le Mardi 6 juin 2023

Intentées en justice par l’ACFA le 17 août 2020, la province et l’Université de l’Alberta avaient déposé une motion pour faire radier de la poursuite les allégations de violation de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Pour les parties défenderesses, ces accusations étaient «vouées à l’échec et ne devaient pas faire l’objet d’un procès».

Cependant, la juge de la Cour du Banc du Roi, April Grosse, ne l’a pas reconnu ainsi. Dans son jugement rendu le 14 septembre dernier, elle énonce la possibilité qu’il y ait un lien entre le financement précaire du Campus Saint-Jean et la pénurie de personnel dans les écoles élémentaires et secondaires francophones de la province.

Cela démontre que les parties défenderesses devront prendre au sérieux les accusations et aller se défendre contre les allégations de violation de l’article 23 de la Charte. L’ACFA, quant à elle, devra prouver leur véracité au cours de la procédure judiciaire.

Les espoirs de la francophonie

«Nous sommes très contents de la décision de la Cour du Banc du Roi. Ça fait plus de deux ans qu’on patauge dans des motions préliminaires», déclare le vice-président de l’ACFA, Pierre Asselin. L’ACFA espère toutefois que la province ne déposera pas de nouvelles motions, ce qui pourrait encore retarder la procédure judiciaire.

«Nous sommes très contents de la décision de la Cour du Banc du Roi. Ça fait plus de deux ans qu’on patauge dans des motions préliminaires.» Pierre Asselin

Avec ce jugement, l’ACFA souhaite trouver rapidement une solution politique à ce litige. Plus précisément, elle voudrait que la décision de la juge Grosse mène à des négociations avec la province et l’Université de l’Alberta afin de trouver une solution permanente au financement du Campus Saint-Jean.

M. Asselin souligne que l’argent des parties défenderesses serait mieux investi dans le fonctionnement du Campus Saint-Jean que dans la poursuite. Cela dit, si une entente n’est pas trouvée, Pierre Asselin et Me Mark Power, l’avocat de l’ACFA et associé de Juristes Power Law, unissent leur voix et affirment qu’ils seront prêts pour la suite des procédures judiciaires.

Des alliés de taille

Comme ils sont de fervents défenseurs de l’article 23 de la Charte, les conseils scolaires Centre-Nord, Centre-Est, Nord-Ouest et FrancoSud sont devenus, à l’automne 2021, codemandeurs dans la poursuite judiciaire, au même titre que l’ACFA.

Ils accusent, eux aussi, le gouvernement provincial et l’Université de l’Alberta d’avoir créé une situation financière précaire au Campus Saint-Jean en violant l’article 23 de la Charte et le principe constitutionnel de la protection des droits des minorités.

Me Mark Power, associé de Juriste Power Law et avocat de l’ACFA. Crédit : Courtoisie

Me Mark Power, associé de Juriste Power Law et avocat de l’ACFA. Crédit : Courtoisie

D’ailleurs, avant de rendre son jugement, la juge Grosse avait pris connaissance de l’ajout des quatre conseils scolaires dans la poursuite, mais «elle a pu trancher en faveur de l’ACFA sans tenir compte de leur présence», explique Me Power.

Leur rôle sera toutefois important lors de l’étape préliminaire du procès. En effet, l’avocat de l’ACFA souligne que la preuve concernant l’article 23 sera directement apportée par les conseils scolaires francophones.

«Ils aideront à documenter fidèlement les problèmes d’aujourd’hui, mais aussi historiques des établissements scolaires et les besoins non comblés en matière de ressources humaines. La juge pourra ensuite mesurer l’écart entre les besoins objectifs et véritables de la main-d’œuvre formée par le Campus Saint-Jean», mentionne Me Power.

Dans les prochaines semaines

Dans la poursuite, l’ACFA accuse également la province et l’Université de l’Alberta d’avoir violé l’entente qu’ils ont signée en 1976 avec les Oblats, les fondateurs du Campus Saint-Jean. Cette entente engage les parties à assurer le développement de l’éducation francophone en Alberta.

Le vice-président de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Pierre Asselin. Crédit : Courtoisie

Le vice-président de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Pierre Asselin. Crédit : Courtoisie

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement provincial et l’Université de l’Alberta n’ont pas encore dévoilé la suite de leurs actions. En raison de la procédure judiciaire en cours, les deux parties ont décliné les demandes d’entrevue faites par la rédaction.

«L’ACFA tient très fort à défendre les droits linguistiques dans notre communauté et on ne lâchera pas.» Pierre Asselin

Toutefois, le ministre de l’Éducation postsecondaire, Demetrios Nicolaides, a indiqué à la rédaction, par courriel, avoir hâte de poursuivre les discussions avec l’ACFA et avec l’Université de l’Alberta afin d’essayer de trouver une solution concernant le sous-financement chronique du Campus Saint-Jean. Celles-ci se poursuivront au cours du mois d’octobre.

«L’ACFA tient très fort à défendre les droits linguistiques dans notre communauté et on ne lâchera pas», termine Pierre Asselin.

À lire aussi :

Le fédéral prête main-forte au Campus Saint-Jean, le provincial suit timidement
Campus Saint-Jean : 14 000$ pour appuyer l’ACFA dans sa poursuite judiciaire

Gabrielle Beaupr�
IJL – R�seau.Presse – Le Franco

Intent�es en justice par lACFA le 17 ao�t 2020, la province et lUniversit� de lAlberta avaient d�pos� une motion pour faire radier de la poursuite les all�gations de violation de larticle 23 de la Charte canadienne des droits et libert�s. Pour les parties d�fenderesses, ces accusations �taient �vou�es � l�chec et ne devaient pas faire lobjet dun proc�s�.

Cependant, la juge de la Cour du Banc du Roi, April Grosse, ne la pas reconnu ainsi. Dans son jugement rendu le 14 septembre dernier, elle �nonce la possibilit� quil y ait un lien entre le financement pr�caire du Campus Saint-Jean et la p�nurie de personnel dans les �coles �l�mentaires et secondaires francophones de la province.

Cela d�montre que les parties d�fenderesses devront prendre au s�rieux les accusations et aller se d�fendre contre les all�gations de violation de larticle 23 de la Charte. LACFA, quant � elle, devra prouver leur v�racit� au cours de la proc�dure judiciaire.

Les espoirs de la francophonie

�Nous sommes tr�s contents de la d�cision de la Cour du Banc du Roi. �a fait plus de deux ans quon patauge dans des motions pr�liminaires�, d�clare le vice-pr�sident de lACFA, Pierre Asselin. LACFA esp�re toutefois que la province ne d�posera pas de nouvelles motions, ce qui pourrait encore retarder la proc�dure judiciaire.

�Nous sommes tr�s contents de la d�cision de la Cour du Banc du Roi. �a fait plus de deux ans quon patauge dans des motions pr�liminaires.� Pierre Asselin

Avec ce jugement, lACFA souhaite trouver rapidement une solution politique � ce litige. Plus pr�cis�ment, elle voudrait que la d�cision de la juge Grosse m�ne � des n�gociations avec la province et lUniversit� de lAlberta afin de trouver une solution permanente au financement du Campus Saint-Jean.

