le Mardi 21 mai 2024

La directrice de la conservation chez Alberta Wilderness Association (AWA), Carolyn Campbell, en randonnée. Photo : Alberta Wilderness Association

Il existe deux types de caribous des bois en Alberta : le caribou montagnard du Sud et le caribou boréal. Tous deux sont inscrits sur la liste des espèces menacées en vertu de la loi albertaine Wildlife Act et de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Selon la directrice de la conservation chez Alberta Wilderness Association (AWA), Carolyn Campbell, le caribou montagnard du Sud est particulièrement à risque puisqu’il migre d’un habitat estival alpin à un habitat hivernal composé de forêts pour s’y abriter et s’y nourrir.

«Pour prospérer, ce type de caribou a besoin d’aires d’hivernage et d’estivage convenables et de corridors de déplacement sûrs. C’est comme pour les humains qui ont besoin d’être en sécurité chez eux, dans leurs déplacements et sur leur lieu de travail», explique-t-elle en pointant du doigt les menaces que constituent une aire de répartition réduite et des territoires d’hivernage inutilisables en raison de «très fortes perturbations humaines».

Caribous des bois mâles pendant le rut. Photo : Caribou Patrol Crew 

Caribou des bois (Rangifer tarandus) :

Le caribou des bois est une créature parfaitement adaptée aux forêts canadiennes. Grâce à ses grands sabots, il se déplace dans des zones où les autres autres grands mammifères ne peuvent naviguer facilement. Il est extrêmement bien isolé contre l’hiver. Ses poils de nez et son système circulatoire le rendent idéal pour survivre aux hivers froids. Il peut également se nourrir de lichens pendant l’hiver, ce qui le rend extrêmement rare. Il vit dans les forêts anciennes et les zones humides tourbeuses que d’autres espèces-proies, comme le cerf et l’orignal, évitent. C’est ainsi que le caribou a pu vivre aux côtés de prédateurs naturels comme les ours et les loups pendant des milliers d’années.

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Le spécialiste du caribou des bois au gouvernement albertain, Dave Hervieux – Photo : Ministère de l’Environnement et des Parcs (Alberta)

Elle explique que, de son côté, le caribou boréal, présent dans le reste de l’Alberta, garde ses aires saisonnières peu étalées. «Il a toujours recherché des zones de la mosaïque de la forêt boréale, mais malheureusement, les espaces habitables sont épuisés», précise-t-elle en soulevant le dommage causé par les blocs de coupe pour l’exploitation forestière, les nombreuses routes, les plateformes de forage, les couloirs de pipelines et de sentiers, y compris un nombre «presque incroyable» d’anciennes lignes sismiques pétrolières et gazières.

Carolyn Campbell rappelle qu’en 2015, le gouvernement albertain a mis fin à toute nouvelle vente de concessions pétrolières, gazières, de sables bitumineux et de charbon à l’intérieur de l’aire de répartition du caribou. «C’était positif, mais insuffisant. Bien qu’il n’y ait pas eu de nouveaux propriétaires, le nombre excessif de concessions existantes n’a pas diminué.»

L’intervention du gouvernement albertain

Fonctionnaire provincial, le spécialiste du caribou des bois, Dave Hervieux, a dédié 38 ans de carrière à ce cervidé. «Nous avons élaboré un plan provincial de rétablissement du caribou en 2004. Nous avons également créé une solide politique provinciale sur le caribou des bois, qui a été approuvée par le Cabinet provincial en 2011. Cela a précédé le plan boréal de 2012 et le plan des montagnes du Sud de 2014 élaborés par le gouvernement du Canada», énumère-t-il, saluant la récente intervention du fédéral dans ce dossier.

L’Alberta étudie et surveille ses populations de caribou depuis les années 1970 sans pouvoir freiner leur sévère déclin. Certaines populations parviennent toutefois à être stabilisées grâce à l’abattage des loups en hiver dans sept des quinze aires de répartition des caribous.

«L’état atrophié du paysage de ces aires en raison des changements industriels et les implications sur la mortalité des caribous et la survie des faons sont si importants que nous perdrons ces sept populations en l’absence d’un programme de contrôle des loups. Les arbres ne poussent pas assez vite.»

