Une messe de Pâques sous le signe du partage

Écrit par : Chloé Liberge

30 avril 2022

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La messe du dimanche de Pâques a accueilli une centaine de personnes. Crédit : Chloé Liberge
Avec une centaine de fidèles présents, la paroisse Sainte-Famille n’a jamais été aussi remplie depuis la pandémie. Chants, lectures de passages de la Bible et café offert après la messe, la joie était au rendez-vous de Pâques.

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Chloé Liberge
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Avec une actualité morose sur fond de guerre et de pandémie, beaucoup semblent avoir retrouvé le chemin des lieux de culte. Monseigneur (Mgr) Noël Farman, pasteur de la paroisse, se réjouit de cet élan de foi qu’il a lui aussi reçu durant la Semaine sainte. Cette dernière partie du carême, précédant Pâques, est pour les croyants une commémoration de la Passion du Christ. Ils se rappellent ensemble des événements qui ont mené à la mort de Jésus.

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Le dimanche de Pâques permet de célébrer la résurrection du Christ. Il s’agit de la plus importante fête chrétienne et c’est pourquoi l’église est souvent pleine ce jour-là. Mgr Farman explique que, «pour la fête de Pâques, il y en a beaucoup qui veulent marquer leur présence et venir avec leur famille pour un témoignage et pour prier en français».

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Une émotion qui s’est fait ressentir. À la sortie de la messe, les sourires sont au rendez-vous et le pasteur en est fier. «C’était une joie, c’est merveilleux de pouvoir fêter une joie après une mort. C’est ce sens-là qui est une résurrection, une éternité.»

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La synodalité ou l’esprit de renouvellement

Lancée par le pape François à tous les diocèses et églises du monde, la synodalité représente un chemin commun pour tous les catholiques. C’est la croyance d’avancer ensemble, en se mettant à l’écoute de Dieu et des besoins de chacun.

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C’est ainsi que Mgr Farman a officié la cérémonie en partageant les mêmes liturgies annuelles, c’est-à-dire les rites, prières et chants de l’Église, mais «avec un esprit de renouvellement». Il continue, «les célébrations sont inspirées de ce cheminement d’être à l’écoute des uns des autres».

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«Les célébrations sont inspirées de ce cheminement d’être à l’écoute des uns des autres.» Mgr Farman

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Pâques était donc sous le signe de la bienveillance et de la solidarité en ce dimanche 17 avril. Des valeurs qu’Émilie Perrault et son conjoint Pierre Vaillancourt souhaitent inculquer à leurs petits. «Ça fait partie de ma culture, de qui je suis, alors je veux montrer cela à mes enfants», raconte la jeune maman. Elle ajoute également que pour sa part, «ce n’est pas Pâques sans venir à la messe».

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Les fidèles sont présents de génération en génération

Pour beaucoup, cette dernière fin de semaine du carême est une réelle tradition. Seuls ou en famille, âgés ou adolescents, les membres de la paroisse Sainte-Famille sont fiers d’accueillir plusieurs générations de croyants. Le pasteur s’en amuse, «il y a des enfants que j’ai baptisés et qui sont plus grands que moi aujourd’hui».

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«Il y a des enfants que j’ai baptisés et qui sont plus grands que moi aujourd’hui.» Mgr Farman

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C’est le cas de Sebastian Vaughan, 14 ans. Il sert l’église en tant qu’acolyte au service de l’autel. Vêtu de l’aube, une tunique blanche serrée à la taille par un cordon, il assiste le pasteur durant les célébrations. Quand on lui demande s’il aime ce rôle, il répond, le sourire aux lèvres, «oui, c’est plutôt pas mal».

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Monseigneur Noël Farman et les acolytes de la paroisse. (De gauche à droite) Rita, Richard, Mgr Farman, Sebastien et Jean-Paul. Crédit : Chloé Liberge

Monseigneur Noël Farman et les acolytes de la paroisse. (De gauche à droite) Rita, Richard, Mgr Farman, Sebastien et Jean-Paul. Crédit : Chloé Liberge

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Pour Mgr Farman, cette jeunesse est importante. Elle représente le futur de l’Église. Il affirme, «nous avons confiance en ce qu’ils vivent comme valeurs, en leur vie, en leur avenir et nous voulons les encourager avec un discours de plus en plus adapté à eux.» Pour lui, c’est aussi ça, la notion de synodalité. «C’est ce qui est à l’intérieur de nous-mêmes, l’Esprit sain. C’est ce qui nous inspire, tout ce qui est bon, joyeux et aussi le fait d’être à l’écoute. Tout cela nous apprend beaucoup de choses.»

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Célébrer Pâques en français

Mais ce qui fait la renommée de la paroisse Sainte-Famille, ce sont les messes prononcées en français. Venant de Mossoul, en Irak, le pasteur Farman a fait ses études en français lorsqu’il a décidé d’approfondir ses connaissances théologiques.

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Il comprend donc très bien l’importance de perpétuer ses croyances en français. D’après lui, «il y a cette responsabilité de pouvoir s’identifier avec une langue maternelle qui nous parle, surtout quand on est dans un milieu majoritairement anglophone».

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Émilie Perrault et son conjoint Pierre Vaillancourt sont venus avec leurs trois enfants à la messe de Pâques. Crédit : Chloé Liberge

Émilie Perrault et son conjoint Pierre Vaillancourt sont venus avec leurs trois enfants à la messe de Pâques. Crédit : Chloé Liberge

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Émilie et Pierre partagent ce ressenti. Tandis que lui vient du Québec, elle a grandi dans le petit village francophone de Zenon Park. Situé en Saskatchewan, celui-ci a été fondé par des Franco-Américains et est aujourd’hui bilingue. Alors, assister à la messe ici signifie beaucoup pour Émilie. «Je trouve ça vraiment spécial qu’il y ait une messe en français à Calgary, alors ça me tient à cœur de venir.»

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La paroisse Sainte-Famille et Mgr Farman ont donc espoir que les fidèles continueront à être au rendez-vous lors des prochaines cérémonies.

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