Prix Manon-Bouthillier : Des parents qui s’impliquent dans la francophonie

Écrit par : Gabrielle Beaupré

24 janvier 2022

  • Montage photo de 4 gagnants et gagnantes du prix Manon-Bouthillier

Chaque année, et ce, depuis 1999, chaque association membre de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) est invitée à nommer un parent pour les prix Manon-Bouthillier. 

Ijl – Réseau.Presse – Le Franco

Pendant l’année, le lauréat doit accomplir des actions «pour faire avancer la francophonie ou pour faire la promotion du français auprès des familles de sa communauté», explique Mireille Péloquin, la directrice générale de la FPFA.

Lors de sa dernière assemblée générale annuelle qui s’est déroulée le 20 novembre dernier, la FPFA a remis 31 prix Manon-Bouthillier. «C’est une année record!», s’exclame la directrice générale. La rédaction s’est entretenue avec quatre de ces lauréats.

Gabriel Asselin 

Ce parent bénévole de l’école La Vérendrye s’implique dans la communauté de Lethbridge afin d’offrir à ses trois enfants une belle expérience de la francophonie. Originaire du Québec, le père de famille tient à ce que ses enfants fréquentent l’école francophone.

Même si celle-ci n’offre pas autant d’options que les établissements anglophones, Gabriel Asselin trouve «important que les élèves de La Vérendrye aient accès à leurs activités même si ce n’est pas toujours en français».

Gabriel Asselin trouve «important que les élèves de La Vérendrye aient accès à leurs activités même si ce n’est pas toujours en français».

Il a reçu le prix Manon-Bouthillier en raison de son rôle important dans le partenariat sportif développé entre l’école La Vérendrye et l’école secondaire Lethbridge Collegiate Institute (LCI).

Un projet né du désir de son fils de jouer au football. Dès lors, Gabriel Asselin a entamé les démarches pour développer ce partenariat entre le Conseil scolaire FrancoSud et le LCI. Cette alliance a permis à deux élèves de l’école francophone de jouer au football lors de la saison 2021. «Ils ont bien aimé l’expérience et espèrent pouvoir continuer l’an prochain», relate-t-il.

Gabriel Asselin

Gabriel Asselin. Crédit : Courtoisie

Impliqué dans la francophonie dès son arrivée à Lethbridge en 2015, Gabriel Asselin aime consacrer ses efforts auprès de toute la communauté. Avec la création de partenariats entre les écoles, «on veut donner le plus de raisons possible aux gens de rester à l’école en français».

Gabriel apprécie énormément de recevoir le prix Manon-Bouthillier et le voit comme un symbole de reconnaissance et d’espoir. «C’est agréable de voir que le travail est reconnu par les gens de la communauté.»

Alexie Chabot

Mère de deux enfants, Alexie Chabot a grandi dans la communauté fransaskoise. Elle a eu la chance de fréquenter l’école francophone et tient aujourd’hui à offrir la même éducation à ses filles. Pour elle, parler français, c’est une richesse.

Résidente de Cochrane, elle est très contente d’y trouver une communauté francophone et ainsi pouvoir continuer à «préserver sa culture et sa langue».

«Préserver sa culture et sa langue». Alexie Chabot

Tout comme la plupart des lauréats, Alexie s’implique dans l’éducation de ses enfants. Membre de l’Association des parents francophones de Cochrane et responsable de l’organisation des casinos, elle gère cette activité de financement pour la prématernelle Les Petites Abeilles.

Elle raconte d’ailleurs que le dernier casino de l’organisme n’a pas été de tout repos. En effet, il devait avoir lieu en mars 2020 en plein dans le début officiel de la pandémie de COVID-19 au Canada.

Alexie Chabot

Alexie Chabot. Crédit : Courtoisie

Alexie a reçu le prix Manon-Bouthillier pour avoir travaillé d’arrache-pied pour que cette activité de financement essentielle ne soit pas annulée. «Elle rend les frais de l’éducation plus abordables et nous donne des sous pour les futures activités», explique-t-elle.

