À Brooks, la ville est plus sécuritaire

Écrit par : Isaac Lamoureux

19 février 2022

Le programme Les Anges de la neige (SnowAngels) est une collaboration entre l’Association Francophone de Brooks (AFB) et la ville de Brooks située dans le sud-est de l’Alberta. Ce projet recrute de jeunes bénévoles pour déneiger les trottoirs et les routes des personnes qui en ont besoin. Ce projet longtemps oublié, faute de main-d’œuvre, a été présenté et approuvé par la ville le 7 décembre dernier.

Isaac Lamoureux
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

L’AFB a toujours su motiver ses membres pour faire du bénévolat dans la ville, et ce, dès 2006. À l’époque, l’organisme envoyait des bénévoles à l’hôpital pour nettoyer les alentours, à la banque alimentaire pour aider à la distribution de nourriture et dans les résidences pour personnes âgées pour leur lire les journaux afin qu’elles soient informées sur l’actualité.

Le programme Anges de la neige ne date pas d’hier. Celui-ci a été initialement créé, il y a «dix ans passés. Nous avons commencé à revitaliser le projet en hiver 2021», dit Jenovie Landu Mwaka, la présidente du comité des jeunes de l’AFB.

Les participants à la formation sur le développement communautaire à Heritage Inn Hotel à Brooks après la formation.

Les participants à la formation sur le développement communautaire à Heritage Inn Hotel à Brooks après la formation. Crédit : Courtoisie

Les Anges de la neige est l’un des trois microprojets appuyés par l’AFB et présentés à la municipalité de Brooks. À vocation citoyenne, ce programme a permis de créer une escouade de bénévoles francophones afin d’assurer le déneigement de certains résidents (plus fragiles) de Brooks. Ils sont donc nombreux à parcourir les rues pour faciliter la vie des personnes âgées et handicapées.

La ville de Brooks appuie les bénévoles de l’AFB depuis les tout débuts du projet. Amanda Peterson, la directrice municipale adjointe de Brooks a, entre autres, «compilé une lettre de donation afin que les bénévoles puissent demander aux entreprises des dons et, notamment, des pelles à neige».

Malgré le froid, les bénévoles réchauffent les cœurs 

Submergés sous les fortes chutes de neige de décembre dernier, les particuliers ont été nombreux à demander l’aide des Anges de la neige. Jenovie Landu Mwaka confirme d’ailleurs que «l’un des plus gros défis était la météo». En effet, il a fallu sortir même par des températures rarement vues en début d’hiver. Ainsi, de -34 degrés à -21, le jour le plus «chaud» du mois, les Anges ont fait preuve de solidarité envers leurs concitoyens.

Parmi ces Anges de la neige, plusieurs sont des élèves fréquentant l’école secondaire. Un défi de taille lorsque le besoin se fait sentir tôt le matin. Il est parfois difficile de trouver des bénévoles disponibles, explique la présidente.

Durant une trentaine de jours, plus de 12 personnes différentes ont ainsi fait appel à leurs services. Mais ce chiffre ne reflétait pas la réalité ni la lourdeur de la tâche qui les attendait. Ces 12 clients représentaient en fait 12 communautés différentes. «Parmi les communautés qu’ils ont aidé à déneiger, il y avait des culs-de-sac, des maisons de retraite et des rues entières», explique Désiré Kiana.

«Il donne aux jeunes une grande présence dans notre communauté.» Amanda Peterson

Heureusement pour les Anges de la neige, la ville de Brooks les a aidés à planifier leur parcours en cartographiant les communautés «pour s’assurer qu’ils savaient qu’ils avaient assez de bénévoles et de pelles à neige nécessaires pour chaque zone», dit Amanda Peterson. Elle souligne une nouvelle fois l’importance de ce projet. «Il donne aux jeunes une grande présence dans notre communauté.» Une belle façon de les remercier pour cette solidarité si importante aux yeux de nombreux habitants.

Trois projets qui aident la communauté à devenir plus sécuritaire

Si les Anges de la neige ont connu beaucoup de succès en raison des conditions météorologiques extrêmes, les deux autres projets proposés par l’AFB sont en cours de réalisation. L’un consiste à rendre plus sécuritaire le bâtiment que l’AFB partage avec deux autres organismes œuvrant auprès des jeunes. Les bénévoles installent des clôtures à l’extérieur afin de sécuriser les aires de jeu. Finalement, l’AFB espère rendre d’autres endroits de la ville plus sécuritaires, entre autres, par la signalisation routière. L’association plaide auprès du conseil municipal pour savoir où et comment rendre ces zones plus sécuritaires.

Déblaiement de la neige sur la 1e avenue à Brooks.

Déblaiement de la neige sur la 1e avenue à Brooks. Crédit : Courtoisie

Quel que soit le projet sur lequel ils travaillent, les jeunes bénévoles sont d’une importance vitale pour la ville, comme le confirme Amanda Peterson : «Nous avons beaucoup de chance de les avoir!»

Désiré Kiana explique avec regret que trop souvent, «les jeunes immigrants qui arrivent sont considérés comme un danger pour la communauté». Mais, aujourd’hui, grâce aux efforts de l’AFB pour les maintenir engagés dans la communauté et dans le bénévolat, ces jeunes peuvent éviter les problèmes et la communauté les accueille à bras ouverts.

À lire aussi :

Alors que la population de Brooks s’élève à environ 14 500 personnes, Désiré Kiana, le directeur de programmes à l’AFB, dit «qu’il y a à peu près 475 francophones dans la ville de Brooks».

Mais, parmi les nombreux bénévoles, Jenovie Landu Mwaka explique «qu’il n’y a pas que des francophones». Elle souligne le multiculturalisme de l’Association et la provenance des immigrants : «Ils viennent de Syrie, de Somalie, du Congo, de partout.» Si beaucoup d’immigrants sont originaires de pays francophones, certains proviennent également de régions anglophones.

«Pour aider les jeunes ou ceux qui aimeraient apprendre plus sur la francophonie et aussi la langue française.» Jenovie Landu Mwaka

La jeune fille de 18 ans explique à quel point l’AFB l’a beaucoup aidée à communiquer avec les autres en français parce que sa langue maternelle est le lingala. Une langue parlée notamment en République démocratique du Congo, mais aussi en Angola, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Elle conclut, «l’Association Francophone de Brooks est là pour aider les jeunes ou ceux qui aimeraient apprendre plus sur la francophonie et aussi la langue française».

Partager

La francophonie albertaine vous intéresse?

Nous aussi.

Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour recevoir chaque deux semaines un concentré de nos meilleures histoires!