Mireille Isidore, femme aux quatre chapeaux

Écrit par : Gabrielle Beaupré

9 avril 2021

Mère de trois enfants, professeure de français comme langue seconde au Campus Saint-Jean et étudiante en doctorat de sociologie à l’Université Laurentienne, Mireille Isidore est la fondatrice du premier Forum pour la jeunesse haïtienne. Celui-ci s’est tenu en ligne du 15 au 19 février. Il a rassemblé des personnes de partout au pays et a même eu des échos jusqu’à Dubaï. Elle est élue personnalité du mois de février par Le Franco et Radio Cité

D’origine haïtienne, Mireille Isidore a choisi de s’installer dans la ville d’Edmonton en 2000 en raison de sa communauté francophone. Crédit: courtoisie.

Elle se dit extrêmement satisfaite de l’accueil chaleureux du forum : « Il nous prouve que nous sommes liés, qu’on entend le problème de l’autre et qu’il devient notre problème. Nous sommes en train de construire le futur de la francophonie albertaine avec toutes les branches qui viennent de partout, mais qui nous réunit aussi à travers le français, qui est aussi notre histoire et notre culture ».

Une réflexion personnelle

L’idée du forum a émergé dans la tête de Mireille à la suite d’une expérience personnelle. Elle raconte avoir été témoin des problèmes de santé mentale de l’un de ses fils à vivre le confinement, alors son fils est devenu sa priorité. « J’ai réorganisé mon horaire pour être présente auprès de lui ». Ainsi, elle a eu un début de réflexion. « En l’aidant, je me suis dit : “si moi, j’ai la chance d’être avec lui, de pouvoir tout laisser tomber pour être avec lui, qu’en est-il des autres parents qui doivent travailler ?” ».

En discutant avec des personnes de son entourage, Mireille a réalisé que les autres parents avaient les mêmes préoccupations concernant le bien-être des jeunes. Elle s’est rendu compte que les jeunes avaient ce besoin de parler. Mireille Isidore indique: «En tant que haïtienne, le français fait partie de mon héritage.» Crédit: Courtoisie.

Elle a alors créé le forum pour permettre aux jeunes, à leurs parents et aux membres de la communauté d’avoir une plateforme pour se rencontrer, d’apprendre par le biais de capsules-conférences et d’échanger ensemble. Les thèmes discutés pendant le forum ont été les défis liés à l’apprentissage en ligne, la santé mentale, l’importance du mentorat et du bénévolat, l’alimentation et l’éducation financière.

Un attachement à la langue française

Dans sa jeunesse, Mireille avait étudié la littérature caribéenne et africaine. Aujourd’hui professeure de langue seconde au Campus Saint-Jean, elle indique que son métier lui permet de « partager la culture francophone plurielle en enseignant la langue. »

Déposant ses valises à Edmonton en 2000 avec ses trois enfants, Mireille Isidore mentionne qu’elle s’est encore plus attachée à la langue française. Elle relate dès son arrivée à l’aéroport avoir eu un choc culturel par rapport à la langue. « J’avais ce besoin de m’identifier comme francophone dans ce contexte minoritaire. Il était nécessaire pour moi de garder mon identité francophone et de la transmettre à mes enfants. »

Ses enfants inscrits à l’école francophone, elle s’est impliquée dans plusieurs organismes notamment à l’ACFA (régionale et provinciale de 2000 à 2004), dans l’AJFAS (dont elle est encore une membre active) et au Conseil scolaire centre-nord, où sont scolarisés ses garçons.

Pour Mireille Isidore, le mois de l’histoire des Noirs est un mois pour «regarder toute la richesse de la culture de la communauté noire à travers le monde. C’est un moment pour nous, en tant que société, de prendre le temps de se positionner, d’agir, d’être proactif et de ne pas se tourner les yeux du problème de racisme et de discrimination».  Crédit: Courtoisie

Elle a également entrepris des cours d’anglais à l’Université afin de s’intégrer à la province albertaine et elle a poursuivi ses études en enseignement pour obtenir le permis d’enseigner dans la province.

Un cadeau de ses garçons

Aujourd’hui, avec son métier de professeure au Campus Saint-Jean, Mireille porte également le chapeau d’étudiante en doctorat de sociologie à l’Université Laurentienne à Sudbury, en Ontario. Elle précise réaliser son doctorat à distance.

Mireille relate que depuis la fin de sa maîtrise en éducation dans le milieu des années 90, elle avait toujours eu le plan de retourner sur les bancs d’école pour réaliser son doctorat afin d’approfondir la question de l’intégration des jeunes issus de l’immigration.

Elle raconte avec les yeux scintillants que ce sont ses enfants qui l’ont poussé à réaliser son projet. « Devenu grands, mes enfants m’ont acheté par surprise un ordinateur et m’ont dit : “Mommy, maintenant, tu n’as plus aucun prétexte pour ne pas aller faire ton doctorat.”  Alors, s’ils disent que c’est le temps, alors, c’est le temps pour moi de reprendre le chemin ».

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