M. Asselin souligne que largent des parties d�fenderesses serait mieux investi dans le fonctionnement du Campus Saint-Jean que dans la poursuite. Cela dit, si une entente nest pas trouv�e, Pierre Asselin et Me Mark Power, lavocat de lACFA et associ� de Juristes Power Law, unissent leur voix et affirment quils seront pr�ts pour la suite des proc�dures judiciaires.

Des alli�s de taille

Comme ils sont de fervents d�fenseurs de larticle 23 de la Charte, les conseils scolaires Centre-Nord, Centre-Est, Nord-Ouest et FrancoSud sont devenus, � lautomne 2021, codemandeurs dans la poursuite judiciaire, au m�me titre que lACFA.

Ils accusent, eux aussi, le gouvernement provincial et lUniversit� de lAlberta davoir cr�� une situation financi�re pr�caire au Campus Saint-Jean en violant larticle 23 de la Charte et le principe constitutionnel de la protection des droits des minorit�s.

Me Mark Power, associ� de Juriste Power Law et avocat de lACFA. Cr�dit : Courtoisie

Me Mark Power, associ� de Juriste Power Law et avocat de lACFA. Cr�dit : Courtoisie

Dailleurs, avant de rendre son jugement, la juge Grosse avait pris connaissance de lajout des quatre conseils scolaires dans la poursuite, mais �elle a pu trancher en faveur de lACFA sans tenir compte de leur pr�sence�, explique Me Power.

Leur r�le sera toutefois important lors de l�tape pr�liminaire du proc�s. En effet, lavocat de lACFA souligne que la preuve concernant larticle 23 sera directement apport�e par les conseils scolaires francophones.

�Ils aideront a documenter fidelement les problemes d’aujourd’hui, mais aussi historiques des �tablissements scolaires et les besoins non combles en matiere de ressources humaines. La juge pourra ensuite mesurer l’ecart entre les besoins objectifs et veritables de la main-d’Suvre formee par le Campus Saint-Jean�, mentionne Me Power.

Dans les prochaines semaines

Dans la poursuite, lACFA accuse �galement la province et lUniversit� de lAlberta davoir viol� lentente quils ont sign�e en 1976 avec les Oblats, les fondateurs du Campus Saint-Jean. Cette entente engage les parties � assurer le d�veloppement de l�ducation francophone en Alberta.

Le vice-pr�sident de lAssociation canadienne-fran�aise de lAlberta, Pierre Asselin. Cr�dit : Courtoisie

Le vice-pr�sident de lAssociation canadienne-fran�aise de lAlberta, Pierre Asselin. Cr�dit : Courtoisie

Au moment d�crire ces lignes, le gouvernement provincial et lUniversit� de lAlberta nont pas encore d�voil� la suite de leurs actions. En raison de la proc�dure judiciaire en cours, les deux parties ont d�clin� les demandes dentrevue faites par la r�daction.

�LACFA tient tr�s fort � d�fendre les droits linguistiques dans notre communaut� et on ne l�chera pas.� Pierre Asselin

Toutefois, le ministre de l�ducation postsecondaire, Demetrios Nicolaides, a indiqu� � la r�daction, par courriel, avoir h�te de poursuivre les discussions avec lACFA et avec lUniversit� de lAlberta afin dessayer de trouver une solution concernant le sous-financement chronique du Campus Saint-Jean. Celles-ci se poursuivront au cours du mois doctobre.

�LACFA tient tr�s fort � d�fendre les droits linguistiques dans notre communaut� et on ne l�chera pas�, termine Pierre Asselin.

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Si la francophonie peine à faire sa place dans la province, un lieu préserve tous ses secrets depuis plus d’un siècle. Étudiants ou chercheurs du Campus Saint-Jean ou simple curieux, la porte des Archives provinciales de l’Alberta (APA) vous est ouverte pour mieux connaitre l’Alberta et son passé.

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau.Presse – Le Franco 

 

Dans les vingt voûtes documentaires des Archives provinciales de l’Alberta est localisée la «mémoire documentaire» de la province albertaine. Selon Kate Lazure, archiviste de documents privés à l’APA, si tous les documents seraient placés l’un à côté de l’autre, ils feraient 57 kilomètres de long.

 

Les Archives provinciales de l’Alberta sont situées dans le sud de la ville d’Edmonton. Crédit : Simon-Pierre Poulin

 

D’ailleurs, l’APA permet aux francophones de retracer leur histoire dans l’Ouest canadien. Elles possèdent, entre autres, des documents d’organismes, tels que l’école de danse La Girandole, L’UniThéâtre et votre journal Le Franco, autrefois appelé La Survivance, ainsi que des collections de particuliers comme les familles Lamoureux et Maisonneuve.

 

L’une des plus grandes collections francophones est celle de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, ces missionnaires catholiques qui ont joué un grand rôle dans la fondation de la province albertaine. Elle contient entre autres 341 mètres de texte, 102 000 photographies, 2 800 diapositives, 558 disques audio et 610 plans architecturaux.

 

Les Archives provinciales de l’Alberta se trouvent dans un bâtiment ayant une superficie de 11 000 mètres carrés. Crédit : Courtoisie

 

Toute cette documentation est «la preuve que les francophones étaient ici dans le passé, qu’ils sont encore ici et qu’ils vont encore être présents dans le futur», souligne Kate Lazure.

 

«La preuve que les francophones étaient ici dans le passé, qu’ils sont encore ici et qu’ils vont encore être présents dans le futur.» Kate Lazure

 

Comme son nom l’indique, l’APA, contrairement aux autres institutions d’archives de la province, rassemble tous les documents produits par le gouvernement albertain. «Ceux qui sont les plus utilisés sont notamment des actes de naissance datant de 120 ans ou plus, des actes de mariage datant de 75 ans ou plus et des actes de décès datant de 50 ans ou plus», énumère Mme Lazure.

 

La demande de consultation

 

C’est dans le cadre d’un projet universitaire sur l’histoire de la francophonie dans l’Ouest canadien que deux étudiants du Campus Saint-Jean, Julia Fabbro-Smith et Ahdithya Visweswaran, se rendent aux APA pour consulter les archives. Leur sujet traite de l’Académie Assomption, un couvent catholique francophone pour filles qui a été créé par la congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge et qui était situé à Edmonton, de 1926 à 1972.

 

 

C’est dans une ambiance presque monastique que les étudiants peuvent découvrir ses trésors patrimoniaux. Avant de rentrer dans la salle de lecture, les deux étudiants doivent laisser leurs effets personnels à l’entrée. Ils n’ont le droit d’apporter que crayon de plomb, papier et téléphone cellulaire qui, lui, doit être mis en mode silencieux.

 

Ils sont accompagnés d’un archiviste qui leur explique la méthode à suivre pour effectuer la demande de documents. Ils doivent décider des documents qu’ils veulent consulter en parcourant le site web de l’APA et «remplir une petite fiche pour chaque document qu’on veut consulter», relate Ahdithya Visweswaran.