M. Hervieux indique que le taux de survie des faons, jusqu’à la fin de leur première année, est passé de 2% à 40% dans certaines aires depuis le début du programme. «Une augmentation considérable. Par contre, nous ne faisons que retarder leur disparition. Cette initiative n’a de valeur que si nous établissons des plans et des actions pour gérer, conserver et récupérer l’habitat du caribou.»

Caribou des bois femelle portant un collier émetteur. Photo : Caribou Patrol Crew 

En bref : 

L’expertise autochtone

La coordonnatrice environnementale et responsable du programme Caribou Patrol pour la nation autochtone Aseniwuche Winewak Nation of Canada (AWN), Stephanie Leonard, rappelle l’importance du cervidé pour de nombreuses communautés autochtones.

«Le AWN fait partie de la plupart des groupes de travail sur le caribou et des groupes de travail de l’industrie afin de le défendre et de contribuer à l’élaboration de politiques pour le protéger», dit-elle, encouragée par le fait que leur expertise soit de plus en plus sollicitée.

En bref : 

Elle explique le progrès du caribou comme indicateur de l’état de son habitat. «Si le caribou progresse, son habitat prospère aussi. C’est une victoire bien plus importante que la simple protection du caribou. Cela signifie que l’équilibre commence à se rétablir dans la nature», conclut-elle.

L’ensemble des intervenants invite le public à s’informer sur le caribou des bois, en insistant sur l’importance pour les citoyens de se faire entendre auprès des paliers gouvernementaux pour faire avancer le dossier plus rapidement.

À la défense du caribou et de son habitat

Pour passer à l’action, la directrice de la conservation chez AWA suggère de :

  • Limiter l’utilisation de produits forestiers et en papier et éviter tout ce qui n’est pas issu de sources durables afin d’épargner les espèces vulnérables comme le caribou. Il existe de bonnes certifications, la meilleure étant celle émise par le Forest Stewardship Council (FSC).
  • Rappeler régulièrement aux élus l’importance de conserver le patrimoine inestimable des forêts et de l’eau potable et d’observer l’état de la faune. L’AWA suggère au public de demander l’arrêt de la coupe des forêts anciennes et de l’installation d’infrastructures énergétiques dans les zones non perturbées jusqu’à ce que les plans d’aire de répartition du caribou soient déterminés et que les limites de perturbation des terres s’appliquent à tous les utilisateurs des terres.
  • Pratiquer les activités récréatives hivernales, comme la motoneige, le ski de fond et la raquette, en dehors des aires de répartition du caribou afin de minimiser les risques de prédation du caribou par les pistes de neige compactée.
  • Pour plus d’information :

    caribou4ever

    Gouvernement de l’Alberta

 

Fairy Creek, au sud de l’île de Vancouver, est le témoin d’un mouvement de désobéissance civile inégalé dans l’histoire du Canada. Des milliers de citoyens sopposent à labattage darbres anciens depuis le 9 août 2020. Alors que la coupe suit son cours suite à l’injonction accordée à la compagnie forestière Teal-Jones (Teal Cedar Products Ltd), l’escalade des tensions entre les manifestants et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) tient la région en haleine.

Marie-Paule Berthiaume
IJL – Franco.Presse – Le Franco

 

Les arrestations et les plaintes du public s’accumulent à Fairy Creek en dépit du jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique ayant déclaré «illégales» les zones d’exclusion aux manifestants, les points de contrôle, les fouilles et les restrictions imposées aux médias par la GRC. 

 

En date du 13 septembre, la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC (CCETP) a indiqué par courriel avoir reçu 207 plaintes du public, dont 77 relevant de son mandat qui seront envoyées pour enquête.

 

La GRC a procédé à plus de mille arrestations depuis le début des protestations. Le sergent Chris Manseau dénote par courriel «une escalade dans les tactiques de protestation et les allégations au cours des dernières semaines, depuis que les forces de l’ordre ont supprimé tous les camps et supports de protestation dans la région». 

 

Un mouvement contestataire enraciné

 

Des manifestations contre la coupe des forêts anciennes ont commencé à s’organiser dès les années 1980 sur l’île de Vancouver. C’est aussi là qu’on y retrouve plusieurs écosystèmes forestiers exceptionnellement rares. 

