Le Québec veut aider les francophonies canadiennes à s’épanouir

Écrit par : Gabrielle Beaupré

14 avril 2022

Crédit : Tim Geenens / Unsplash.com
En juin dernier, Québec a invité les francophonies canadiennes à se réunir afin de trouver des solutions pour promouvoir la langue française. À la fin du Sommet, le Québec est reparti avec 146 fiches de notes pour l’aider dans l’élaboration de sa Politique en matière de francophonie canadienne. Le dévoilement de celle-ci a été fait le 20 mars dernier.

 

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

 

Les premières réactions de la francophonie albertaine vis-à-vis de ces choix politiques semblent optimistes. Avec une vision, cinq objectifs, un plan de 75 actions à réaliser sur une durée de trois ans et un investissement total de 24,5 millions de dollars, cette politique est un réel engagement de Québec pour soutenir les francophonies canadiennes. Elle s’annonce audacieuse et de bon augure.

 

«Elle est extrêmement ambitieuse», déclare Valérie Lapointe Gagnon, professeure agrégée d’histoire et droits linguistiques au Campus Saint-Jean. D’ailleurs, l’une de ses orientations est de favoriser une meilleure connaissance mutuelle entre le Québec et les communautés francophones.

 

«On part de loin», dit Mme Lapointe Gagnon. Un avis partagé par Étienne, directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta, organisme responsable du volet touristique en français pour la province. Il explique que les Québécois ne connaissent pas l’existence de la communauté franco-albertaine. En fait, c’est seulement à leur arrivée en Alberta que les touristes québécois découvrent l’existence de la richesse francophone.
Valérie Lapointe Gagnon, Étienne Alary, Isabelle Laurin. Crédits : Courtoisie

Valérie Lapointe Gagnon, Étienne Alary, Isabelle Laurin. Crédits : Courtoisie

 

De plus, Valérie Lapointe Gagnon explique avoir eu des échos négatifs de la part de certains Québécois à la suite de l’annonce de l’investissement du gouvernement envers les francophonies canadiennes. Selon d’autres observateurs, ils montrent aussi de la résistance, même sur les réseaux sociaux comme Twitter.

 

La professeure agrégée explique que ces efforts pour protéger le français ne doivent pas être concentrés juste au Québec mais partout au Canada. Comme constat, elle ajoute qu’il «y a beaucoup de travail à faire» pour faire connaître la présence bruyante des communautés francophones de l’Ouest aux Québécois sans qu’ils quittent leur province francophone.

 

Optimiste, Isabelle Laurin, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), souhaite que l’instauration de la Journée québécoise de la francophonie canadienne en date du 22 mars de chaque année aide à promouvoir la présence des communautés francophones partout au pays. «On espère qu’elle va appuyer une meilleure connaissance des Québécois à l’égard de la francophonie canadienne et des différentes cultures qui la compose.»

 

«On espère qu’elle va appuyer une meilleure connaissance des Québécois à l’égard de la francophonie canadienne.» Isabelle Laurin

 

Un chef de file

Pour Québec, se doter d’une politique en matière de francophonie canadienne est une façon de devenir le chef de file dans la défense de la langue française. «C’est un gros morceau à l’échelle nord-américaine et le français est menacé de partout», souligne Valérie Lapointe Gagnon.

 

La professeure raconte que dans le passé, le Québec avait déjà exprimé sa volonté de jouer ce rôle de meneur, mais aucune action n’avait été concrétisée. Cependant, la situation est différente et, maintenant, «on veut mobiliser les ressources» pour protéger la francophonie.

 

Avec ses actions, Étienne Alary observe que le gouvernement québécois veut travailler en équipe avec les francophonies canadiennes dans la promotion de la langue de Molière. «Il les valorise et les met en valeur.»

 

Un pas dans la bonne direction

Valérie Lapointe Gagnon voit donc la Politique du Québec en matière de francophonie canadienne d’un bon œil. «C’est un pas dans la bonne direction.» On peut d’ailleurs considérer le travail de consultation effectué en amont et notamment lors du Sommet sur les rapprochements des francophonies canadiennes. Cet événement a démontré que ses leaders veulent faire partie de la solution, estime-t-elle.

 

«C’est un pas dans la bonne direction.» Valérie Lapointe Gagnon

 

Et maintenant? La professeure du Campus Saint-Jean mentionne que même si la politique est lancée, Québec doit continuer ses démarches de dialogue avec les communautés francophones situées dans les quatre coins du pays.

 

Néanmoins, Québec montre déjà qu’elle est sérieuse dans ses démarches puisque les 9 et 10 mai prochain, elle sera l’hôte de la première rencontre «Mobilisation Franco» avec les leaders des francophonies canadiennes.

 

 

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