 

À lire aussi :

 

Par la suite, l’archiviste est le seul habilité à aller chercher les documents dans ce sanctuaire et les met à disposition dans la salle de lecture. «Nous avons attendu de 30 à 40 minutes», raconte l’étudiant.

 

L’archiviste francophone Kate Lazure et le directeur du Franco Simon-Pierre Poulin. Crédit : Ronald Tremblay

 

Toutefois, pour éviter le temps d’attente, la demande de document peut se faire en ligne avant la consultation. En contactant un archiviste à l’avance, les documents désirés seront prêts le jour de la visite, indique Kate Lazure. L’archiviste aura juste à les présenter au demandeur.

 

Un coffre au trésor

 

Les premières boîtes que Ahdithya Visweswaran et Julia Fabbro-Smith ouvrent ne contiennent pas de documents reliés à l’Académie Assomption. Néanmoins, avec de la patience, «nous sommes arrivés aux boîtes spécifiques où nous avons trouvé toutes nos informations», relate Julia Fabbro-Smith, très satisfaite.

 

Les plus vieilles éditions de ce journal, remontant à l’époque de La Survivance (1928 à 1967), sont accessibles sur microfilm. Crédit : Simon-Pierre Poulin

 

«Il y avait des boîtes et des boîtes [de documentation] sur l’Académie Assomption», dit Ahdithya Visweswaran, comparant l’APA à un coffre à trésor. Ils dépoussièrent les archives du couvent tels que des photographies, des annuaires, des pamphlets publicitaires de l’école et des articles de journaux. Tous des documents originaux.

 

«On était dans la salle avec l’Histoire elle-même. C’est excitant!» Ahdithya Visweswaran

Le jeune duo francophone a adoré son expérience aux Archives provinciales de l’Alberta. «On était dans la salle avec l’Histoire elle-même. C’est excitant», se remémore Ahdithya Visweswaran. Julia Fabbro-Smith ajoute : «Je me sentais comme une vraie chercheuse en voyant les documents de l’Académie Assomption sous mes yeux!»

Pour plus d’information : provincialarchives.alberta.ca

 

 

 

 

Si la francophonie peine � faire sa place dans la province, un lieu pr�serve tous ses secrets depuis plus dun si�cle. �tudiants ou chercheurs du Campus Saint-Jean ou simple curieux, la porte des Archives provinciales de lAlberta (APA) vous est ouverte pour mieux connaitre lAlberta et son pass�.

Gabrielle Beaupr�
IJL – R�seau.Presse – Le Franco�

 

Dans les vingt vo�tes documentaires des Archives provinciales de lAlberta est localis�e la �m�moire documentaire� de la province albertaine. Selon Kate Lazure, archiviste de documents priv�s � lAPA, si tous les documents seraient plac�s lun � c�t� de lautre, ils feraient 57 kilom�tres de long.

 

Les Archives provinciales de lAlberta sont situ�es dans le sud de la ville dEdmonton. Cr�dit : Simon-Pierre Poulin

 

Dailleurs, lAPA permet aux francophones de retracer leur histoire dans lOuest canadien. Elles poss�dent, entre autres, des documents dorganismes, tels que l�cole de danse La Girandole, LUniTh��tre et votre journal Le Franco, autrefois appel� La Survivance, ainsi que des collections de particuliers comme les familles Lamoureux et Maisonneuve.

 

Lune des plus grandes collections francophones est celle de la congr�gation des Oblats de Marie-Immacul�e, ces missionnaires catholiques qui ont jou� un grand r�le dans la fondation de la province albertaine. Elle contient entre autres 341 m�tres de texte, 102 000 photographies, 2 800 diapositives, 558 disques audio et 610 plans architecturaux.

 

Les Archives provinciales de lAlberta se trouvent dans un b�timent ayant une superficie de 11 000 m�tres carr�s. Cr�dit : Courtoisie

 

Toute cette documentation est �la preuve que les francophones �taient ici dans le pass�, quils sont encore ici et qu’ils vont encore �tre pr�sents dans le futur�, souligne Kate Lazure.

 

�La preuve que les francophones �taient ici dans le pass�, quils sont encore ici et qu’ils vont encore �tre pr�sents dans le futur.� Kate Lazure

 

Comme son nom lindique, lAPA, contrairement aux autres institutions darchives de la province, rassemble tous les documents produits par le gouvernement albertain. �Ceux qui sont les plus utilis�s sont notamment des actes de naissance datant de 120 ans ou plus, des actes de mariage datant de 75 ans ou plus et des actes de d�c�s datant de 50 ans ou plus�, �num�re Mme Lazure.

 

La demande de consultation

 

Cest dans le cadre dun projet universitaire sur lhistoire de la francophonie dans lOuest canadien que deux �tudiants du Campus Saint-Jean, Julia Fabbro-Smith et Ahdithya Visweswaran, se rendent aux APA pour consulter les archives. Leur sujet traite de lAcad�mie Assomption, un couvent catholique francophone pour filles qui a �t� cr�� par la congr�gation des SSurs de lAssomption de la Sainte-Vierge et qui �tait situ� � Edmonton, de 1926 � 1972.

 

 

Cest dans une ambiance presque monastique que les �tudiants peuvent d�couvrir ses tr�sors patrimoniaux. Avant de rentrer dans la salle de lecture, les deux �tudiants doivent laisser leurs effets personnels � lentr�e. Ils nont le droit dapporter que crayon de plomb, papier et t�l�phone cellulaire qui, lui, doit �tre mis en mode silencieux.

 

Ils sont accompagn�s dun archiviste qui leur explique la m�thode � suivre pour effectuer la demande de documents. Ils doivent d�cider des documents qu’ils veulent consulter en parcourant le site web de lAPA et �remplir une petite fiche pour chaque document quon veut consulter�, relate Ahdithya Visweswaran.

 

� lire aussi :

 

Par la suite, larchiviste est le seul habilit� � aller chercher les documents dans ce sanctuaire et les met � disposition dans la salle de lecture. �Nous avons attendu de 30 � 40 minutes�, raconte l�tudiant.

 

Larchiviste francophone Kate Lazure et le directeur du Franco Simon-Pierre Poulin. Cr�dit : Ronald Tremblay

 

Toutefois, pour �viter le temps dattente, la demande de document peut se faire en ligne avant la consultation. En contactant un archiviste � lavance, les documents d�sir�s seront pr�ts le jour de la visite, indique Kate Lazure. Larchiviste aura juste � les pr�senter au demandeur.

 

Un coffre au tr�sor

 

Les premi�res bo�tes que Ahdithya Visweswaran et Julia Fabbro-Smith ouvrent ne contiennent pas de documents reli�s � lAcad�mie Assomption. N�anmoins, avec de la patience, �nous sommes arriv�s aux bo�tes sp�cifiques o� nous avons trouv� toutes nos informations�, relate Julia Fabbro-Smith, tr�s satisfaite.