Malheureusement, en raison de la situation sanitaire, le casino n’a pas eu lieu. «C’était un peu frustrant puisqu’on y avait vraiment mis beaucoup d’efforts.» Toutefois, la prématernelle Les Petites Abeilles a tout de même réussi à obtenir des fonds grâce au travail acharné d’Alexie.

Honorée d’avoir reçu le prix Manon-Bouthillier, elle tient aussi à lever son chapeau à tous les parents impliqués dans la communauté francophone de Cochrane.

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Marie-Pier Tailly

Déménagée en Alberta pour quelques mois seulement afin d’apprendre l’anglais, Marie-Pier Tailly y réside depuis maintenant 14 ans. Mère de deux enfants, elle estime que l’éducation en français est primordiale puisque ses parents et ceux de son conjoint ne parlent pas anglais. «C’est très important pour moi que mes enfants puissent apprendre le français et communiquer avec leurs grands-parents.»

Présidente de la Société de parents de l’école Boréal, membre du conseil d’administration de l’ACFA régionale de Wood Buffalo et cheffe de mission pour les Jeux Francophones de l’Alberta, elle s’exclame : «Je suis tellement contente que mes enfants puissent avoir une éducation en français en Alberta, alors je m’implique pour que ça continue!»

«Je suis tellement contente que mes enfants puissent avoir une éducation en français en Alberta, alors je m’implique pour que ça continue!» Marie-Pier Tailly

Le bénévolat est «dans mes gènes». Lorsqu’elle était enfant, ses parents et ses grands-parents se sont beaucoup impliqués à la bibliothèque. «J’ai grandi comme ça et j’aime le bénévolat.» Aujourd’hui, elle suit leurs traces et «donne l’exemple à ses enfants».

C’est en raison de son engagement dans la vie communautaire de Fort McMurray que Marie-Pier a reçu le prix Manon-Bouthillier. C’est un grand plaisir pour elle de recevoir un tel honneur et elle mentionne que l’engagement des parents dans l’éducation francophone est avant tout un travail d’équipe.

Marie Pier Tailly

Marie-Pier Tailly, son conjoint et leurs enfants. Crédit : Courtoisie

En effet, ensemble, ils mettent beaucoup d’efforts pour organiser notamment des campagnes de financement telles que des ventes de chocolats, de paniers d’Halloween et de Noël. Pour elle, chaque parent qui donne de son temps pour appuyer l’éducation francophone mérite un prix.

Rodney Al

Francophile, Rodney Al tient à ce que ses deux enfants apprennent le français afin de leur permettre de s’ouvrir au monde. «Je veux qu’ils aient une vision plus grande qu’une seule langue», souligne-t-il.

Avec sa famille, Rodney fréquente l’Institut Guy-Lacombe de la famille (IGLF) situé à La Cité francophone, à Edmonton. L’organisme leur fournit d’ailleurs une grande aide. «J’y ai notamment suivi quelques cours pour m’aider à améliorer mes habiletés parentales.»

Rodney Al et ses deux filles

Rodney Al et ses deux filles. Crédit : Courtoisie

Pour Rodney, l’IGLF est un endroit qui permet de tisser des liens dans la communauté francophone. Ses enfants ont aussi l’occasion d’échanger avec des jeunes qu’ils ne croisent pas à leur école. Il relate que l’IGLF a accueilli chaleureusement sa famille, même si elle est anglophone.

Il sourit en mentionnant comment le centre de ressources familiales lui a ouvert la porte pour qu’il puisse devenir un membre à part entière de la communauté franco-albertaine. Aujourd’hui, Rodney y donne des ateliers sur l’importance du recyclage et, lors de ses visites, il aime donner un coup de main, saluer les employés et les autres parents ainsi que «faire sourire les enfants».

Le lauréat du prix Manon-Bouthillier se dit toutefois un peu timide quant à sa nomination puisqu’il croit à l’esprit du bénévolat. «Ça prend un village pour éduquer un enfant et il a besoin d’un village pour grandir.»

«Ça prend un village pour éduquer un enfant et il a besoin d’un village pour grandir.» Rodney Al

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