorale et administrative unissent leurs efforts pour la création de Better off away, un opéra bilingue créé en partenariat avec l’Opéra de Calgary. 

Le Lycée Louis Pasteur marque une première en 23 ans d’existence du projet « Créons un opéra » de L’Opéra de Calgary, en incorporant le français. Un défi que Patricia Kesler, responsable de l’éducation et de l’engagement communautaire de l’institution, et son équipe étaient ravies de relever. 

L’objectif est que « chaque élève puisse se voir dans le résultat final, que le plus grand nombre d’élèves voit leur travail » explique Emily Christmas. Crédit : Courtoisie

« Certaines parties sont en anglais et d’autres en français. Cela s’est fait de façon très spontanée », précise Bilyana Raycheva, enseignante de musique au Lycée Louis Pasteur.

L’opéra de A à Z

Derrière la mise en œuvre d’un opéra se cache un nombre presque inimaginable de tâches et d’étapes à accomplir avant d’en arriver au résultat final. De la musique aux décors, en passant par le récit et les costumes, il faut penser à tout. La complexité augmente lorsqu’il faut coordonner une école entière composée d’élèves âgés de 3 et 17 ans. 

Arthur Bachmann a aidé les élèves du Lycée à créer la musique pour leur opéra Better off away. Crédit: Courtoisie

Heureusement, pour la création de Better off away, le Lycée Louis Pasteur a pu profiter de l’encadrement et de l’expertise de l’équipe de l’Opéra de Calgary (Calgary Opera). En effet, 3 artistes sont venus rencontrer les élèves afin de rassembler leurs idées : David Sklar, auteur et librettiste, Arthur Bachmann, compositeur et Sara Staples à la mise en scène.

L’objectif est que « chaque élève puisse se voir dans le résultat final et que le plus grand nombre d’élèves voit leur travail » explique Emily Christmas, spécialiste de la communication et coordinatrice des événements communautaires au Lycée Louis Pasteur. Pour ce faire, chaque élève a pu choisir le rôle ou la tâche qu’il souhaitait accomplir dans le projet. Pour les plus petits qui ne savent pas encore écrire, leur talent en dessin a été mis à contribution. 

De la musique aux décors, en passant par le récit et les costumes, les élèves du Lycée ont mis la main à la pâte pour la création de l’opéra bilingue. Crédit: Courtoisie

Au total, c’est environ 75 % de l’école qui a pris part au projet.

Cleo Kriese, élève en grade 7, a pu travailler avec Arthur Bachmann à la composition, une première pour elle. « On composait de la musique avec toute la classe et ensemble on trouvait un rythme. » précise-t-elle. Cleo, dont la matière préférée est la musique, a particulièrement aimé l’aspect collaboratif du projet. 

Un lycée qui aime la musique

« Nous sommes extrêmement privilégié que la direction soutienne la musique et toutes les formes d’art », confie Bilyana Raycheva qui partage sa passion pour la musique aux élèves du Lycée depuis 5 ans. Une tradition musicale qui a malheureusement souffert de la pandémie, empêchant toute forme de performance ou de récital. 

« Le processus valait plus la peine que la performance, pour moi, l’essentiel est fait », souligne Bilyana Raycheva, enseignante de musique depuis 5 au Lycée Louis Pasteur. Crédit: Courtoisie

C’est donc avec reconnaissance que l’équipe de l’établissement scolaire constate la chance qu’elle a eu de pouvoir recevoir les musiciens en personne. 

Une performance finale incertaine

Les options restent ouvertes en ce qui a trait à la présentation finale. « Si les cours reprennent, nous pourrons filmer toutes les scènes, mais si les cours ne reprennent pas, nous allons trouver une façon », explique Emily Christmas.  « Nous traverserons le pont quand on y sera », enchaîne-t-elle.

Même si Cleo Kriese espère une performance finale, elle confie que « cette expérience était merveilleuse. » Crédit: Courtoisie

 

« Le processus valait plus la peine que la performance, pour moi, l’essentiel est fait », souligne Bilyana Raycheva. Car le partage de connaissances et de l’amour pour la musique entre les artistes et les enfants fut le plus important pour la professeure. Sans ce projet, l’épanouissement créatif des élèves n’aurait pas pu être possible. Même si Cleo Kriese espère une performance finale, elle confie que « cette expérience était merveilleuse. »

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