 

Les plus vieilles �ditions de ce journal, remontant � l’�poque de La Survivance (1928 � 1967), sont accessibles sur microfilm. Cr�dit : Simon-Pierre Poulin

 

�Il y avait des bo�tes et des bo�tes [de documentation] sur lAcad�mie Assomption�, dit Ahdithya Visweswaran, comparant lAPA � un coffre � tr�sor. Ils d�poussi�rent les archives du couvent tels que des photographies, des annuaires, des pamphlets publicitaires de l’�cole et des articles de journaux. Tous des documents originaux.

 

�On �tait dans la salle avec lHistoire elle-m�me. Cest excitant!� Ahdithya Visweswaran

Le jeune duo francophone a ador� son exp�rience aux Archives provinciales de lAlberta. �On �tait dans la salle avec lHistoire elle-m�me. Cest excitant�, se rem�more Ahdithya Visweswaran. Julia Fabbro-Smith ajoute : �Je me sentais comme une vraie chercheuse en voyant les documents de lAcad�mie Assomption sous mes yeux!�

Pour plus dinformation : provincialarchives.alberta.ca

 

 

La problématique de l’itinérance est «la priorité numéro un» du nouveau maire d’Edmonton, Amarjeet Sohi. En ce début de mandat, il espère offrir aux personnes itinérantes un lieu pour dormir au chaud pendant la saison hivernale, tout en envisageant des stratégies à long terme. 

 

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau-Presse – Le Franco

 

Selon Homeward Trust Edmonton, un organisme de services sociaux, le nombre de personnes itinérantes ne cesse d’augmenter à Edmonton. En janvier 2021, la ville comptait 1808 sans-abris. Mais lorsque Amarjeet Sohi est devenu maire en octobre dernier, ils étaient désormais 2784 à vivre dans la rue… et le 20 décembre, 2963! Une croissance exponentielle préoccupante pour le nouveau maire d’Edmonton.

 

Selon Homeward Trust Edmonton, il y avait 383 Edmontoniens âgés de 16 à 24 ans qui vivaient dans la rue, le 13 décembre 2021. Crédit : Gabrielle Beaupré

 

Déjà en octobre 2020, les refuges manquaient de places, leur capacité d’accueil étant limitée à 70% en raison des mesures sanitaires imposées par la pandémie. Parallèlement, rien n’avait été mis en place par la Ville d’Edmonton pour aider les sans-abris à l’approche de la saison froide.

 

Les tentes de personnes sans-abris pendant l’hiver. Crédit : Gabrielle Beaupré

 

Dès son entrée en fonction, Amarjeet Sohi prend connaissance de l’urgence du dossier. «C’est la première chose dont je me suis occupé dans l’administration de la ville puisque chaque Edmontonien doit avoir une place au chaud et rester en sécurité cet hiver.» 

 

«Chaque Edmontonien doit avoir une place au chaud et rester en sécurité cet hiver.» Amarjeet Sohi

 

Le 3 novembre suivant, le maire rencontre le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney. Ils font une analyse de la situation pour trouver des solutions à court terme. Le 17 novembre, le gouvernement provincial annonce un financement de 13 millions de dollars pour la mise en œuvre de mesures d’urgence pour les personnes sans domicile. Mille deux cents places sont alors créées dans les refuges à Edmonton. 

 

Ces fonds ont aussi permis d’ouvrir, le 16 décembre dernier, un refuge temporaire situé au Commonwealth Stadium, le lieu de résidence de l’équipe de football les Elks. Accessible jour et nuit, il accueille 200 personnes et offre des services de santé et d’accompagnement pour les personnes vivant des problèmes de dépendance. 

 

Les itinérants ont toujours faim et ils sont constamment à la recherche de nourriture. Crédit : Gabrielle Beaupré

 

Bien qu’il soit situé à 30 minutes de marche du centre-ville, le refuge au Commonwealth Stadium est, selon Christel Kjenner, la directrice du service «logement abordable et itinérance» de la Ville d’Edmonton, un bel emplacement puisqu’il est localisé près d’une station de métro. Un métro qui n’est néanmoins pas gratuit pour les itinérants.

 

De plus, le Commonwealth Stadium «offre un meilleur design» que le Edmonton Convention Centre qui avait servi de refuge l’année dernière. Christel Kjenner indique que l’accessibilité aux infrastructures est aujourd’hui beaucoup plus sécuritaire.

 

À lire aussi :

 

Les difficultés hivernales

 

Le nouveau maire d’Edmonton sait que «les refuges temporaires ne sont pas la solution à la problématique de l’itinérance». Néanmoins, à très court terme, ils doivent assurer la sécurité des personnes vivant dans la rue en leur offrant un endroit pour rester au chaud et pour prendre une douche. 

 

Amarjeet Sohi. «Les refuges sont des services d’intervention à court terme.» Crédit : Courtoisie

 

Il est d’ailleurs conscient que les personnes sans-abris n’aiment pas aller dans les refuges. La cohabitation est difficile en raison des problèmes de commodités des itinérants. Toutefois, Amarjeet Sohi indique que la Ville travaille notamment en collaboration avec le personnel du refuge au Commonwealth Stadium pour s’assurer que les personnes «se sentent à l’aise d’y venir». 

 

Par contre, pour éviter d’y dormir, certains préfèrent faire du camping d’hiver près de la River Valley. Le maire déclare que cette alternative n’est pas sécuritaire puisqu’ils n’ont accès à aucun service. «Il n’y a pas de toilettes publiques disponibles ni d’endroit où prendre une douche.» Il n’a d’ailleurs pas l’intention de fournir des installations aux sans-abris pour leur permettre de dormir à l’extérieur. 

 

Christel Kjenner explique que les personnes itinérantes sont plus visibles au centre-ville d’Edmonton en raison des nombreux services d’aide d’urgence qui y sont accessibles. «En réalité, ils sont partout dans la ville.» Crédit : Courtoisie

Malgré tout, Christel Kjenner indique que la Ville d’Edmonton garde l’œil sur eux. Des équipes d’intervention sont présentes sur le terrain pour venir en aide à ces personnes. 

 

Coup d’œil sur l’avenir 

 

À long terme, Amarjeet Sohi précise vouloir obtenir plus de logements permanents afin d’aider les itinérants à sortir de la rue. Il veut que tout le monde dans la ville ait «un logement décent qu’il puisse appeler chez soi». 

 

«Je prends mes responsabilités très au sérieux.» Amarjeet Sohi

 

Il souligne travailler aussi pour que les itinérants puissent accéder à des programmes de soutien à la santé mentale et pour vaincre la toxicomanie, ainsi qu’en collaboration avec la province, pour trouver d’autres solutions aux problèmes de l’itinérance. «Je prends mes responsabilités très au sérieux.»  

 

Estimation du nombre d’itinérants à Edmonton

Brandon Kelm, spécialiste des communications marketing de Homeward Trust Edmonton, explique que les personnes sans-abris doivent s’inscrire à un système d’accès coordonné pour obtenir des services d’aide au logement. Ce système agit également comme une liste communautaire permettant d’estimer le nombre d’itinérants à Edmonton. Toutefois, les personnes non inscrites ne sont pas comptabilisées dans les estimations de Homeward Trust Edmonton.

