Des coulisses à la scène, les jeunes rêvent à nouveau!

Écrit par : Vienna Doell

14 mai 2022

La seule danseuse des Kangourous a fait rire l'audience lors du numéro La fanfare. Crédit : Julianna Damer
À l’entrée du théâtre Arden de Saint-Albert, une faible lumière bleue et la lueur des bougies nous invitent à découvrir la scène. Parents et amis s’installent le plus près de celle-ci dans une ambiance électrique, entre suspense et excitation. Pour la première fois depuis 2019, les danseurs de La Girandole vont vivre leurs rêves sur scène.

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«On est vraiment choyés d’être capables de faire quelque chose dans un vrai théâtre, avec une vraie audience», s’émerveille Chantal Hnytka, la coordonnatrice du spectacle annuel. Récemment devenue maman, elle donne, depuis huit ans, le cours de comédie musicale. Peu importe la pandémie, Chantal avait pour objectif de créer une belle expérience pour les jeunes, «même si on n’arrive pas à faire quelque chose sur scène».

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Mais les étoiles se sont alignées et le spectacle a pu finalement avoir lieu en personne! Pour célébrer cette réalisation, la coordonnatrice note que les membres de l’école de danse voulaient faire une démonstration «des divers styles» de danse enseignés à La Girandole. Du hip-hop à la gigue, en passant par le ballet et la comédie musicale, les jeunes s’en sont donné à cœur joie.

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Cette année, Le monde des rêves, le titre du spectacle, a été choisi pour inviter les jeunes artistes à s’exprimer sur leurs rêves. «On a posé la question aux jeunes, c’est quoi votre rêve ou c’est quoi un rêve», explique Chantal. Emballés par cette thématique, ils ont tous répondu de différentes manières et «on a créé les danses alentour de ça», sourit la coordonnatrice.

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Des moments privilégiés en famille

Aline Dupuis Gervais a dansé avec La Girandole pendant plusieurs années. Aujourd’hui, elle enseigne aux Étincelles (enfants de 6 à 8 ans) et à Zéphyr Junior (enfants de 12 ans et plus), deux groupes de danse canadienne-française et de gigue.

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«J’ai commencé avec La Girandole quand j’avais neuf ans, et j’ai dansé jusqu’à 23, 24 ans», décrit la mère de trois jeunes danseurs. Pour la première fois, ses fils et sa fille participent tous au spectacle. «Pour nous, c’était important de mettre nos enfants dans les cours de gigue et les cours de danse pour qu’ils puissent apprendre de leur histoire canadienne-française.»

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«J’ai commencé avec La Girandole quand j’avais neuf ans, et j’ai dansé jusqu’à 23, 24 ans.» Aline Dupuis

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«Avant ça, je pratiquais chez nous», explique Félix Gervais, un des fils d’Aline. Pour le jeune danseur des Alouettes (enfants de 9 à 11 ans), «la musique et le pas de podorythmie» l’inspirent. Les Alouettes explorent également la danse folklorique. Et Félix n’en est pas à sa première prestation. Lui qui a déjà brûlé les planches avec son papa violoniste, Daniel, «sait quoi faire!» C’est donc avec assurance qu’il montera sur scène.

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Un père fier de la danse canadienne-française

Francis Mayrand est au spectacle pour voir danser ses deux enfants, Élias et Léa. Lui-même danseur, Francis aime ces formes de danses sociales et folkloriques originaires du Québec qui datent de la naissance de la Nouvelle-France, au début du 16e siècle.

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«Je suis venu pour travailler à La Girandole comme coordinateur du groupe provincial de danse», décrit le père originaire du Québec. Coordonnateur de troupes, il a commencé quand il avait quatorze ou quinze ans. «En tant qu’homme, c’était plus facile de rentrer dans les compagnies et troupes de danse. Je n’ai jamais arrêté après ça», rigole Francis.

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Sa fille Léa danse depuis qu’elle a trois ans. «Je trouve ça vraiment le fun», dit avec enthousiasme la danseuse de ballet-jazz et de gigue. Membre des Alouettes, elle rêve de pouvoir danser «jusqu’à ce que je sois très vieille», s’exclame-t-elle, à l’aube de son adolescence.

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Son père est de la même opinion. En ce qui concerne la danse francophone, «il ne faut pas que ça meure». Malgré la pandémie, «tout a continué et ça continue d’être vivant et c’est beau», explique Francis.

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On rêve de la danse malgré tout

Selon Chantal, «il y avait beaucoup de jeunes qui avaient de l’incertitude cette année encore avec la COVID-19, donc nos groupes sont moins nombreux que d’habitude».

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«Il y avait beaucoup de jeunes qui avaient de l’incertitude cette année encore avec la COVID-19.» Chantal Hnytka

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Elle espère que le nombre d’inscriptions pour la prochaine année sera plus élevé. Mais cela n’a pas empêché le spectacle de toucher les cœurs de tous ceux et celles qui étaient présents. «J’ai eu des larmes quand je les ai vus arriver sur scène aujourd’hui», raconte Francis.

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Sarah Marcotte fait partie des Alouettes. Elle est de celle qui espère continuer à danser l’an prochain. «C’est quelque chose d’amusant à faire et c’est entertaining», dit la jeune fille de 10 ans.

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Finalement, les hourras, les rires et les applaudissements résonnaient dans le théâtre de Saint-Albert, mais aussi bien plus loin, dans la communauté francophone d’Edmonton. Public ou danseurs, ils ont tous hâte de retrouver la scène l’année prochaine.

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C’est quoi la podorythmie?

Selon le Répertoire du patrimoine culturel du Québec, «la podorythmie est une pratique dans laquelle une personne produit un rythme avec ses pieds sur une surface dure, tout en étant assise». C’est un style de danse traditionnelle qui diffère de la gigue, car elle joue plutôt le rôle d’instrument percussif. Ce style de danse a été mis de l’avant par l’artiste Alain Lamontagne dans les années 1970. Le «tapeux de pieds»a de nombreux rythmes différents, mais trois sont généralement utilisés.

Pour en savoir plus : t.ly/b-3q

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