Régions isolées, bilinguisme et entrepreneuriat se croisent

Écrit par : Vienna Doell

6 mai 2022

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La famille Boisvert. (De gauche à droite) Tina, Rene, Lorraine et Raymond. Crédit : Mireille Belzile Photography
Loin des centres urbains albertains, le Québécois Martin Thibault ainsi que les Franco-Albertains Marianne Houle et Raymond Boisvert font vivre leur petite entreprise. Dans la région de Rivière-la-Paix, ils sont des acteurs de l’économie locale, en français, mais aussi en anglais.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Ces entrepreneurs bilingues ont un point commun. Ils font partie d’un petit pourcentage d’Albertains qui utilisent les deux langues de manière égale dans leur emploi au quotidien, soit 0,2% selon Statistique Canada (2016). Une complémentarité linguistique qui peut aussi, à la longue, devenir une dualité compliquée à assumer.

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Marianne est originaire de Falher et y dirige toujours son entreprise de comptabilité MLH Bookkeeping Services. Ses relations familiales, qui «ont toujours travaillé et enseigné dans la région», l’ont influencée à demeurer dans le nord-ouest de la province. Elle offre ses services bilingues à temps partiel et travaille sur son temps personnel pour servir une clientèle variée, des fermiers aux gens «sous contrat avec les puits d’huile».

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Bien qu’elle exerce dans les deux langues, elle préfère parler en français et écrire en anglais. Marianne n’a pas d’employé et exerce de la maison. Elle profite donc d’une grande flexibilité. À l’inverse, Martin Thibault a besoin de rester en contact avec sa clientèle.

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Des besoins particuliers pour des emplois spécialisés

Propriétaire d’une entreprise de travaux d’excavation, de distribution d’eau, de systèmes d’égouts, de fosses septiques et de services d’aménagement paysager, Martin Thibault est, lui aussi, bilingue dans son milieu professionnel. «C’est moitié-moitié!»

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Marianne Houle. Crédit : Mireille Belzile Photography

Marianne Houle. Crédit : Mireille Belzile Photography

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Toutefois, contrairement à Marianne, il a besoin de se déplacer sur les chantiers pour voir les gens en personne. Il peut parfois faire plus de 200 km, mais assure que lorsqu’il peut s’exprimer en français, il est ravi. «Être capable de servir la communauté» est important pour Martin Thibault qui travaille parfois en famille, avec son fils et sa femme. Il ajoute même, avec enthousiasme, «les clients en français, c’est amusant».

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Comme Marianne, le développement d’affaires n’est pas nécessairement dans leur esprit. En effet, le fait de vivre dans une région isolée évite la concurrence. À Falher depuis 2003, Martin Thibault aime être utile pour sa communauté et se sent «chanceux d’être dans le Nord».

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Un rapport à la langue qui évolue

L’histoire de Raymond Boisvert diffère légèrement. Dès 1981 et au cours de ses premières années comme gestionnaire d’un garage (Service Garage LTD), «on faisait 80% de nos affaires en français, 20% en anglais.» Aujourd’hui, ses échanges linguistiques se sont complètement inversés.

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«On faisait 80% de nos affaires en français, 20% en anglais.» Raymond Boisvert

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Il exprime une grande reconnaissance pour «les trois générations de customers» qui soutiennent leur garage automobile depuis 42 ans. Il avoue être vraiment content de parler français.

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Travaillant avec sa femme Lorraine et leurs deux enfants, Tina et Rene, il insiste sur le fait qu’ils sont très qualifiés et l’aident à gérer l’entreprise. D’ailleurs, le chef d’entreprise de Girouxville ne voit pas les choses évoluer en fonction de la langue qu’il emploie, mais plutôt par un changement de comportement de la clientèle.

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«Il n’y a pas assez de support et pas assez de volume.» Il statue, «c’est trop facile pour le public, s’ils ont besoin de quelque chose, ils vont à Grande Prairie et Edmonton», des centres urbains avec de nombreux services anglophones.

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La demande de services bilingues

Selon Statistique Canada, depuis 2001, il existe une croissance continuelle du nombre de personnes s’exprimant en français au travail dans la province.

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Le français parlé à égalité avec une autre langue a augmenté de 90,8% entre 2001 et 2016. En général, le français utilisé au travail a augmenté de 30,4% entre 2001 et 2016.

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Des chiffres qui ne font que renforcer la place des francophones sur le territoire. Car, lorsqu’il s’agit d’utiliser la langue de Molière ou la langue de Shakespeare, ces entrepreneurs bilingues sont équipés pour assurer leur succès et le bonheur de leurs clients.

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*Pour en savoir plus sur ces entrepreneurs qui font la richesse du nord de la province, vous pouvez consulter le site web de Nord-Ouest FM.

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