 

La probl�matique de litin�rance est �la priorit� num�ro un� du nouveau maire dEdmonton, Amarjeet Sohi. En ce d�but de mandat, il esp�re offrir aux personnes itin�rantes un lieu pour dormir au chaud pendant la saison hivernale, tout en envisageant des strat�gies � long terme.�

 

Gabrielle Beaupr�
IJL – R�seau-Presse – Le Franco

 

Selon Homeward Trust Edmonton, un organisme de services sociaux, le nombre de personnes itin�rantes ne cesse daugmenter � Edmonton. En janvier 2021, la ville comptait 1808 sans-abris. Mais lorsque Amarjeet Sohi est devenu maire en octobre dernier, ils �taient d�sormais 2784 � vivre dans la rue& et le 20 d�cembre, 2963! Une croissance exponentielle pr�occupante pour le nouveau maire dEdmonton.

 

Selon Homeward Trust Edmonton, il y avait 383 Edmontoniens �g�s de 16 � 24 ans qui vivaient dans la rue, le 13 d�cembre 2021. Cr�dit : Gabrielle Beaupr�

 

D�j� en octobre 2020, les refuges manquaient de places, leur capacit� d’accueil �tant limit�e � 70% en raison des mesures sanitaires impos�es par la pand�mie. Parall�lement, rien navait �t� mis en place par la Ville dEdmonton pour aider les sans-abris � lapproche de la saison froide.

 

Les tentes de personnes sans-abris pendant lhiver. Cr�dit : Gabrielle Beaupr�

 

D�s son entr�e en fonction, Amarjeet Sohi prend connaissance de lurgence du dossier. �Cest la premi�re chose dont je me suis occup� dans ladministration de la ville puisque chaque Edmontonien doit avoir une place au chaud et rester en s�curit� cet hiver.�

 

�Chaque Edmontonien doit avoir une place au chaud et rester en s�curit� cet hiver.� Amarjeet Sohi

 

Le 3 novembre suivant, le maire rencontre le premier ministre de lAlberta, Jason Kenney. Ils font une analyse de la situation pour trouver des solutions � court terme. Le 17 novembre, le gouvernement provincial annonce un financement de 13 millions de dollars pour la mise en Suvre de mesures durgence pour les personnes sans domicile. Mille deux cents places sont alors cr��es dans les refuges � Edmonton.�

 

Ces fonds ont aussi permis douvrir, le 16 d�cembre dernier, un refuge temporaire situ� au Commonwealth Stadium, le lieu de r�sidence de l�quipe de football les Elks. Accessible jour et nuit, il accueille 200 personnes et offre des services de sant� et daccompagnement pour les personnes vivant des probl�mes de d�pendance.�

 

Les itin�rants ont toujours faim et ils sont constamment � la recherche de nourriture. Cr�dit : Gabrielle Beaupr�

 

Bien quil soit situ� � 30 minutes de marche du centre-ville, le refuge au Commonwealth Stadium est, selon Christel Kjenner, la directrice du service �logement abordable et itin�rance� de la Ville dEdmonton, un bel emplacement puisquil est localis� pr�s dune station de m�tro. Un m�tro qui nest n�anmoins pas gratuit pour les itin�rants.

 

De plus, le Commonwealth Stadium �offre un meilleur design� que le Edmonton Convention Centre qui avait servi de refuge lann�e derni�re. Christel Kjenner indique que laccessibilit� aux infrastructures est aujourdhui beaucoup plus s�curitaire.

 

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Les difficult�s hivernales

 

Le nouveau maire dEdmonton sait que �les refuges temporaires ne sont pas la solution � la probl�matique de litin�rance�. N�anmoins, � tr�s court terme, ils doivent assurer la s�curit� des personnes vivant dans la rue en leur offrant un endroit pour rester au chaud et pour prendre une douche.�

 

Amarjeet Sohi. �Les refuges sont des services dintervention � court terme.� Cr�dit : Courtoisie

 

Il est dailleurs conscient que les personnes sans-abris naiment pas aller dans les refuges. La cohabitation est difficile en raison des probl�mes de commodit�s des itin�rants. Toutefois, Amarjeet Sohi indique que la Ville travaille notamment en collaboration avec le personnel du refuge au Commonwealth Stadium pour sassurer que les personnes �se sentent � laise dy venir�.�

 

Par contre, pour �viter dy dormir, certains pr�f�rent faire du camping dhiver pr�s de la River Valley. Le maire d�clare que cette alternative nest pas s�curitaire puisquils nont acc�s � aucun service. �Il ny a pas de toilettes publiques disponibles ni dendroit o� prendre une douche.� Il na dailleurs pas lintention de fournir des installations aux sans-abris pour leur permettre de dormir � lext�rieur.�

 

Christel Kjenner explique que les personnes itin�rantes sont plus visibles au centre-ville dEdmonton en raison des nombreux services daide durgence qui y sont accessibles. �En r�alit�, ils sont partout dans la ville.� Cr�dit : Courtoisie

Malgr� tout, Christel Kjenner indique que la Ville dEdmonton garde l’Sil sur eux. Des �quipes dintervention sont pr�sentes sur le terrain pour venir en aide � ces personnes.�

 

Coup dSil sur lavenir�

 

� long terme, Amarjeet Sohi pr�cise vouloir obtenir plus de logements permanents afin daider les itin�rants � sortir de la rue. Il veut que tout le monde dans la ville ait �un logement d�cent quil puisse appeler chez soi�.�

 

�Je prends mes responsabilit�s tr�s au s�rieux.� Amarjeet Sohi

 

Il souligne travailler aussi pour que les itin�rants puissent acc�der � des programmes de soutien � la sant� mentale et pour vaincre la toxicomanie, ainsi quen collaboration avec la province, pour trouver dautres solutions aux probl�mes de litin�rance. �Je prends mes responsabilit�s tr�s au s�rieux.���

 

Estimation du nombre ditin�rants � Edmonton

Brandon Kelm, sp�cialiste des communications marketing de Homeward Trust Edmonton, explique que les personnes sans-abris doivent sinscrire � un syst�me dacc�s coordonn� pour obtenir des services daide au logement. Ce syst�me agit �galement comme une liste communautaire permettant destimer le nombre ditin�rants � Edmonton. Toutefois, les personnes non inscrites ne sont pas comptabilis�es dans les estimations de Homeward Trust Edmonton.

 

Le 13 septembre marquera un nouveau chapitre pour la ville de Brooks : l’ouverture de sa première garderie francophone. Avec une capacité d’accueil de 16 places, elle sera située dans un établissement temporaire pour la prochaine année et déménagera dans la nouvelle construction de l’école Le Ruisseau en 2022.

 

Gabrielle Beaupré
IJL – Franco.Presse – Le Franco 

 

Pour Mélanie Meyer, présidente de la Société de parents de l’école Le Ruisseau à Brooks, ce projet n’aurait pas été possible sans l’aide de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA). 

