La demeure de la musique canadienne d’hier à aujourd’hui est à Calgary

Écrit par : Chloé Liberge

28 août 2022

Le Studio Bell retrace l’histoire de la musique. Crédit : Chloé Liberge
Dessiné comme un gigantesque instrument de musique, le Studio Bell regorge de nombreuses salles d’exposition ludiques et pédagogiques. Le visiteur peut se mettre dans la peau des plus grands, danser le country dans un décor très cowboy ou profiter du panthéon qui célèbre toute la musique canadienne, de Céline Dion à The Band, en passant par Drake. Une expérience unique!
 
Tout commence à l’est de Calgary, au King Edward Hotel. Véritable scène musicale pour les amateurs de blues du 20e siècle, le célèbre hôtel-bar ferme ses portes en 2004. Neuf ans plus tard, en février 2013, le Centre national de musique (CNM), basé auparavant dans la Customs House, dans le sud du centre-ville, acquiert le bâtiment pour s’agrandir. C’est ainsi que débutent les travaux.
 
Relié au musée grâce à une passerelle, le King Edward Hotel devient un restaurant, un bar et une salle de spectacle où les passionnés se bousculent. À l’étage, il abrite également les bureaux du CNM, ainsi qu’un studio de musique et de radio.
 
 
Avec un budget de 191 millions de dollars de la part des gouvernements fédéral et provincial ainsi que de la ville de Calgary, le Studio Bell est inauguré trois ans plus tard. Avec une superficie de 160 000 pieds carrés, le musée a beaucoup à offrir : salle de spectacle, studios d’enregistrement et de nombreuses expositions.
 

Des galeries diversifiées qui permettent à chacun de trouver sa mélodie

Dès que l’on passe les portes du hall d’entrée, on ressent l’immensité du bâtiment. Du haut de ses cinq étages, le rez-de-chaussée a été construit pour que les visiteurs puissent apprécier la musique qui résonne des diverses salles d’exposition.
 
L’originalité de ce musée est certainement sa collection d’instruments aussi bien acoustiques qu’électroniques. Ils sont tous en libre accès pour les mélomanes de tout âge. De plus, grâce à des vidéos ludiques et un casque à portée de main, il est possible d’apprendre ses premières gammes. Une réelle expérience sensorielle.
 

Denise est venue profiter du musée avec ses enfants pour leur faire découvrir la musique canadienne. Crédit : Chloé Liberge

 
Denise, originaire d’Edmonton, est à Calgary pour un voyage en famille. Elle a profité de l’occasion pour venir au Studio Bell. «J’ai emmené mes enfants voir ce musée afin de leur apprendre la musique», dit-elle avec engouement.
 

Philanthropes et mélomanes aident au financement

Après cette visite, chacun peut effectuer une donation afin de continuer à enrichir la collection du musée. Le président du CNM, Andrew Mosker, explique qu’il «y a des dons venant de l’Alberta, car on est situé ici, mais on en reçoit de plus en plus provenant de tout le Canada».
 
Cela leur permet ainsi de financer ce musée et de pouvoir exposer des artéfacts rares. Parmi ceux-ci, l’orgue de cinéma Kimball, du nom de son inventeur, le plus grand instrument de la collection du musée. Il était dédié à accompagner les films muets du début du 20e siècle à même la salle de cinéma, avant l’invention du cinéma sonore en 1927.
 

Andrew Mosker, chef de direction et président du Centre national de musique. Crédit : Andrew Mosker

 
Construit en 1924 par Kimball International, fabricant de pianos et d’orgues, cet instrument est au cœur de démonstrations symphoniques deux fois par jour, les samedis et dimanches, afin de faire découvrir sa mélodie aux spectateurs.
 
Andrew Mosker prône l’importance de la culture. Son engagement pour répondre à la mission du musée de «doter le Canada d’un endroit qui amplifie l’amour, la diffusion et la compréhension de la musique» est sans faille. «La musique, particulièrement, aide à nous rassembler, à raconter nos histoires et à vivre plus agréablement sur cette terre.» Pourtant, malgré la présence de ce francophone originaire du Québec à la tête du musée, la musique de la belle province est peu représentée.
 
«La musique, particulièrement, aide à nous rassembler, à raconter nos histoires et à vivre plus agréablement sur cette terre.» Andrew Mosker
 

Une francophonie timide

Au musée, on y retrouve tout de même une exposition sur la musique québécoise qui met en vedette le gala de l’ADISQ (aussi appelé les Félix). Ces prix servent à récompenser le talent de nombreux artistes, mais aussi des producteurs et des professionnels de l’industrie musicale québécoise.
 
Il s’agit de l’une des seules galeries entièrement traduites en français. Pour le conservateur du CNM, le bilinguisme n’est pas une obligation, «on n’est pas officiellement une organisation nationale qui est administrée par le gouvernement du Canada, donc on n’est pas obligé d’avoir tout en français et en anglais».
 
 
Malgré le manque de ressources financières pour tout traduire, Andrew met en avant les progrès faits sur le site Web et sur certains panneaux du musée. «Mais c’est notre intention d’en faire plus, de faire plus de programmation et de traduction en français (…), car nous avons décidé nous-mêmes d’avoir ce rôle rassembleur des deux langues officielles et des autres cultures présentes au Canada.»
 
Pour connaitre les tarifs ou les spectacles organisés par le Studio Bell : studiobell.ca/fr

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