 

La plus célèbre de ces protestations, surnommée la «guerre dans les bois», avait mené à l’arrestation de 856 protestants à Clayoquot Sound, à l’ouest de l’île, en 1993.

 

Needle (Aiguille), natif de l’île de Vancouver, est présent depuis les débuts de la contestation de Fairy Creek. Membre du Rainforest Flying Squad (RSF), un mouvement d’action directe non violente mené par des bénévoles, il se rappelle que l’aventure a commencé lorsqu’un groupe de personnes veillant sur les terres de la vallée centrale de Walbran a été alerté au début août 2020. 

 

 

«lls ont été informés par cet adolescent américain, Joshua Wright, qui regarde constamment des images satellites, qu’une exploitation forestière était en cours. Ils ont fait arrêter les machines. Quelques personnes sont alors restées sur place pendant l’automne et l’hiver en bloquant les deux entrées grâce aux camps River et Ridge», relate celui qui s’est dédié au mouvement à partir de mars 2021. 

 

Les manifestants se sont rassemblés une première fois devant les bâtiments du Parlement de la Colombie-Britannique, le 27 mars 2021, en prévision de l’injonction. «Une fois l’injonction accordée le 1er avril 2021, le cours des choses s’est accéléré. Nous avons commencé à nous organiser davantage à l’extérieur des camps», relate Needle qui fait la navette entre Fairy Creek et Victoria.

 

Hazelnut

 

La jeune Québécoise Hazelnut (Noisette) compte deux arrestations et deux remises en liberté à son actif depuis son arrivée à Fairy Creek en janvier 2021. Anxieuse face à la crise climatique, elle s’est «souvent sentie impuissante dans la vie». Fermement décidée cette fois à faire une différence, la désobéissance civile lui semble désormais tout indiquée. «Quand on a signé la pétition et participé à la manifestation, il n’y a plus rien à faire d’autre que de désobéir», raisonne-t-elle.

 

«Quand on a signé la pétition et participé à la manifestation, il n’y a plus rien à faire d’autre que de désobéir.» Hazelnut

 

Hazelnut se remémore avec nostalgie les nombreux camps des manifestants détruits par la GRC. «Il reste des gens qui vivent dans les bois en se mettant à risque pour empêcher les bûcherons de couper les forêts. Nous, on bloque l’industrie à leur arrivée le matin. Des gens se couchent par terre ou ils s’assoient en s’enchaînant avec leurs bras pour donner plus de temps à nos compagnons dans la forêt de s’organiser en toute sécurité», partage celle qui dit avoir récemment subi de la brutalité policière.

 

«C’est dur d’être victime et d’être témoin de violences policières, mais en même temps, on sait pourquoi on est là. En étant à Fairy Creek, on comprend qu’on combat beaucoup plus que pour les arbres. C’est un combat pour la souveraineté autochtone et la réforme d’un système abusif et violent», confie-t-elle.

 

Needle

 

Le biologiste et écologiste de formation, Needle, se sent protecteur des forêts anciennes dans lesquelles il a grandi. Deux récents rapports indiquant l’urgence de conserver les forêts anciennes ont inspiré son aventure à Fairy Creek.

 

Le premier rapport, BC’s Old Growth Forest: A Last Stand for Biodiversity, a été préparé par la compagnie Veridian Ecological Consulting, présidée par la désormais célèbre scientifique Rachel Holt. L’autre, A new Future for Old Forests, est un examen stratégique des forêts anciennes commandé par le gouvernement de la province. 

 

Quatorze recommandations en sont ressorties pour transitionner vers une sylviculture fondée sur l’écologie. Le ministère des Forêts a déclaré, par courriel, travailler sur les recommandations qui «suggèrent le report dans les zones où il existe un risque à court terme de perte irréversible de la biodiversité et des mesures supplémentaires pour changer le mode de gestion des forêts anciennes».

 

 

Le biologiste et écologiste Needle s’inquiète cependant de l’abattage des forêts anciennes, sachant qu’elles sont les plus résistantes au changement climatique. «Elles peuvent aussi aider d’autres forêts à se régénérer plus rapidement et vigoureusement. Ce type de refuge pour la biodiversité permettra à d’autres forêts d’accueillir plus de biodiversité et de participer à sa préservation.»