 

Ensemble, ils ont rédigé la demande de financement au gouvernement pour obtenir la garderie. Lorsque la subvention de 25 300$ du gouvernement de l’Alberta leur a été octroyée, un local a été trouvé par les deux organismes. 

 

Aujourd’hui, leur collaboration continue puisque la FPFA leur donnera un coup de main dans la gestion de celle-ci. «On est présent notamment pour aider la Société des parents pour notamment recruter les enfants, explique Valérie Deschênes, directrice adjointe aux services de garde, mais c’est à eux que la garderie appartient et qui vont prendre les décisions.» 

 

Place au français

 

Les deux femmes se disent très contentes de l’ouverture de la garderie puisqu’elle permettra aux enfants de bas âge de baigner dans la francophonie. Valérie Deschênes martèle : «Ils vont pouvoir apprendre et pratiquer leur français temps plein».

 

La présidente de la Société de parents de l’école Le Ruisseau est aussi enthousiaste. Selon elle, les jeunes ayant fréquenté la garderie francophone auront une longueur d’avance lorsqu’ils commenceront leur parcours scolaire dans la francophonie. «Ils vont avoir du vocabulaire et comprendront les consignes [donnés par les enseignants notamment]». 

 

Mélanie Meyer, présidente de la Société de parents de l’école Le Ruisseau à Brooks. Crédit : Courtoisie

 

Appelée Les P’tits Trésors, la garderie reprend le nom de la prématernelle qui, quant à elle, est transférée à l’école Le Ruisseau au même endroit que le nouveau jardin d’enfants.  

 

Un héritage francophone

 

Mélanie Mayer aurait elle-même adoré bénéficier du service de garderie francophone lorsque ses enfants étaient à l’âge préscolaire. Native du Québec, elle a à cœur sa langue maternelle. 

 

Cependant, comme la garderie francophone n’existait pas encore à Brooks, son alternative a été d’inscrire ses enfants dans un jardin d’enfants anglophone. En la côtoyant, elle se rappelle : «Ils ne voulaient plus parler en français».  

 

Sa solution pour contrer cette problématique a été de les envoyer à la prématernelle à l’âge de trois ans. «Ils étaient encore petits, mais je voulais qu’ils y aillent parce que je voulais qu’ils parlent français.»  

 

Au moment d’écrire ces lignes, la garderie a reçu cinq inscriptions. Valérie Deschênes indique qu’aucune publicité n’a été faite pour le moment puisque leur concentration s’est portée aux préparatifs de l’ouverture. Elle affirme : «Nous allons prendre les inscriptions tout au long de l’année jusqu’à ce que la capacité soit pleine»

Membre � part enti�re de la francophonie albertaine, Ghislain Bergeron a longtemps souffert de difficult�s de langage li�es � des probl�mes d�locution. Aujourdhui, il revient sur ce parcours qui lui a fait conna�tre lins�curit� linguistique. Une situation qui ne surprend pas Andrea MacLeod, professeure en sciences et troubles de la communication de lUniversit� de lAlberta.

 

Gabrielle Beaupr�
IJL – R�seau.Presse – Le Franco

 

�g� maintenant de 79 ans, Ghislain Bergeron a appris quil b�gayait lors de sa premi�re journ�e d�cole. �On nous a demand� de dire notre nom.� Le prononcer devant ses camarades a �t� tr�s p�nible pour lui. �Le lendemain, je ne voulais pas aller � l�cole�, se rem�more-t-il, avec une voix tremblante.

De cet instant, jusqu� luniversit�, parler devant la salle de classe a toujours �t� une torture. Il raconte que lorsque �la ma�tresse nous demandait douvrir nos livres et de lire chacun un paragraphe�, tout le monde savait quil nallait pas �tre capable, lui le premier.

 

Sinon, il parlait �le moins possible�. Il indique tout de m�me que personne ne sest jamais moqu� de lui pendant son parcours scolaire. En effet, il sassurait dexceller dans toutes les mati�res. �On ne rit pas du meilleur �l�ve.�

Ghislain Bergeron a �t� chanteur dans le groupe Ghislain Bergeron et son ensemble au cours des ann�es 1970.

Ghislain Bergeron a �t� chanteur dans le groupe Ghislain Bergeron et son ensemble au cours des ann�es 1970. Cr�dit : Courtoisie

� luniversit�, le jeune homme a demand� � ses professeurs de ne pas lui poser de questions pendant les cours. �Je n’en �tais plus capable. Javais beaucoup de mis�re � parler.� Dabord r�ticents � sa requ�te, ils ont accept� avec compr�hension.

 

Ghislain Bergeron a finalement d�cid� de consulter un orthophoniste pour la premi�re fois � l’�ge de 23 ans. Il a alors suivi une th�rapie de modification du b�gaiement (stuttering modification therapy) aupr�s du Dr Charles Van Riper, � lUniversit� de Kalamazoo, au Michigan (�tats-Unis).

 

Cette approche consistait � b�gayer � lextr�me afin de �sen tanner�. Apr�s un mois, sa parole �tait fluide. �Quand je suis revenu � la maison, c�tait un miracle!� Malheureusement, apr�s un certain temps, ses probl�mes d�locution reviennent. Le travail quil a fait sur sa voix au sud de la fronti�re s�tait estomp�. �Jai commenc� � me sentir caler dans le sable mouvant�, raconte-t-il, les yeux mouill�s.

 

Contourner les situations

Avec le temps, M. Bergeron a d�velopp� de nombreuses astuces pour ne pas parler en public. Lorsquil allait dans un magasin, il sassurait toujours davoir de petites fiches explicatives avec lui afin d�viter de parler aux employ�s. Sur celles-ci, �il �tait �crit davance ce que je voulais et je leur montrais�.

 

Dans les r�unions, afin de ne pas avoir � se pr�senter au d�but des rencontres, il avait pris lhabitude de se placer � un endroit o� il peut s’esquiver � la salle de bain lorsque son tour vient. �Je lai fait une centaine de fois�, sesclaffe-t-il. Sa peur de parler en public reste aujourdhui pr�sente.

 

Lorthophoniste et professeure au d�partement des sciences et troubles de la communication de la facult� de m�decine de r�adaptation de lUniversit� de lAlberta, Andrea MacLeod, explique que la peur de parler en public est li�e aux exp�riences n�gatives v�cues dans le pass�.

 

La personne qui b�gaie ne veut pas revivre les �v�nements � perp�tuit�. Elle ajoute que la personne qui b�gaie a limpression que son interlocuteur �a une attente particuli�re et craint que celle-ci ne soit pas patiente [vis-�-vis delle] et ne l�coutera pas�.

 

Pousser la chansonnette

N�anmoins, Ghislain Bergeron, dans ses temps libres, pousse la chansonnette. Pour lui, chanter, m�me en public, ne le d�range pas. �Je nai jamais b�gay� puisque je fais exactement ce quil faut faire. Respirer et prendre un rythme.�

 

Membre de la sc�ne musicale albertaine depuis la fin des ann�es 1950, il continue � se produire en spectacle � laube de ses 80 ans. Il a dailleurs particip� au Galala Apr�s-Dark, un �v�nement de musique amateur organis� par le Centre de d�veloppement musical (CDM), en interpr�tant la chanson ayant pour titre Et maintenant, que vais-je faire?

