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le Jeudi 24 août 2023 11:30 Arts et culture

Karaoké à Canmore : les communautés unies à travers les rythmes de la francophonie

Monique Tougas interprète une chanson de Led Zeppelin. Photo : Courtoisie
Monique Tougas interprète une chanson de Led Zeppelin. Photo : Courtoisie
Les Trois Accords, Kaïn, Francis Cabrel, Céline Dion… Plus d’une vingtaine de citoyens francophones de Canmore se sont réunis le 10 novembre dernier pour revisiter leurs classiques lors d’un karaoké organisé par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Canmore-Banff. En cette Semaine nationale de l’immigration francophone, l’occasion était parfaite pour que les participants célèbrent leur langue à travers la musique.
Karaoké à Canmore : les communautés unies à travers les rythmes de la francophonie
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Le choix de Isabelle Déchène Guay, réviseure

J’ai choisi cet article tout d’abord, car il démontre la vitalité de notre francophonie albertaine même au creux des montagnes Rocheuses. Les ACFA régionales sont des acteurs essentiels dans la transmission de la langue française et de la promotion de la culture francophone d’ici et d’ailleurs. Sans le travail acharné de ces employés et bénévoles à nous réunir, que ce soit pour une célébration, un spectacle ou une séance d’information, nombre d’entre nous se retrouveraient encore plus isolés, ignorant la présence réelle et forte de la francophonie en terre albertaine, et sujets à l’assimilation. J’ai aussi choisi ce texte, car j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette nouvelle plume, celle de Gabrielle Audet-Michaud, qui réussissait à me transmettre non seulement de l’information, mais aussi des émotions. Après la lecture de ce petit article, aux abords bien banals, je regrettais presque de ne pas vivre à Canmore et d’avoir participé à cette activité. Chapeau à l’ACFA régionale de Canmore! Merci Gabrielle!

(Article paru le 24 novembre 2022)

Jean-François Grouin et Sylvie Grégoire, les propriétaires du restaurant Chez François. Crédit : Courtoisie

Les tables et les chaises étaient disposées contre les murs lorsque les premiers invités se sont engouffrés Chez François sur le coup de vingt heures. Ce restaurant fondé par Jean-François Grouin et Sylvie Grégoire, il y a plus de trois décennies, se spécialise dans l’offre de déjeuners-dîners. Véritable institution à Canmore, l’établissement est devenu un pilier pour la communauté francophone de la région puisqu’on peut y être servi en français.

En vue de la soirée, un écran géant trônait au fond du restaurant et deux haut-parleurs répandaient dans le reste de la salle à manger un morceau de Malajube, défunt groupe de rock québécois. Dès leur arrivée, les adeptes de karaoké se sont salués chaleureusement en se faisant une accolade et en se serrant la main. Certains se connaissaient, d’autres pas, mais qu’importe. La soirée allait bientôt prendre des allures de réunion familiale.

Une fois tous les participants assis sur leurs chaises, Monique Tougas s’est emparée du microphone. La Franco-Albertaine d’origine montréalaise a brisé la glace en interprétant avec justesse un morceau de Led Zeppelin.

Parce que oui, bien qu’il s’agissait d’un karaoké organisé pour faire rayonner la francophonie, le coordonnateur événementiel de l’ACFA régionale, William Prince-Dufort, a souvent rappelé le mot d’ordre de la soirée : «on est ici pour s’amuser ensemble, peu importe la langue».

Cette invitation, Monique Tougas l’a embrassée à bras ouverts. «Moi, je parle franglais», raconte-t-elle, le sourire en coin. «Je me sens toujours comme une outcast. I don’t fit in, you know?» La femme à la chevelure grisonnante hésite un instant avant de reprendre : «Sauf qu’ici, on essaie d’inclure tout le monde et ça me fait plaisir».

Geneviève Poulin et Gabriel Daneau (ACFA régionale), Sylvie Grégoire (propriétaire du restaurant) et Marie-Soleil Brien chantent en fin de soirée. Photo : Courtoisie

Des choix musicaux variés

Lors d’une entrevue, William Prince-Dufort a expliqué sa fierté de voir rayonner une francophonie «plurielle» à travers cette soirée karaoké. «On a bien vu la diversité dans les chansons qui ont été chantées», mentionne-t-il. «On a entendu des chansons francophones de France, du Québec, du Maroc…», énumère le coordonnateur événementiel.

Une fois les dernières notes de Led Zeppelin achevées par Monique Tougas, le registre musical a changé drastiquement. Deux participants se sont avancés vers le milieu de la pièce pour interpréter un classique intemporel de Joe Dassin. Le reste de l’assistance s’est jointe au moment du refrain : «Aux Champs-Élysées pala-palapa» pouvait-on entendre fredonner à droite et à gauche.

Puis, quelques minutes plus tard, c’était au tour de deux Québécois de chanter une chanson de Fouki, ce jeune rappeur né à Montréal qui récite ses textes dans un franglais fortement créolisé. «Fouki, on n’entend pas ça souvent à Canmore», lance à la blague l’enseignante Marie-Soleil Brien, quelques minutes après sa performance.

Originaire du Québec, celle qui habite dans les montagnes albertaines depuis sept ans s’est dite réjouie de voir l’ACFA régionale troquer son traditionnel potluck pour un karaoké. «C’est tellement important de soutenir notre francophonie en participant aux activités qui sont organisées pour nous», s’enthousiasme-t-elle. «J’aimerais qu’il y ait davantage d’activités francophones à Canmore», ajoute aussitôt l’enseignante.

Denise Lavallée croit, elle aussi, en l’importance de tenir de tels rassemblements. «Un événement comme ce soir, ça montre à quel point notre francophonie albertaine est dynamique», note la sympathique directrice générale de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) qui était présente lors de la soirée. «Ça nous permet aussi de la célébrer tous ensemble», renchérit-elle.

Pour plus d’information : 

Semaine nationale de l’immigration francophone : bit.ly/3EEDmrK 

ACFA régionale de Canmore-Banff : canmore.acfa.ab.ca

Une mère et sa fille profitent du karaoké en famille. Photo : Courtoisie

Une soirée réussie

William Prince-Dufort s’est dit satisfait du déroulement du karaoké. Le coordonnateur événementiel a souligné le partenariat effectué entre l’ACFA régionale et le Réseau en immigration francophone de l’Alberta (RIFA) dans le cadre de la soirée.

Il a aussi salué le travail publicitaire qui a été fait en amont afin d’attirer d’autres personnes que les participants réguliers aux événements de l’ACFA régionale. «Environ 80% des personnes présentes ce soir n’avaient jamais participé à nos événements», estime-t-il. «C’est une belle réussite que d’aller au-delà de nos membres «réguliers».»

À savoir si une deuxième édition pourrait être organisée, le coordonnateur événementiel de l’ACFA régionale n’en dément pas la possibilité. «Une deuxième édition? Possiblement! Nous avons tellement reçu de bons commentaires», répond-il d’un air joyeux.

William Prince-Dufort tient aussi à préciser qu’au-delà de la soirée chantante, le karaoké a eu l’avantage de rapprocher les gens. «Ce soir, on a aussi été [témoin] de belles discussions entre des personnes qui [se sont] rencontrées ou retrouvées», indique-t-il. «Deux nouveaux arrivants se sont même réjouis parce qu’ils n’avaient jamais été mis en contact avec la communauté québécoise [auparavant]», conclut-il.

Glossaire – Démentir : Déclarer qu’un fait, un discours est faux