 

Selon lui, les manifestants souhaitent que la Première Nation Pacheedaht puisse avoir le contrôle de ses terres, ce qui n’est pas le cas pour la zone exploitée par la compagnie forestière Teal-Jones. «Nous essayons simplement de tenir bon jusqu’à ce que le gouvernement fasse ce qu’il est censé faire en fournissant un financement de conservation aux Pacheedaht afin qu’ils n’aient pas à participer à l’exploitation des dernières forêts anciennes sur leurs terres [par une tierce partie] et qu’ils cessent d’être contraints d’accepter des accords terribles de ces entreprises forestières.» 

 

Rainbow Eyes

 

La manifestante de la Première Nation Da’naxda’xw-Awaetlala sur l’île de Vancouver, Rainbow Eyes (Yeux arc-en-ciel), en est à sa quatrième arrestation et sa remise en liberté est désormais sous conditions. Lors de sa troisième arrestation, son tambour a également été confisqué et il est «toujours en prison». Le fameux tambour devrait comparaître en justice le 25 octobre.

 

Formée comme gardienne des terres pour sa nation à l’Université de Victoria, la femme dans la trentaine voit le mouvement comme le début possible de la réconciliation. «Ce sont les citoyens qui travaillent à la réconciliation devant l’absence du gouvernement, situation qui semble faire son affaire. John Horgan, “s’il vous plaît, dites quelque chose”. Justin Trudeau, “dites quelque chose”. La situation attire l’attention internationale, vous savez ce qui se passe mais vous restez silencieux. Voilà comment ça se passe. Nous le savons aussi dans les Premières Nations, chaque nation le sait. Ces gens laissent les choses s’effondrer puis ils interviennent quand ça leur semble bon pour l’économie», croit-elle.

 

Pour Rainbow Eyes, la fin potentielle de l’injonction le 26 septembre a peu de signification. «Je suppose que je serai heureuse que la GRC soit obligée de partir, mais je n’ai plus confiance dans le système. Ils trouveront toujours un moyen d’arriver à leur fin, à moins que nous fassions suffisamment de bruit, que nous soyons solidaires», conclut-elle.

 

«Je suppose que je serai heureuse que la GRC soit obligée de partir, mais je n’ai plus confiance dans le système.» Rainbow Eyes

 

Pendant ce temps, la GRC a demandé à la Cour suprême d’indiquer de façon précise ce qu’ils doivent faire sur le terrain pour s’assurer que l’injonction soit respectée.

 

*À noter : Le pseudonyme des manifestants a été utilisé à des fins de protection personnelle.

 

Le bassin versant du ruisseau Fairy fait partie de la licence d’exploitation forestière no 46 détenue par la compagnie forestière privée Teal-Jones qui exploite 59 000 hectares près de Port Renfrew, dans le sud-ouest de l’île de Vancouver. Le mouvement Fairy Creek, qui a d’abord travaillé à la protection du bassin versant du ruisseau Fairy, cherche désormais à empêcher l’exploitation de l’ensemble des forêts anciennes du sud de l’île de Vancouver.

 

Les forêts anciennes

«Les forêts anciennes sont celles qui n’ont pas subi de perturbations importantes, telles que des feux de forêt et des coupes à blanc, depuis un siècle ou plus, selon le type de forêt. Cependant, il n’est pas facile de déterminer l’âge exact à partir duquel une forêt devient ancienne, car la composition et la durée de vie d’une forêt varient considérablement en fonction du climat, de la géographie et du sol.»  Source : Conservation de la nature Canada
Les forêts côtières de la Colombie-Britannique sont considérées comme anciennes par le gouvernement de la province si elles contiennent des arbres de plus de 250 ans. Certains arbres peuvent avoir jusqu’à 2000 ans.

Le Musée se situe au milieu du parc provincial de Midland à Drumheller, dans une zone à la végétation minimale. Il repose au cœur des Badlands de l’Alberta où alternent collines aux pentes abruptes et vallées profondes.