 

�La voix est vue comme une diff�rence, alors cest un d�fi den parler [publiquement] puisque [linterlocuteur] lentend.� Andrea MacLeod

 

Andrea MacLeod explique que �le chant am�ne une parole fluide puisque le rythme de celle-ci est g�r� par la musique�. De plus, le chant ninduit pas la spontan�it� du langage parl� ni son stress. �Cest quelque chose qui d�tend et qui am�ne un plaisir.�

 

Il y a encore 12 ans, Ghislain Bergeron naurait jamais �t� capable de discuter de son b�gaiement. �C�tait un sujet trop difficile�, dit-il en prenant une grande respiration, tout en laissant couler une larme sur sa joue. �La voix est vue comme une diff�rence, alors cest un d�fi den parler [publiquement] puisque [linterlocuteur] lentend�, note Andrea MacLeod.

 

Le point tournant

Laddition de plusieurs �v�nements marquants dans sa vie au cours de lann�e 2010 a chang� ses craintes. Elles sont devenues un atout. Ainsi, le fondateur du bureau de comptabilit� Bergeron & Co se rappelle avoir discut� pour la premi�re fois avec deux jeunes b�gues en les rassurant, �vous pouvez avoir du succ�s dans la vie m�me avec ce probl�me-l�.

 

Parall�lement, Jo�l F. Lavoie, le directeur g�n�ral de La Fondation franco-albertaine, a invit� Ghislain Bergeron � le seconder lors de conf�rences afin quil partage son expertise en comptabilit�. Malgr� son ins�curit� linguistique, M. Bergeron passe aupr�s de la communaut� comme un philanthrope et une figure de cr�dibilit� appr�ci�e de tous.

 

Par la suite, Jo�l F. Lavoie lui a propos� la pr�sidence de La Fondation, r�le quil a occup� de 2010 � 2016. Pour lui et les membres du conseil dadministration, il �tait la meilleure personne pour ce poste. Et son probl�me d�locution? �Pour moi et la majorit� des gens, ce n’�tait pas un probl�me. Cest plus lui que �a d�rangeait que les personnes autour de lui�, relate Jo�l F. Lavoie.

 

M. Lavoie raconte quau d�but, lorsque Ghislain Bergeron a accept� la pr�sidence, il ne voulait pas parler publiquement. De plus en plus, il prend confiance en lui et prend la parole lors des �v�nements de La Fondation franco-albertaine. �Il a inspir� beaucoup de personnes.�

 

� lire aussi :

» Lins�curit� linguistique est pr�sente au sein m�me dune communaut� linguistique
» Ton accent, � toi pour la vie

Membre à part entière de la francophonie albertaine, Ghislain Bergeron a longtemps souffert de difficultés de langage liées à des problèmes d’élocution. Aujourd’hui, il revient sur ce parcours qui lui a fait connaître l’insécurité linguistique. Une situation qui ne surprend pas Andrea MacLeod, professeure en sciences et troubles de la communication de l’Université de l’Alberta.

 

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

 

Âgé maintenant de 79 ans, Ghislain Bergeron a appris qu’il bégayait lors de sa première journée d’école. «On nous a demandé de dire notre nom.» Le prononcer devant ses camarades a été très pénible pour lui. «Le lendemain, je ne voulais pas aller à l’école», se remémore-t-il, avec une voix tremblante.

De cet instant, jusqu’à l’université, parler devant la salle de classe a toujours été une torture. Il raconte que lorsque «la maîtresse nous demandait d’ouvrir nos livres et de lire chacun un paragraphe», tout le monde savait qu’il n’allait pas être capable, lui le premier.

 

Sinon, il parlait «le moins possible». Il indique tout de même que personne ne s’est jamais moqué de lui pendant son parcours scolaire. En effet, il s’assurait d’exceller dans toutes les matières. «On ne rit pas du meilleur élève.»

Ghislain Bergeron a été chanteur dans le groupe Ghislain Bergeron et son ensemble au cours des années 1970.

Ghislain Bergeron a été chanteur dans le groupe Ghislain Bergeron et son ensemble au cours des années 1970. Crédit : Courtoisie

À l’université, le jeune homme a demandé à ses professeurs de ne pas lui poser de questions pendant les cours. «Je n’en étais plus capable. J’avais beaucoup de misère à parler.» D’abord réticents à sa requête, ils ont accepté avec compréhension.

 

Ghislain Bergeron a finalement décidé de consulter un orthophoniste pour la première fois à l’âge de 23 ans. Il a alors suivi une thérapie de modification du bégaiement (stuttering modification therapy) auprès du Dr Charles Van Riper, à l’Université de Kalamazoo, au Michigan (États-Unis).

 

Cette approche consistait à bégayer à l’extrême afin de «s’en tanner». Après un mois, sa parole était fluide. «Quand je suis revenu à la maison, c’était un miracle!» Malheureusement, après un certain temps, ses problèmes d’élocution reviennent. Le travail qu’il a fait sur sa voix au sud de la frontière s’était estompé. «J’ai commencé à me sentir caler dans le sable mouvant», raconte-t-il, les yeux mouillés.

 

Contourner les situations

Avec le temps, M. Bergeron a développé de nombreuses astuces pour ne pas parler en public. Lorsqu’il allait dans un magasin, il s’assurait toujours d’avoir de petites fiches explicatives avec lui afin d’éviter de parler aux employés. Sur celles-ci, «il était écrit d’avance ce que je voulais et je leur montrais».

 

Dans les réunions, afin de ne pas avoir à se présenter au début des rencontres, il avait pris l’habitude de se placer à un endroit où il peut s’esquiver à la salle de bain lorsque son tour vient. «Je l’ai fait une centaine de fois», s’esclaffe-t-il. Sa peur de parler en public reste aujourd’hui présente.

 

L’orthophoniste et professeure au département des sciences et troubles de la communication de la faculté de médecine de réadaptation de l’Université de l’Alberta, Andrea MacLeod, explique que la peur de parler en public est liée aux expériences négatives vécues dans le passé.

 

La personne qui bégaie ne veut pas revivre les événements à perpétuité. Elle ajoute que la personne qui bégaie a l’impression que son interlocuteur «a une attente particulière et craint que celle-ci ne soit pas patiente [vis-à-vis d’elle] et ne l’écoutera pas».

 

Pousser la chansonnette

Néanmoins, Ghislain Bergeron, dans ses temps libres, pousse la chansonnette. Pour lui, chanter, même en public, ne le dérange pas. «Je n’ai jamais bégayé puisque je fais exactement ce qu’il faut faire. Respirer et prendre un rythme.»

 

Membre de la scène musicale albertaine depuis la fin des années 1950, il continue à se produire en spectacle à l’aube de ses 80 ans. Il a d’ailleurs participé au Galala Après-Dark, un événement de musique amateur organisé par le Centre de développement musical (CDM), en interprétant la chanson ayant pour titre Et maintenant, que vais-je faire?

 

«La voix est vue comme une différence, alors c’est un défi d’en parler [publiquement] puisque [l’interlocuteur] l’entend.» Andrea MacLeod

 

Andrea MacLeod explique que «le chant amène une parole fluide puisque le rythme de celle-ci est géré par la musique». De plus, le chant n’induit pas la spontanéité du langage parlé ni son stress. «C’est quelque chose qui détend et qui amène un plaisir.»

 

Il y a encore 12 ans, Ghislain Bergeron n’aurait jamais été capable de discuter de son bégaiement. «C’était un sujet trop difficile», dit-il en prenant une grande respiration, tout en laissant couler une larme sur sa joue. «La voix est vue comme une différence, alors c’est un défi d’en parler [publiquement] puisque [l’interlocuteur] l’entend», note Andrea MacLeod.

 

Le point tournant

L’addition de plusieurs événements marquants dans sa vie au cours de l’année 2010 a changé ses craintes. Elles sont devenues un atout. Ainsi, le fondateur du bureau de comptabilité Bergeron & Co se rappelle avoir discuté pour la première fois avec deux jeunes bègues en les rassurant, «vous pouvez avoir du succès dans la vie même avec ce problème-là».

 

Parallèlement, Joël F. Lavoie, le directeur général de La Fondation franco-albertaine, a invité Ghislain Bergeron à le seconder lors de conférences afin qu’il partage son expertise en comptabilité. Malgré son insécurité linguistique, M. Bergeron passe auprès de la communauté comme un philanthrope et une figure de crédibilité appréciée de tous.

 

Par la suite, Joël F. Lavoie lui a proposé la présidence de La Fondation, rôle qu’il a occupé de 2010 à 2016. Pour lui et les membres du conseil d’administration, il était la meilleure personne pour ce poste. Et son problème d’élocution? «Pour moi et la majorité des gens, ce n’était pas un problème. C’est plus lui que ça dérangeait que les personnes autour de lui», relate Joël F. Lavoie.

 

M. Lavoie raconte qu’au début, lorsque Ghislain Bergeron a accepté la présidence, il ne voulait pas parler publiquement. De plus en plus, il prend confiance en lui et prend la parole lors des événements de La Fondation franco-albertaine. «Il a inspiré beaucoup de personnes.»

 

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L’insécurité linguistique est présente au sein même d’une communauté linguistique
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Gabrielle Beaupr�
IJL – R�seau.Presse – Le Franco

La diminution drastique du d�ficit de lACFA r�gionale dEdmonton sexplique par la vente de son v�hicule de fonction et des revenus g�n�r�s par certaines de ses activit�s telles que le Camp Soleil et le spectacle de Fred Pellerin lors du Coup de cSur francophone.

Ceci naurait pas pu se faire sans le soutien de son comit� de finances qui a aid� la r�gionale � revoir toutes ses d�penses et activit�s afin quaucune ne soit d�ficitaire. Ce comit� cr�� en juin dernier est compos� dIsabelle Laurin, la directrice g�n�rale de lACFA, d�tienne Alary, directeur g�n�ral du Conseil de d�veloppement �conomique de lAlberta, ainsi que dAlain Bertrand et de P�n�lope Gaultier, le pr�sident et la tr�sori�re de lACFA r�gionale dEdmonton.

Parall�lement, et contrairement � lann�e derni�re, la demande de remboursement octroy�e par lAlberta Foundation for the Art pour le festival Edmonton Chante a �t� envoy�e � temps. L�v�nement �nous a co�t� beaucoup moins cher, donc il nous a aussi aid�s � diminuer un peu le d�ficit�, indique Alain Bertrand.

Dailleurs, si les finances vont bon train et que la r�gionale est capable de g�n�rer un exc�dent financier de 12 000$ � 20 000$ par ann�e, le comptable Pierre Bergeron pr�voit quelle sera de nouveau b�n�ficiaire dici cinq ans et que les pertes accumul�es de 91 158$ ne seront plus quun mauvais souvenir.

Linqui�tude toujours pr�sente

Pierre Asselin, vice-pr�sident de lACFA et membre de la r�gionale, consid�re que lann�e 2021 a �t� �une tr�s belle ann�e� pour la r�gionale. �Les membres du conseil dadministration ont bien compris lampleur de la probl�matique� en relevant leurs manches pour freiner l’h�morragie financi�re.

�Les membres du conseil dadministration ont bien compris lampleur de la probl�matique.� Pierre Asselin

Toutefois, il sinqui�te toujours pour la p�rennit� de lorganisme. �Le d�ficit qui s’est accumul� au fil du temps fragilise la r�gionale. Linqui�tude plane encore. Elle a �t� exceptionnelle, mais il faut �tre r�aliste puisque �a ne sera pas toujours comme �a�.

Pour permettre � lACFA r�gionale de retrouver son �quilibre, �laide du conseil dadministration sera cruciale�, souligne M. Asselin. Ses membres devront, entre autres, veiller au respect et au maintien des budgets de chaque activit�. Seul b�mol, comme les administrateurs b�n�voles de lorganisme changent fr�quemment, ils devront reprendre les dossiers l� o� ils ont �t� laiss�s et continuer le travail.

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158 518$ de dette pour lACFA r�gionale dEdmonton

N�anmoins, pour 2022-2023, le conseil dadministration de lACFA r�gionale dEdmonton restera le m�me que lann�e pr�c�dente. En effet, les trois personnes qui �taient en �lections ont �t� r��lues lors de lassembl�e g�n�rale annuelle. Ainsi, Alain Bertrand, Brigitte �tien, Suzanne Lamy-Thibaudeau, P�n�lope Gaultier, Rudy Dongmo, Lisette Trottier, Bruno Gagn�-Gauthier et Akorfa Mawutor continueront le travail d�j� entam�.

� l�coute de la communaut�

Lorsquil porte un regard sur les �v�nements propos�s par lACFA r�gionale dEdmonton, Alain Bertrand est fier de dire que lorganisme est � l�coute de sa communaut�. Lors de lassembl�e g�n�rale de 2019, la communaut� a mentionn� que le festival Edmonton Chante mettait trop de lavant les artistes qu�b�cois.

Alors, pour la derni�re �dition qui sest tenue en septembre 2021, la lumi�re a �t� mise sur les artistes franco-albertains et sur un seul musicien provenant du Qu�bec, Maxime Lapointe. Ce dernier �tait le demi-finaliste du Festival international de la chanson de Granby de 2020. Et pour la premi�re fois de son histoire, un spectacle du festival a �t� pr�sent� dans la ville de Beaumont. �Ce fut un bon succ�s et nous avons lintention de le faire encore cette ann�e.�

Cet �t�, le Camp Lusson rouvrira ses portes apr�s deux ans dabsence et lACFA r�gionale dEdmonton tiendra �galement son Camp Soleil. Puis, en novembre prochain, le Coup de cSur francophone sera de retour � Edmonton, lartiste � laffiche devant �tre d�voil� sous peu.