«Ça ressemble à un paysage lunaire, un environnement que les gens n’ont, bien souvent, jamais vu auparavant», explique le conservateur de la paléoécologie des dinosaures du Musée, François Therrien.

Le Musée expose une quarantaine de squelettes complets de dinosaures. Crédit : Marie-Paule Berthiaume

Le Musée expose une quarantaine de squelettes complets de dinosaures. Crédit : Marie-Paule Berthiaume

Géré par le gouvernement de l’Alberta, le centre de recherche du Musée emploie six paléontologues, dont François Therrien qui se concentre sur le comportement des dinosaures et les effets qu’ont eus les changements environnementaux et climatiques sur les formes de vie anciennes.

«Chaque paléontologue a sa propre spécialité. Plusieurs d’entre nous étudient les dinosaures tandis que d’autres étudient les amphibiens, les mammifères, les reptiles marins et les tortues. Certains de ces animaux existent toujours aujourd’hui, mais plusieurs ont disparu», révèle-t-il en ajoutant que le Musée agit comme centre d’archives.

Le Musée est entouré de plusieurs sentiers de randonnées et d’aires de pique-nique qui facilitent l’exploration des Badlands. Crédit : Marie-Paule Berthiaume

Le Musée est entouré de plusieurs sentiers de randonnées et d’aires de pique-nique qui facilitent l’exploration des Badlands. Crédit : Marie-Paule Berthiaume

En effet, il explique que des chercheurs de partout dans le monde se penchent sur les fossiles albertains afin de les comparer à ceux qu’ils découvrent dans leur lieu d’origine ou pour étudier les spécimens uniques à l’Alberta.

Fierté albertaine

L’Alberta est parmi les cinq endroits les plus riches en fossiles au monde avec le désert de Gobi en Mongolie, la Chine – particulièrement la province du Liaoning -, l’Argentine en Amérique du Sud et l’Utah aux États-Unis.

«Les roches qu’on retrouve dans les Badlands se sont formées pendant l’ère des dinosaures, c’est pour ça que l’on y trouve beaucoup de fossiles de dinosaures», explique François Therrien.

«Les roches qu’on retrouve dans les Badlands se sont formées pendant l’ère des dinosaures, c’est pour ça que l’on y trouve beaucoup de fossiles de dinosaures.» François Therrien

Depuis 2021, le Musée est aussi reconnu parce qu’il détient cinq records du monde Guinness : l’animal ayant le cou le plus long de tous les temps (basé sur le nombre de vertèbres), le dinosaure cuirassé le mieux préservé, le squelette de tyrannosaure le plus complet, l’ornithomimidé le plus complet et le plus grand reptile marin.

Programmation éducative

En plus des camps d’été destinés aux jeunes, le Musée offre plusieurs programmes éducatifs, dont certains en français. La programmation, en présentiel et en virtuel, vise autant les établissements scolaires qu’un public de tout âge.

L’imposant Hall des dinosaures est considéré comme le «joyau du Musée». Crédit : Marie-Paule Berthiaume

L’imposant Hall des dinosaures est considéré comme le «joyau du Musée». Crédit : Marie-Paule Berthiaume

Les visiteurs sont invités à faire du moulage de fossiles ou à participer à des expéditions guidées à travers les Badlands. «Les visiteurs peuvent effectuer des fouilles simulées comme de vrais paléontologues. Ils sont invités à creuser dans la roche, à l’aide d’un pinceau et d’un pic, afin d’y dégager des répliques de fossiles qui sont ensevelis», indique François Therrien, en ajoutant qu’on peut également en apprendre sur l’activité paléontologique en déambulant à travers les salles d’exposition.

«Les visiteurs peuvent effectuer des fouilles simulées comme de vrais paléontologues.» François Therrien

«Les visiteurs ont une vue sur le laboratoire de préparation où nos huit techniciens s’affairent à dégager les fossiles ramassés par les paléontologues dans les Badlands», dit-il. Il rappelle qu’un technicien au travail répond aussi aux questions sur le processus d’extraction et de nettoyage à l’intérieur même du Musée.

Pour François Therrien, le Musée royal Tyrrell de paléontologie offre l’accès à un lieu de découvertes exceptionnelles qui permet aux visiteurs de «voyager dans le temps, à travers les treize galeries du Musée qui expliquent l’évolution de la vie au cours du dernier milliard d’années».

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Marie-Paule Berthiaume

IJL – Réseau.Presse – Le Franco

 

Cette initiative à priori «verte» prend une toute autre dimension en Alberta, où le réseau électrique est principalement alimenté au gaz naturel. Le jeu en vaut cependant la chandelle.

 

Partenariat fédéral-municipal

Annoncée le 2 février dernier par le ministre du Tourisme et ministre associé des Finances, l’honorable Randy Boissonnault, au nom du ministre des Ressources naturelles, l’honorable Jonathan Wilkinson, l’initiative de deux millions de dollars vise à encourager les contribuables de l’Alberta, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick à délaisser les véhicules opérant exclusivement au pétrole.

L’honorable Randy Boissonnault. Crédit : Chambre des communes

L’honorable Randy Boissonnault. Crédit : Chambre des communes

 

Le ministre Boissonnault salue le partenariat entre les municipalités et le gouvernement fédéral dans le dossier des bornes de recharge des véhicules électriques. «Notre plan est d’installer des bornes de recharge à travers le Canada. On veut que les Albertains achètent un véhicule hybride ou électrique comme mode de transport.»

 

«Notre plan est d’installer des bornes de recharge à travers le Canada. On veut que les Albertains achètent un véhicule hybride ou électrique comme mode de transport.» Randy Boissonnault

 

Pour lui, il est essentiel de développer le réseau de bornes pour éviter l’anxiété de distance, soit l’inquiétude que la batterie soit à court d’énergie avant d’atteindre la destination ou un point de charge. Il rappelle en outre que le froid hivernal albertain réduit significativement la durée de la batterie.

 

Le ministre dit vouloir s’assurer que les contribuables puissent sortir des grandes villes sans souci, en ayant accès à des points de recharge là où ils en ont besoin.

 

Gaz naturel

Ingénieur chez Associated Engineering (AE), Craig MacDonald travaille sur des projets relatifs au climat, à l’énergie et aux émissions de gaz à effets de serre. Il indique que bien que le réseau de bornes de l’Alberta soit toujours alimenté par des combustibles fossiles, il devient progressivement «plus propre» et bénéficiera de l’élimination progressive de l’énergie provenant du charbon planifiée par la province à partir de 2023.

 

«L’Alberta Electric System Operator (AESO) a préparé différents scénarios sur la composition du réseau électrique de l’Alberta au cours des 20 prochaines années (section 4.2.2). Le gaz naturel a une intensité d’émissions plus faible que le charbon, ce qui réduira les émissions des véhicules électriques», explique celui dont les recherches universitaires ont porté sur l’intensité des émissions des véhicules électriques/zéro émission.

Craig MacDonald. Crédit : Courtoisie

Craig MacDonald. Crédit : Courtoisie

 

Il ajoute que le gouvernement de l’Alberta «peut et doit faire davantage pour assurer la transition du réseau vers des sources de combustible à faibles émissions comme l’éolien et le solaire». Selon lui, financer des infrastructures qui accéléreront la transition vers l’achat de véhicules électriques est essentiel.

 

«Les émissions du secteur des transports représentent 25% de l’ensemble des émissions du Canada et nous devrons éventuellement nous décarboniser, autant le faire maintenant!» Craig MacDonald

 

«Les émissions du secteur des transports représentent 25% de l’ensemble des émissions du Canada et nous devrons éventuellement nous décarboniser, autant le faire maintenant! En plus de l’engagement du gouvernement fédéral selon lequel, d’ici 2035, toute nouvelle voiture et tout nouveau camion léger vendu seront des véhicules électriques, on remarque que le marché évolue déjà rapidement dans cette direction», conclut-il.

 

Craig MacDonald nous rappelle que la Régie de l’énergie du Canada (REC) propose un outil qui évalue comment les véhicules électriques et hybrides se comparent aux véhicules non électriques dans différentes provinces. Il note cependant que ces données datent de 2018 et que le réseau de l’Alberta est «plus propre qu’il y a quatre ans et qu’il continuera dans cette voie.»

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